L'influence du "gaming" à la littérature

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19/11/2017

Valentin Frété, Le Sombre Dieu, Les chroniques du Nord, tome 5


Avec la sortie du Sombre Dieu, c'est la fin des aventures de Torfa qui s'annonce. Un final que l'on attend autant avec fébrilité, curiosité que nostalgie. Il est clair que lorsque l'on a bien apprécié un cycle, cela fait mal au cœur de le terminer et pourtant on trépigne de savoir comment l'histoire va se conclure. 

Il est temps de tout savoir, de tout comprendre. A la lecture de ce cinquième tome, on saisit l'utilité de chacun des romans écrit par Valentin Frété. Chaque aventure vécue par Torfa n'avait qu'un seul but, celui de faire de lui le héros qu'il est aujourd'hui. Chaque combat mené a fait de lui un homme fort, implacable et dangereux. C'est ce qui a forgé sa légende et lui a permis de nouer des amitiés qui lui seront nécessaires pour l'ultime combat à venir. Car cela va sans dire que dans Le Sombre Dieu, la guerre sera encore au cœur du récit. Pire encore c'est le Ragnarök qui est annoncé. L'auteur ne pouvait faire autrement que de conclure son cycle sur une note de fin du monde. D'ailleurs, tous ont bien conscience qu'ils n'en reviendront sans doute pas, même le grand Torfa y songe. 

En effet, le Mirslark, la terre natale de Torfa se voit recouvrir d'une ombre menaçante. Il est donc tout naturel pour notre Viking de retourner chez lui afin de libérer son pays de cette nouvelle menace. Gobelins, Orcs, Trolls et autres créatures sorties tout droit des enfers sèment la panique et la mort dans le Mirslark. Ils tracent un sillon sanglant sur leur passage. Bien que Torfa et ses alliés les combattent, ils semblent toujours plus nombreux et plus dangereux. Même les Nains sont défaits et la montagne du Resh'an Mith est tombée. C'est la débandade dans les rangs des alliés et la victoire semble s'éloigner d'eux à grands pas. L'heure n'a jamais été aussi grave et c'est dans un état d'extrême fatigue que Torfa arrive au dernier bastion de liberté: la ville de Thyrra. C'est là que va se jouer le destin de tous même si c'est Torfa qui est le chef d'orchestre de cette dernière partition. En tant que fils du Tonnerre, ce rôle ne pouvait que lui incomber. Mais il ne sera pas seul car même les dieux nordiques se mêleront au combat lorsque le vrai visage de l'ennemi sera dévoilé. 

Des éléments qui promettent des scènes de combats aussi grandioses que celles de la célèbre bataille des cinq armées du Hobbit de J.R.R. Tolkien. Soyez assurés que vous en aurez le souffle coupé. 

Avec cet ultime tome, Valentin Frété a gagné son pari d'écrire une fantasy nordique bluffante et inédite. Il a su habiter son récit d'une étincelle captivante qui tient ses lecteurs en haleine d'un bout à l'autre de la saga. Sous le feu des combats, on est scotché tant les scènes y sont spectaculaires. Les personnages y sont tous plus attachants les uns que les autres. 

En écrivant les dernières lignes de son roman, c'est un véritable appel du pied qu'il nous fait pour une suite à venir que nous attendrons avec tout autant d'impatience. 

Fantasy à la carte

12/11/2017

Les Seigneurs d'Outre-Monde, aller et retour en Comté française

Ces dernières années le cinéma connaît un engouement certain pour la fantasy. L'effet "Seigneur des Anneaux" et "Harry Potter" a fait des émules. 

Seulement le constat que l'on fait est que toutes ces belles productions ne sont pas françaises et pourtant la France ne manque pas de passionnés. Les nombreux festivals francophones peuvent en témoigner d'autant qu'ils voient leurs fréquentations s'envoler toujours un peu plus à la hausse. 

C'est dans la tête d'un passionné du genre que l'idée de réaliser un film français médiéval fantastique a germé. En effet, Rémi Hoffmann s'est fait la même réflexion et s'est lancé le défi de réaliser son propre film. En tant que professionnel de l'audiovisuel, il avait toutes les qualités requises pour réaliser cette prouesse. 

