L'influence du "gaming" à la littérature

28/06/2015

Kristen Britain

Née en 1965, dans l'Etat de New-York, Kristen Britain est une jeune auteure de fantasy. Elle s'est mise à l'écriture très tôt, dès l'âge de 9 ans. Et, à 13 ans elle publie son premier livre, un recueil illustré : Horse and Horsepeople. Elle a suivi des études de cinéma à l'université d'Ithaca et obtient son diplôme en 1987. Mais avant de se lancer dans l'écriture à plein temps, elle occupe le poste de garde-forestier pour les parcs nationaux. Puis, elle finit par s'installer dans une cabane en rondins dans le Maine où elle s'adonne à ses activités de prédilection : l'écriture, la lecture, le dessin, l'équitation, la guitare... Bien que novice, avec Cavalier Vert, elle signe un succès littéraire immédiat car remarqué dès 1999, en recevant le prix Locus du meilleur premier roman. Une distinction qui annonce donc un premier cycle de fantasy de haut-vol. 


Ce cycle, c'est d'abord l'histoire d'une caste, d'un ordre de Cavaliers surnommés les Cavaliers Verts. En fait, ce sont des messagers du roi qui sont liés à ce dernier par une magie ancestrale. C'est également la destinée d'un royaume, celui de la Sacoridie dont la paix est bien souvent mise en péril par toutes sortes de menaces. Enfin Cavalier Vert nous conte les aventures d'une héroïne, la jeune Karigan G'ladheon. Alors qu'elle est renvoyée de son école pour avoir battu en duel le fils du gouverneur, elle rencontre sur le chemin du retour un Cavalier Vert mortellement blessé qui la charge de remettre un message au roi. Bien que réticente au début, elle finit par accéder à la demande du mourant. Mais son parcours ne sera pas une promenade de santé. Au contraire, la jeune fille va devoir affronter de nombreuses créatures maléfiques et autres bipèdes aux intentions douteuses qui mettront tout en œuvre pour l'empêcher d'atteindre sa destination. 

Pour sa saga, Kristen Britain a imaginé un monde fabuleux dans lequel évoluent ses personnages. L'essentiel de l'action se déroule dans le royaume de Sacoridie qui s'étend de la mer Orientale à la baie d'Ullem à l'ouest. Cette vaste contrée est gouvernée par le roi Zacharie Basseterre. Elle est ceinturée au sud par le mur d'Yer qui constitue une barrière magique le protégeant du Voile Noir. Il y a plus de mille ans, l'héritier d'Arcosie, Allessandros del Mornhavon projetait d'envahir la Sacoridie pour y aspirer toute la magie. Son expédition en terre sacoridienne se solda par une guerre qui dura près de cent ans. Les Elétiens et les Sacoridiens durent unir leurs forces pour mettre un terme à la Longue Guerre et exiler Allessandros et ses engeances maléfiques dans le Voile Noir. Or, à l'origine la forêt de ce Voile Noir appartenait au royaume des Elétiens, connu sous le nom d'Argenthyne. Aujourd'hui ce peuple mystérieux à l'allure elfique s'est réfugié au nord de la Sacoridie, dans le Bois d'Elt. Ces êtres immortels sont doués de magie et certains ont parfois le don de divination. Existent aussi des Mages dont l'esprit subsiste dans chaque tour du mur d'Yer afin de le préserver des attaques du Voile Noir et d'assurer la continuité du chant magique des âmes piégées dans l'enceinte. La musique apparaît donc ici comme une arme puissante empêchant le Mal de s'infiltrer, enfin jusqu'à la fausse note. Quant aux Arcosiens qui ont survécu, ils se sont transmis leurs héritages de génération en génération et forment une société secrète se faisant appeler le Second Empire. Leur but ultime, précipiter la chute du mur d'Yer et permettre le retour de Mornhavon.

Pour contrecarrer ces plans maléfiques, entrent en scène les Cavaliers Verts, ces messagers du roi très spéciaux. Mais attention ne devient pas Cavalier, qui veut. En fait, il faut avoir l'aptitude d'entendre l'Appel. C'est une magie à laquelle on ne peut résister bien longtemps. Les personnes concernées y répondent tôt ou tard. Leur quartier général s'appelle le Drôme. Il est situé près du roi, dans la Cité de Sacor. Autre particularité de ces hommes et ces femmes, c'est le pouvoir magique et personnel qu'ils possèdent, et dont ils peuvent se servir à leur grée par l'intermédiaire de broches ensorcelées. Ces artefacts magiques sont dissimulés par un sort, et ne peuvent être reconnus que par les mages ou les Cavaliers eux-mêmes. A dire vrai, ce sont elles qui choisissent ces messagers hors norme. Enfin, dernière spécificité, la relation fusionnelle que les Cavaliers entretiennent avec leur monture. Des montures aux capacités étonnantes, d'ailleurs.

Le récit de Kristen Britain est donc clairement empreint de magie qui se manifeste aussi bien à travers les objets, les lieux que les personnes douées de pouvoirs.

Dans ce cycle, il est aussi question du Bien et du Mal qui s'affrontent continuellement. Bien évidemment, le Voile Noire est le territoire malfaisant par excellence. Y règnent Mornhavon et ses disciples depuis leur exil. Mais la Sacoridie est de plus en plus infiltrée par le malin. Il se manifeste sous la forme du Second Empire qui met tout en œuvre pour anéantir ce royaume et son peuple. Autre être pernicieux est le personnage de l'homme gris dont l'identité est encore tenue secrète mais dont le rôle risque d'être considérable au fur et à mesure de l'aventure. N'oublions pas qu'il est à l'origine de la brèche dans le mur d'Yer. Mais d'autres formes de maléfices existent, ce sont par exemple les nombreux complots que le roi et ses proches doivent déjouer. Le pouvoir et le trône suscitent bien des convoitises. Il faudra que le souverain garde son sang-froid à toute épreuve pour tenir son trône. Quant au Bien, il se caractérise dans le récit par le roi Zacharie, l'ordre des Cavaliers Verts, et celui des Boucliers Noirs (ces Armes chargées d'assurer sa sécurité). Tous ces protagonistes œuvrent pour le bien du royaume et des peuples, ainsi que pour la paix.

Petite touche personnelle de l'auteure qui propose une fantasy plus féminine en
donnant dans son texte la prépondérance à une jeune femme. Ici, il conviendra donc de parler de romantic fantasy. Ce courant qui met à l'honneur des guerrières ou des magiciennes connaissant guerres et luttes pour le pouvoir, et une vie d'aventurière ne leur interdisant pas de mener à bien des quêtes sentimentales ou de vivre des tragédies. Ce sous-genre, largement écrit par des femmes, explose au moment du mouvement féministe et développe des récits dans lesquels les femmes ne subissent pas le joug des hommes. C'est bien entendu le cas de Karigan G'ladheon qui mène sa vie à sa guise, sous-entendant qu'elle ne dépend pas d'un homme. Elle prône liberté et indépendance. Même si c'est malgré elle, sa vie n'est faite que d'aventures. En fait, en devenant Cavalière, elle vend ses services au roi et n'agit que dans l'intérêt du royaume. Ses quêtes sont donc multiples car chaque mission royale en devient une à part entière. Karigan apparaît comme la « clé de voûte » dans cette lutte du Bien et du Mal car elle est celle qui peut faire basculer les choses. Elle est la personne qui fera la différence entre victoire et défaite. Même si elle noue des liens sentimentaux avec différents protagonistes de l'histoire, elle n'en demeure pas moins condamner à ne pouvoir vivre son grand Amour. Celui-ci lui est refusé car impossible. Ce sera sans doute sa plus grande tragédie car une vie solitaire s'ouvre devant elle si elle n'est pas prête à trahir son cœur. N'oublions pas que la romantic fantasy est le pendant féminin de l'heroic fantasy. D'où l'aspect de guerrière solitaire mis en avant ici.


Cavalier Vert est un premier cycle de fantasy réussi. Kristen Britain y mêle tous les éléments essentiels au genre : magie, guerre, créatures maléfiques, artefacts, mystères, complots. Un récit si bien écrit que l'on ne s'ennuie pas le moindre instant. On peut le dire Kristen est une magicienne des mots car le charme opère à peine le livre entamé. Un cycle prometteur d'une auteure à découvrir au plus vite.


Fantasy à la carte

25/06/2015

Kristen Britain, Le Voile Noir, Cavalier Vert, tome 4

Les événements se précipitent en Sacoridie. Un cortège d’Eletiens vient demander l’autorisation au roi de passer le Mur d’Yer afin de se lancer dans une exploration du Voile Noir. Zacharie accepte à la condition que certains de ses cavaliers fassent partie de la mission. Leur rôle sera d’accumuler la moindre information sur les lieux. En effet, le souverain de Sacoridie doit savoir exactement ce que réserve le Voile Noir, et où se trouvent les points stratégiques et autres bastions de l’ennemi. C’est au capitaine Stèle à qui revient le rôle de sélectionner les cavaliers à envoyer et contre l’avis du roi, elle choisit Karigan, qui, au vu de ses connaissances des lieux, apparaît comme étant la personne idéale pour cette tâche. Seulement, Zacharie qui éprouve toujours un grand attachement pour la jeune cavalière a du mal à digérer cette décision. Or, ses sentiments ne sont pas au goût de tous et certains proches de la couronne qui ont vu clair en eux pourraient bien décider d’y mettre un terme. Karigan risque par conséquent de courir un grand danger.

Par ailleurs, du côté du Mur, Alton chargé de découvrir comment réparer la brèche dans le Mur, est sur le point de faire quelques grandes découvertes qui pourraient tous les sauver. Encore tourmenté par le souvenir de Karigan et les sentiments qu’il éprouve à l’égard de la jeune femme, il ne voit pas d’un bon œil l’arrivée de la meilleure amie de celle-ci, la ménestrelle Estral. En effet, la musicienne l’énerve autant qu’elle le trouble. La cohabitation s’annonce difficile. Et pourtant, sa présence pourrait changer bien des choses…


Le moment est arrivé pour Karigan de retourner dans la forêt du Voile Noir. Même si elle a conscience qu’une nouvelle rencontre avec Mornhavon pourrait lui être fatale, elle le fait pour son roi. Tel est le destin des Cavaliers Verts. C’est avec la peur chevillé au cœur, qu’elle s’engage avec ses compagnons de route sur le chemin de l’aventure où chaque détour menace de l’engloutir à jamais. Un tome qui se présente comme une grande épopée dans laquelle nos héros n’ont pas un seul instant de répit, pour notre plus grand plaisir d'ailleurs. Cavalier Vert, c’est une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, des méchants terrifiants, des aventures haletantes… bref en un mot : des instants de lecture magiques.


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Laurell K. Hamilton, Arlequin, Anita Blake, tome 15

Avec pas moins de sept petits amis, sans compter ses nombreux amants occasionnels indispensables pour satisfaire l’ardeur, on peut dire que la vie amoureuse d’Anita Blake est compliquée. Elle, qui avait du mal à exprimer ses sentiments, à extérioriser ses besoins, à gérer ses relations avec autrui, elle a maintenant matière à s’améliorer dans ces différents domaines.