Le premier élément fort de cette production est la crédibilité du scénario. Celui-ci a été coécrit par Rémi Hoffmann et Fenriss. Ils y ont intégré des données propres au genre pour que celui-ci se coule parfaitement dans le moule de ce que l'on trouve sur le marché. 

Emprisonné depuis plusieurs siècles sous un dôme invisible, le terrible Rashalden attend son heure pour revenir se venger des humains qu'il hait par-dessus tout. Du fond de sa prison, il ensorcelle les esprits les plus faibles  et les tient en esclavage sous sa coupe afin que ses suppôts agissent dans l'ombre pour le libérer de sa prison. 
Bien loin de se douter du Mal qui rôde, l'héritier de la couronne du Ringston, le jeune Jarwin de Kalmerit vit insoucieusement sa vie d'adolescent pompeux et privilégié. Il se sent comme invulnérable, protégé par son statut. Mais il ignore encore que sa vie va être chamboulée, que de sombres secrets sur ses origines vont lui être révélés et qu'il est l'élu qui va devoir affronter le terrible Rashalden. Il sera secondé dans sa quête par son fidèle maître d'armes, Thorwald qui lui fera office de père puisque son propre géniteur n'est qu'une vile créature assoiffée de pouvoirs. 
Seulement il ne suffit pas d'un scénario de qualité pour faire un bon film. Une telle production nécessitait une impressionnante mise en scène aussi bien au niveau des décors, des costumes que des manifestations de la magie. Tout cela a un coût, et le budget serré aurait pu être un frein à la réalisation. Pourtant cela n'a pas été le cas, bien au contraire. Les scènes ont été tournées dans 20 lieux différents et ont été judicieusement choisis pour s'adapter au mieux au cadre fantasy. Parmi les plus notables, on peut citer la Normandie, la Picardie ou la Bretagne. La richesse des costumes et les maquillages utilisés ont également joué un rôle majeur pour donner du poids à ce film. Quant à la magie et aux lieux imaginaires, ils ont pu être réalisés grâce à 650 plans truqués. 
Ce qui fait la force des Seigneurs d'Outre-Monde, c'est aussi la musique qui lui donne une ambiance. La prouesse ici a été l'enregistrement de cinq thèmes en orchestrales avec 63 musiques différentes. Ce qui, pour un film amateur, est une belle opportunité. 

Le petit plus est sans conteste la touche d'humour nettement marquée. Porté par le duo explosif formé de Jonathan Durieux (Jarwin) et d'Olivier Grignard (Thorwald), les piques que ces deux-là s'échangent parfois valent leur pesant d'or pour nous faire sourire. De plus, il faut bien garder à l'esprit qu'à part quelques professionnels du milieu théâtral, la majorité de la troupe demeure de simples passionnés. Cela leur vaut une indulgence de la part de spectateurs car ils ont osé et l'ont fait. Pour moi ça reste une belle performance qui mérite un vrai soutien. 

Le plus bluffant dans tout ça, c'est le si petit budget engagé, 50 000 euros, une goutte d'eau au vu de l'ambition projet. Et pourtant tout cela a été possible grâce à la volonté et l'engagement de passionnés. 280 personnes mobilisées sur une durée de 8 ans pour un film de 130 minutes. 

Au final, ce film a bénéficié de quelques projections lors d'événements liés à la communauté Geek comme la Japan Expo ou Trolls & Légendes mais aussi dans des lieux emblématiques à l'image du Dernier Bar avant la Fin du Monde. Il est également possible de se procurer le DVD sur http://lesseigneursdoutremonde.com/ 

Une préquelle a été écrite par Fenriss, La Geste d'Ellowan édité au format numérique par Michel Lafon. Ce qui ouvre des perspectives quant à la réalisation d'autres films venant avant ou après Les Seigneurs d'Outre-Monde. Avec ce premier opus, cette équipe a prouvé leur professionnalisme et leurs talents, avis aux partenaires qui souhaiteraient donc investir pour une suite. 

Fantasy à la carte