En devenant une puissante source de pouvoir par l’intermédiaire de ses deux triumvirats qu’elle forme avec Jean-Claude et Richard d’un côté, et Damian et Nathaniel de l’autre, elle ne pouvait qu’attirer l’attention. Il est vrai que ces derniers temps, le baiser de Jean-Claude a souvent été menacé, notamment par d’autres maîtres de la ville, soit pour étouffer la suprématie du maître-vampire, soit pour s’emparer carrément de son pouvoir et de ses gens.

Lorsqu’Anita reçoit un masque blanc d’Arlequin sans autre message que son prénom dessus, elle pressent un danger à venir. Intuition confirmée au vu de la réaction de peur de Jean-Claude car il en faut beaucoup pour effrayer le maître de la ville de Saint-Louis. En effet, il s’agit bien d’un message lui annonçant que les Arlequins l’ont à l’œil. Pour quelles raisons ? Peut-être pour ses relations hors-norme qui lui ont donné un pouvoir considérable ? En fait, les Arlequins forment une société secrète d’espions et d’assassins à la solde du conseil vampirique. Leur rôle est de surveiller et d’éliminer les vampires devenus trop gênants. Non pas parce qu’ils se sont mis à tuer à tort et à travers car dans ce cas, cette mission reviendrait au exécuteur de vampires, soit Anita elle-même ; non les Arlequins agissent plutôt lorsque les vampires en question ont accumulé suffisamment d’influences pour effrayer les grands dirigeants de la communauté vampirique.

Avec Arlequin, c’est la quinzième aventure d’Anita Blake, tueuse de vampires que nous propose Laurell K. Hamilton. C’est encore une aventure très mouvementée dans laquelle Anita devra jongler entre ses sentiments, prendre de grandes décisions et accessoirement sauver les siens. La routine, quoi ! Un récit de bit-lit sans temps mort comme Laurell K. Hamilton sait si bien les écrire.


Fantasy à la carte

24/06/2015

Grimm

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Cette série américaine s’inspire comme son nom l’indique des contes de fées, à l’image de ceux des célèbres frères Grimm. Elle est produite en 2011 par David Greenwalt et Jim Kouf. Inspecteur de police à Portland, Nick Burkhardt a, au premier abord, tout du banal représentant de la loi. Mais, il ne faut pas s’y méprendre. Nick a la faculté de voir derrière les masques, de percevoir la vraie nature des humains qu’il rencontre. En fait, il est le dernier Grimm, ces hommes qui ont la capacité d’identifier les créatures merveilleuses que cachent certaines enveloppes humaines. Tous les contes qui ont bercé notre enfance sont en réalité des histoires vraies. Et bien entendu, les créatures le sont tout aussi. Ainsi, ces êtres vivants que l’on prend pour des humains sont en réalité des Wesen avec des caractéristiques propres à leur espèce. Certains sont bénéfiques et d’autres foncièrement maléfiques. Les plus célèbres de la série sont le Blutbad (loup-garou), le Fuchsbauen (renard), le Lausenschlangen (serpent) ou encore l’Hexenbiest (sorcière). Bien entendu, tous ces Wesen ont des noms germaniques pour saluer l’origine allemande des frères Grimm. Des crimes surnaturels sont perpétrés et Nick, aidé de ses amis Eddy Monroe (un Blutbad), Rosalee Calvert (une Fuchsbauen) et de son coéquipier, Hank Griffin, doit arrêter les Wesen maléfiques responsables. Il les tue mais doit maintenir sa couverture, car personne ne doit savoir qu’il est un Grimm et surtout ce qu’il fait. Dans cet univers, les humains lambda ignorent complètement l’existence des créatures magiques ou de l’authenticité des contes merveilleux. Et c’est mieux ainsi pour préserver le monde de la panique et conserver l’équilibre.

Il est notoire que les contes de fées ont servi de berceau nourricier aux littératures de l’Imaginaire et particulièrement à la fantasy. Cela se manifeste par l’introduction d’éléments surnaturels ou féeriques, d’opérations magiques, ou encore d’événements miraculeux propres à enchanter le lecteur que l’on retrouve donc bien dans les deux genres. Dans cette série télévisée, le lien est indéniable. Le titre annonce d’ores et déjà la couleur. Ensuite, chaque épisode débute par un extrait annonçant le conte dont il sera question. Toute l’originalité de cette série réside dans le fait de se présenter comme une série policière aux frontières surnaturelles. Ici, il s’agit de résoudre un ou plusieurs crimes. La différence est que ces crimes sont le fait de Wesen. Nick a pour mission d’assurer la fin heureuse de l’histoire en mettant les méchants hors d’état de nuire.

Victime de son succès, cette série prévue à la base pour une seule saison de treize épisodes en totalise au final vingt-deux. Triomphe télévisuel pas encore démenti à l’heure actuelle puisque la cinquième saison est en cours de production.

Passé la surprise des premières minutes, on se laisse facilement charmer par cette série au scénario étonnant. Je suis sûre qu’après quelques épisodes, vous vous demanderez quel Wesen se dissimule derrière les sourires de votre entourage. Espérons pour vous qu’ils ne vous veuillent aucun mal…


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Game of Thrones

Après l’adaptation au succès retentissant de certaines œuvres de fantasy comme Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit de J.R.R. Tolkien, choisir de porter à l’écran une œuvre aussi notable que Le Trône de Fer de G.R.R. Martin coulait presque de source. C’est en 2007 que HBO acquiert les droits des romans et en 2011 qu’est diffusée la première saison aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs à David Benioff et à Daniel B. Weiss qu’est confiée la charge de produire et d’écrire cette série. Hormis quelques libertés prises ici ou là, ils sont restés dans l'ensemble assez fidèles au récit originel. Ainsi, les deux premiers intégrales correspondent bien aux deux premières saisons, mais le troisième intégrale, lui, englobe les saisons 3 et 4. Rien d’étonnant au vu de la densité de ce volume.

Quant aux lieux de tournage, il est à noter qu’ils sont nombreux. En effet, les équipes passent de l’Irlande du Nord à la Croatie, en passant par le Maroc, Malte, et l’Islande. Le résultat en est donc que plus dépaysant. Le recrutement d’un casting de renom joue également un rôle dans ce triomphe. Ainsi le jeu de certains acteurs rend tout simplement quelques personnages aussi incontournables qu’inoubliables. C’est le cas de Peter Dinklage pour le rôle de Tyrion Lannister, qui fut, au demeurant, le premier acteur à être recruté. Au vu de l’attachement privilégié que G.R.R. Martin a pour ce personnage, cela n’est sans doute pas anodin. En outre, le choix de Sean Bean pour interpréter Ned Stark, de Nikolaj Coster-Waldau pour Jaime Lannister ou encore de Lena Headey pour Cersei Lannister a été tout aussi judicieux.
Néanmoins, pour le cas où l’on découvre cette série sans avoir lu au préalable le cycle littéraire, réussir à suivre l’histoire ou plutôt les histoires, à repérer qui est qui, et qui veut quoi, ce n’est pas forcément chose aisée. Certains seront par exemple obligés de visionner la première saison deux fois. Alors que les romans s’attachent aux destins de quelques personnages, la série télévisée, elle, fait un tour d’horizon de chacun d’entre eux. C’est une vision plus globale. Elle va donc mettre l’accent sur des personnages que l’on voit finalement moins dans les livres. Typiquement, c’est le cas de Tywin ou de Cersei Lannister. Comme dans la saga, l’intrigue se met tout aussi progressivement en place dans la série. Ce qui a pour conséquence, un avènement tardif des rebondissements. Ainsi, il faut attendre la fin de la saison 3 et surtout la saison 4 pour connaître des surprises magistrales et être véritablement pris au jeu. C’est en cela que la découverte de la saison 5 va être intéressante car tout peut arriver. Et la question qui fleurit sur toutes les lèvres : qui est le prochain qui va perdre sa tête ? Est-ce que ce sera Arya ou Sansa Stark, Daenerys Targaryen, Jon Snow ou plus sensationnel encore Tyrion Lannister ? Peut-être que les lecteurs du 4e intégrale de G.R.R. Martin en savent plus que les simples spectateurs, mais avec les scénaristes, rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, chut, laissons nos imaginations travailler encore un peu jusqu’à ce soir, date de la diffusion aux Etats-Unis, et à demain matin pour nous aux alentours de 3 heures sur la chaîne OCS City.


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Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées

la bataille des 5 armées
Peter Jackson achève en 2014 l’adaptation de Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien avec ce troisième et dernier volet qu’il intitule La Bataille des Cinq Armées.

Ce troisième opus s’ouvre sur l’attaque de Lacville par le dragon Smaug. En effet, ce dernier a quitté son refuge pour se venger des humains qui ont aidé la compagnie de Thorin à reconquérir la Montagne Solitaire. Les premières scènes donnent le ton au film. Elles sont spectaculaires. On se croirait presque projeté dans un jeu vidéo. C’est un véritable balai aérien que nous offre Smaug. Peu s’en faut pour sentir la chaleur de son souffle caresser notre peau. Jusqu’à ce que la flèche de Bard l’arrête en plein vol et mette un terme à la destruction de la ville. Néanmoins, la mort du dragon ne signifie pas pour autant que les nains et les humains soient saufs. Il est vrai que Thorin et les siens ont repris leurs droits sur la Montagne. Mais le roi des nains en a oublié les promesses faites aux humains. Aveuglé par l’or, il refuse de se séparer de la moindre pièce. Alors lorsqu’une armée d’elfes arrive, les habitants de Lacville décident de leur joindre leurs forces afin de récupérer leur dû. Totalement sous l’emprise de ses richesses nouvellement retrouvées, Thorin préfère la guerre plutôt que de payer ses dettes. Il est de notoriété que la soif de l’or a corrompu bien des âmes, elle révèle les pires péchés des êtres vivants comme la cupidité. Personne n’est épargné, comme en témoigne la marche des orques vers le royaume nain sous la houlette d’Azog.
la bataille des 5 armées2
Au son des cors, les armées s’affrontent dans un fracas d’épées et de haches des plus impressionnants. De tous côtés, les amis comme les ennemis tombent. A l’image des célèbres batailles du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson conclut Le Hobbit avec des scènes de combat stupéfiantes. Ainsi, on retrouve bien l’essence de sa première saga. Les paysages de Nouvelle-Zélande sont toujours autant à couper le souffle, l’émotion est bien au rendez-vous et il faut bien le dire, les batailles nous scotchent au canapé.

Enfin, il est à noter que le réalisateur a choisi avec précaution la scène finale de son adaptation. Cette scène où l’on voit un Bilbon vieillissant qui reçoit la visite d’un vieil ami : Gandalf le Gris. Ce n’est ni plus ni moins, le commencement du Seigneur des Anneaux. Ainsi, Peter Jackson fait bien le lien entre les deux sagas et invite alors les spectateurs à poursuivre les aventures des hobbits dans la même foulée.
Avec 4 790 858 entrées, le film connait un joli succès en France sans toutefois battre le record de la première saga.


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Beauty & the Beast

Actuellement W9 diffuse la saison 2 de Beauty & the Beast, une série à mi-chemin entre de la fantasy urbaine et de la science-fiction. Une fiction que l’on pourrait d’ailleurs qualifier de science-fantasy. C’est l’adaptation du célèbre conte littéraire qui connaîtra bien des réécritures. Néanmoins, c’est la version de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont dans Magasin des enfants publié en 1757 qui sera retenue comme texte de référence à toutes les adaptations ultérieures.
jean marais
Les plus célèbres demeurent le long-métrage de Jean Cocteau (1946) dans lequel la bête est incarnée par Jean Marais et le rôle de Belle revient à Josette Day, ainsi que le film d’animation du même nom réalisé par les Studios Disney en 1991. Plus récemment, le réalisateur Christophe Gans a remis au goût du jour ce conte de fées avec Vincent Cassel et Léa Seydoux comme premiers rôles.
la belle et la bête série
Côté série télévisée, il existe deux versions de Beauty and the Beast. La première réalisée en 1987 par Ron Koslow, et la seconde qui a démarré en 2012 et qui est toujours en cours de production. C’est bien évidemment cette dernière qui nous intéresse ici. Cette série américaine est créée par Jennifer Levin et Sherri Cooper. Ce sont les acteurs Jay Ryan (III) et Kristin Kreuk qui incarnent la belle et la bête des temps modernes. C’est l’histoire de Catherine Chandler qui voit sa mère se faire abattre sous ses yeux et échappe de peu à ses agresseurs grâce à l’intervention d’une créature si rapide qu’elle ne peut déterminer à quoi elle a à faire. Neuf ans plus tard, devenue flic, la jeune femme est bien déterminée à retrouver les meurtriers de sa mère. C’est ainsi que ses investigations l’amènent sur la piste d’un certain Vincent Keller, théoriquement décédé en Afghanistan en 2002. En réalité, il n’en est rien et lorsqu’enfin elle croise sa route, Catherine reconnaît en lui l’homme mystérieux qui l’a sauvée il y a neuf ans. Ensemble, ils vont tenter de découvrir ce qu’il s’est réellement passé mais aussi comprendre pourquoi Vincent a d’étranges et inquiétants pouvoirs. En fait, il est le résultat d’une expérience scientifique qui a mal tourné. En effet, une organisation militaire secrète a cherché à créer de supers soldats qui seraient plus forts, plus rapides et plus résistants qu’un humain lambda. Mais lorsque ces surhommes deviennent incontrôlables car leurs parts animales prennent le dessus, l’organisation décide de les supprimer pour ne laisser ainsi aucune trace de ces expériences quelque-peu dérangeantes. Certains arriveront à se sauver, à l’image de Vincent qui, pendant dix ans vivra secrètement caché pour échapper à ses assaillants. Enfin, caché tout est relatif car il va tout de même employer ses nuits à rendre la ville plus sûre. En sillonnant les rues et en défendant les victimes d’agression, Vincent va très vite devenir un justicier qui va défrayer la chronique mais aussi permettre à Catherine et à d’autres de remonter sa piste. Dans cette version cinématographique, Vincent alias « la bête » incarne un justicier contemporain prêt à tout pour défendre la veuve et l’orphelin. Il sort la nuit à l’image des héros de Marvel et fait régner la justice. En l’occurrence ici, il tue souvent les bourreaux tout en essayant de sauver les victimes. Beauty and the Beast, c’est de la fantasy urbaine car Vincent Keller est un humain capable de se transformer en créature bestiale notamment sous l’effet de la colère. Il est en quelque sorte un métamorphe, créature typique de cette fantasy urbaine. Sauf qu’ici, son côté métamorphe est le fruit d’une expérience scientifique qui lui a donné de telles capacités. Or, ce fantasme que l’armée serait capable de transformer des hommes au point de leur conférer des supers-pouvoirs relève plutôt de la science-fiction.

En fusionnant deux genres littéraires, en remettant en scène un conte qui a déjà fait ses preuves, cette nouvelle version de La Belle et la Bête ne peut que plaire aux amateurs de romances compliquées, aux amoureux de fantasy, aux passionnés de science-fiction et autres complots « secrets défense». Entre effets spéciaux et scénarios à rebondissements, on n’a pas fini d’être surpris par cette ultime adaptation. D’autant plus, que le casting est plutôt bien choisi avec le couple fictionnel formé par Kristin Kreuk et Jay Ryan (III) qui en fera rêver plus d’un, enfin plus d’une…


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Le Monde de Narnia


Bien des œuvres de littérature fantasy ont inspiré le cinéma ces dernières années, quel que soit le type de fantasy d’ailleurs. Ainsi, l’Animal fantasy n’échappe pas à ce phénomène. Et c’est le remarquable cycle de Clive Staples Lewis, Les Chroniques de Narnia qui demeure le plus représentatif de ce sous-genre. Des sept volumes, le film Le Monde de Narnia est adapté en trois opus. Les deux premiers films, Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique (2005) et Le Prince Caspian (2008) sont réalisés par Andrew Adamson. Quant au troisième volet de cette trilogie L’Odyssée du Passeur d’Aurore, il est réalisé en 2010 par Michael Apted.

Pour échapper aux bombardements de Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, une mère envoie ses quatre enfants : Peter, Susan, Edmund et Lucy Pevencie à la campagne chez le professeur Digory Kirke. C’est là-bas qu’ils vont vivre leur plus grande aventure. Qui aurait cru que cet étrange et triste manoir recélait un si grand trésor : Une armoire magique abritant le monde enchanté de Narnia.
C’est la petite Lucie qui en fait la découverte lors d’un cache-cache avec son frère. Ainsi, en se réfugiant dans cette armoire peu ordinaire, elle se retrouve dans un autre monde, un étrange monde figé par la neige et le froid. Elle commence par y rencontrer une étonnante créature, mi-homme mi-chèvre, le faune Tumnus qui l’emmène chez lui déguster un thé. Mais ce qu’elle ignore est que cet univers magique est gouverné par une terrible reine qui va tout faire pour empêcher que la prophétie proclamant sa fin se réalise : « Deux fils d'Adam et deux filles d'Ève devront se placer aux côtés du lion Aslan, pour vaincre dans une grande bataille, la sorcière, usurpatrice qui se proclame Reine et qui maintient un Hiver glacial à Narnia et les habitants sous une dictature. » Ces fils d’Adam et ces filles d’Eve, on l’aura bien compris ne sont autres que les quatre enfants Pevencie. Dès lors, cette horrible sorcière s’assigne pour mission d’enfermer les enfants pour empêcher l’accomplissement de cette prophétie. Ainsi, nos jeunes héros se retrouvent bien malgré eux entraînés dans cette aventure, dans laquelle ils vont devoir s’associer au Lion Aslan et se préparer à affronter la Reine et son armée… Le monde de Narnia est en danger et dans chaque volet de cette trilogie, il faudra l’intervention des Pevencie pour le sauver.
Une jolie fresque de fantasy, de belles batailles épiques, des animaux et autres créatures doués de parole et de raison, de la magie… autant d’ingrédients qui font du Monde de Narnia une belle découverte cinématographique pour les petits et les grands.


Fantasy à la carte

Merlin

Les légendes arthuriennes ont largement inspiré la littérature fantasy. Il n’y a plus besoin de prouver combien cette Matière de Bretagne a servi de berceau fondateur à ce courant littéraire en y reprenant des éléments de base pour les développer, les adapter voire les détourner. Il en va de même du point de vue cinématographique avec de nombreuses adaptations de la destinée du célèbre roi Arthur. Ainsi quatre scénaristes britanniques Jake Michie, Julian Jones, Julian Murphy et Johnny Capps proposent une version high fantasy de cette histoire en la recentrant autour du personnage de Merlin..
Promo de la saison 3

C’est en avril 2009 que commence la diffusion en France des 65 épisodes de 45 minutes réparties sur cinq saisons de cette série. Le scénario se focalise autour de la jeunesse du magicien Merlin qui vient vivre à la cour du roi Uther Pendragon et devient le serviteur du prince Arthur. Pour préserver sa propre sécurité, le jeune sorcier dissimule ses pouvoirs à tous et même à Arthur avec qui il est devenu très ami. Il y attend une nouvelle ère, celle où le prince montera sur le trône de Camelot et où la magie pourra à nouveau s’épanouir au grand jour.
Promo de la saison 4

Grâce à d’époustouflants effets spéciaux, et à des décors naturels grandioses du Pays de Galles ou de la France avec son célèbre château de Pierrefonds situé dans le département de l’Oise, cette série apporte un souffle nouveau aux légendes du roi Arthur. Action et humour sont au rendez-vous et donne du piment à cette série dans laquelle la magie opère sans conteste.

Promo de la saison 5

Nalini Singh

Cette romancière néo-zélandaise est née en 1977 dans les îles Fidji. Elle est principalement connue pour ses romans de fantasy pour lesquels elle a souvent été nommée sur la liste des best-sellers du New York Times. Elle a occupé différents postes avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Ainsi, elle a été avocate, bibliothécaire, professeur d’anglais et elle a même travaillé dans une banque. En plus de ses deux grandes sagas de fantasy urbaine, Nalini Singh est l’auteure de plusieurs romans sentimentaux traduits et publiés en France aux éditions Harlequin. Ses œuvres majeures sont la série Psi-changeling éditée chez Milady et Chasseuse de vampires chez J’ai Lu.

psi changeling 1
Dans la première, il est question d’un monde où tout désir, sentiment, émotion sont bannis dans lequel évoluent humains, Psis et changelings. Lucas Hunter, métamorphe de nature, veut savoir qui a assassiné sa compagne de meute et pour cela il est prêt à tout, y compris se rapprocher d’une Psi. Et c’est Sascha Duncan qui va l’y aider. Une Psi d’apparence froide mais qui cache bien des secrets et qui, il faut bien le dire, ne laisse pas le séduisant métamorphe indifférent. Aujourd’hui, dix tomes ont été traduits et publiés et tous baignent le lecteur dans le même univers paranormal.

Quant à la deuxième série, Chasseuse de vampires, les anges et les vampires y sont à l’honneur. Ici, le monde est gouverné par les archanges qui règnent en maîtres puissants. C’est l’histoire d’Elena Deveraux, chasseuse-née de profession. Sa fonction est de traquer grâce à son don inné tous les vampires déserteurs et de les ramener à leurs maîtres, les anges. Tout commence lorsque la jeune chasseuse est mandaté par l’archange de New York lui-même pour une mission un peu particulière : Uram, un archange déchu et renégat. En effet, en devenant vampire à son tour, en goûtant le sang, Uram est devenu incontrôlable et dangereux pour l’univers. Ainsi commence pour Elena la chasse la plus risquée de sa vie où elle devra garder un moral d’acier et la tête froide. Actuellement six tomes ont été publiés en France.
le sang des anges1
Nalini Singh inscrit son histoire dans un univers de fantasy urbaine où les vampires partagent le devant de la scène avec les anges et les archanges. Dès le commencement du cycle, on sait qu’Elena est humaine mais est née avec un don. C’est en quelque sorte un pouvoir magique qui fait d’elle un être à part. De plus, elle exerce un métier peu commun la rendant ainsi singulière. Ce qui donne tout de suite le ton du texte au lecteur. Clairement, il s’agit ici d’un monde contemporain où le paranormal s’épanouit largement. Surtout que l’entourage de la jeune femme est tout à fait atypique. Par l’intermédiaire de son métier, Elena fréquente les vampires, au moins ceux qui sont sortis du rang, ceux qui ne respectent pas le contrat établi entre eux et les anges. Mais elle côtoie aussi ces derniers et même les archanges. Fait rare ! Elena a été recrutée par l’un d’eux, le puissant et ténébreux Raphael, archange de New-York. En fait, elle est une héroïne hors norme qui va subir des transformations au fur et à mesure de l’aventure. Elle, qui par le drame ignoble qu’elle a subi alors qu’elle n’était qu’une petite fille, apparaît d’emblée comme un personnage principal inattendu. En effet, attiré par son don, un vampire assoiffé de sang a tué sous ses yeux ses deux sœurs aînées, et a provoqué le suicide de sa mère qui n’a pas supporté de ne pouvoir sauver deux de ses filles. Une telle tragédie ne pouvait laisser qu’une petite fille perturbée, et non une femme capable de surmonter ses peurs et d’empêcher qu’un tel crime se reproduise. Qui pourrait penser qu’une humaine au passé si lourd soit si forte, qu’elle soit susceptible de braver de nombreux dangers pour sauver toutes les races, qu’elles soient humaines ou angéliques d'ailleurs. Courageuse, Elena n’hésite pas à tenir tête au plus dangereux des êtres divins, ce qui n’est pas sans donner du piment à ce cycle. Flirtant avec la mort, cette intrépide chasseuse nous entraîne à un rythme endiablé dans ses aventures.
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la légion de l'archange6
Les vampires, créatures emblématiques de la fantasy urbaine, sont très présents dans le cycle de Nalini Singh. Mais celle-ci donne aux siens des particularités plutôt étonnantes. Déjà, on l’aura compris, ici le vampire est un humain qui au moment de mourir signe un contrat avec les anges pour devenir immortel. La peur les motive sans doute, peur de mourir, peur de pourrir. Il est vrai que théoriquement, ils sont immortels, donc ils ne peuvent plus expirer. Enfin, il y a toujours un moyen de les tuer et les anges peuvent s’y résoudre. Leurs premières années d’existence, ils dégagent une odeur assez nauséabonde qui permet aux chasseurs-nés de les retrouver et de les ramener à leur seigneur divin grâce à un collier les rendant inoffensifs. Quant aux vampires les plus âgés, ils ont chacun une signature olfactive qui leur est propre et qui permet à ceux capables de les sentir de les identifier. Mais eux dégagent des senteurs plutôt agréables, capiteuses et donc très attirantes car les plus vieux sont aussi passés maîtres dans l’art de séduire et de rendre l’humain accroc. De plus, ils possèdent toujours une force exceptionnelle faisant d’eux des tueurs nés. Néanmoins, ils demeurent les serviteurs des êtres angéliques qui les dominent. Le plus bel exemple ici de vampire fascinant est sans doute Dmitri, le chef de la sécurité de Raphael et l’une des sept créatures surnaturelles qui protègent l’archange.
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L’originalité de ce cycle réside dans le choix de donner la primeur aux anges. Il ne s’agit pas ici de représentants ou de messagers de Dieu. Ils ne sont pas là pour appliquer la volonté divine. Ce sont plutôt de puissants êtres indépendants qui dominent le monde des humains. Leur existence est connue de tous. Mais peu d’hommes les fréquentent. A l’image de leurs créatures vampiriques, ils sont d’une beauté à couper le souffle mais une beauté ténébreuse car ils sont une véritable concentration de pouvoirs. Ils sont bien entendu immortels et évoluent continuellement. Plus ils sont vieux, plus ils sont puissants et donc plus ils sont dangereux. Alors lorsque les archanges se mettent à s’affronter entre eux, c’est un vrai choc des titans. Ils sont au nombre de dix et se partagent le monde en territoire. Chaque archange possède sa cour et ses serviteurs vampiriques. Avec chacun d’entre eux, toute occasion est une démonstration de pouvoir. Ils cherchent presque tous à assurer leur hégémonie sur les autres. C’est en cela qu’ils sont dangereux pour les humains qui n’ont finalement que peu d’intérêt à leurs yeux. D’où l’importance du personnage d’Elena. Elle est l’humaine au don inné qui constitue en quelque sorte la clé pour maintenir l’humanité saine et sauve contre la terrible menace que représentent ces créatures légendaires.
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La traditionnelle lutte manichéenne transparaît dans cette saga de fantasy. Elle se manifeste à travers la présence de deux camps. Celui du Bien dont Elena est la principale représentante et celui du Mal occupé tout à tour par des vampires, des anges, voire des archanges renégats tellement assoiffés de sang ou de pouvoir qu’ils en perdent de vue la limite entre le Bien et le Mal. Chaque volume est une nouvelle quête à mener pour notre jeune chasseuse dont le but est de mettre les méchants hors d’état de nuire et d’épargner des vies quelles qu’elles soient.
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Grande voyageuse, Nalini Singh a parcouru la planète d’une extrémité à l’autre. Une riche expérience qui influence quelque peu son écriture puisqu’à l’instar de notre écrivaine, Elena s’envole bien souvent d’un pays à l’autre avec son archange. Mais même si elle aime les voyages, c’est celui de « l’esprit qui la fascine le plus », et ce n’est pas ces lecteurs qui la contrediront sur ce point. Il est vrai que Chasseuse de vampires apporte un véritable souffle de fraîcheur à une fantasy urbaine déjà bien prisée par les écrivains du genre. En cassant l’image traditionnelle du suceur de sang véhiculée par la littérature, Nalini Singh innove littéralement. Elle dresse un tout autre portrait du vampire, créature esclave d’un être supérieur : l’ange. Ici, ce qui est mis en avant, ce sont les anges et les archanges, et le vampire n’est finalement qu’un subordonné. On pourrait presque s’attendre à ce que le vampire caractérise l’enfer, tandis que l’ange, lui, représente le paradis. En d’autres termes, l’un est le Bien et l’autre le Mal. Mais avec cette auteure, les choses ne sont pas si simples. En mêlant amour et frisson, aventure et danger, elle sait tenir son lecteur en haleine et suscite une soif de lire, à l’exemple de ses vampires qui ne sont jamais assez rassasiés. Commencer la lecture de cette saga, c’est succomber peu à peu au plaisir d’une douce addiction !

Fantasy à la carte

Olivier Peru

Olivier Peru
Olivier Peru, né à Montpellier en 1977, est à la fois un romancier, un illustrateur, un scénariste et un dessinateur.

Avant de se lancer dans l’écriture de romans, et notamment de romans fantasy, il signe plusieurs bandes dessinées à caractère fantasy, mythologique et fantastique. Parmi elles, on peut citer Zombie, Oracle, Lancelot, Les Elfes, Mjöllnir, In Nomine, Nosferatu, La Guerre des Orcs, Assassin ou encore Shaman.

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En 2010, il publie son premier roman fantasy, Druide aux éditions Eclipse qui est récompensé par le prix de la révélation de l’année 2011 aux Futuriales, et qui reçoit en 2013 le prix Imaginales des lycéens.

Avec Patrick McSpare, également écrivain, illustrateur et scénariste, il coécrit une série de cinq romans fantasy destinés à la jeunesse, Les Hauts-Conteurs. Il s’agit ici de l’odyssée d’un jeune garçon, qui en recueillant les dernières paroles d’un Haut-Conteur mourant, se retrouve propulser pour son plus grand plaisir dans des grandes aventures qui le mèneront jusqu’au célèbre Vlad le vampire. Ce cycle est l’occasion pour nos deux auteurs de raconter leur version de la vie du plus célèbre des vampires créé par Bram Stoker.
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Face au succès de Druide, Olivier Peru se lance dans une nouvelle trilogie de fantasy plus sombre encore, intitulée Martyrs. C’est la destinée de deux frères assassins vivant dans la clandestinité de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Ils s’y croyaient à l’abri jusqu’à ce que leur passé sanglant les rattrape… Au cœur d’un monde sur le point de s’embraser, ils vont devoir choisir leur camp. Ce qu’ils ignorent alors, c’est que leur martyre ne fait que commencer…
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druide
Auteur aux multiples facettes, artiste à part entière, Olivier Peru démontre avec son premier roman, quel brillant écrivain de fantasy il est. Druide, c’est l’histoire d’un monde menacé par les ténèbres. C’est la quête de vérité d’un homme ou plutôt d’un druide qui va tout faire pour comprendre qui est derrière une série d’odieux meurtres menaçant de faire éclater à nouveau la guerre entre les hommes.

Pour mener à bien sa mission salvatrice, le druide Obrigan sera assisté par ses deux jeunes apprentis Tobias et Kesher, mais aussi par la druidesse Arkantia et l’héritier du Rahimir, Jarekson. Des alliés de taille car le chemin sera long et dangereux jusqu’à l’ultime vérité et l’affrontement final.

La lutte entre le Bien et le Mal se dessine clairement dès les premières lignes de ce roman. Une entité, de sombres assassins que personne n’a vu, agissent dans l’ombre et déciment les hommes dans un bain de sang. Pour quelles raisons ? Quel est leur but ? C’est à Obrigan de le découvrir et il a 21 jours pour y réussir car passé ce délai, la guerre entre les hommes sera à nouveau déclarée. Ainsi, le druide va lutter aussi bien contre le roi Yllias du Sonrygar pour lui faire comprendre que le royaume du Rahimir n’est pour rien dans ces massacres, que contre les monstres assoiffés de sang qui tuent implacablement chaque être se trouvant sur leur route.

Olivier Peru propose un univers minutieux qu’il a lui-même dessiné comme l’illustre la carte glissée au début du livre. De ce fait, on distingue une nette délimitation au sein des Terres des Tribus Unies avec les royaumes des deux principales familles régnantes du Sonrygar et du Rahimir séparés par La Cicatrice, une profonde crevasse. C’est donc là où vivent les hommes. Et La Forêt, province sacrée où vivent les druides. A l’Est de La Forêt est érigé le mur du Rôdeur, une barrière magique qui protège toutes les terres de la terrible abomination qu’est le Rôdeur et de sa horde de monstres, bannis il y a des millénaires.
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La magie réside dans les pouvoirs que détiennent les druides. Ceux-ci sont aussi bien au centre de l’univers créé par l’écrivain qu’au centre du roman-même. Ils se subdivisent en quatre ordres différents : les loups, les cerfs, les corbeaux et les ombres. Tous possèdent le don de communier avec la nature qui leur permet d’avoir une meilleure perception des choses et d’aider les hommes au mieux. Ils ont le pouvoir de rentrer dans l’esprit de l’animal, emblème de leur ordre propre, et ainsi de commander cette bête à faire ce qu’ils veulent, tout en la respectant. En effet, les druides sont des pacifistes ; ils ont un grand respect pour la nature, la faune et la flore. D’ailleurs, ils ont une parfaite connaissance des plantes leur permettant de soigner au besoin. 

En intégrant de la magie, une quête à mener, une communauté de héros, une cartographie précise d’un univers fabuleux, Olivier Peru inscrit son roman dans une littérature assurément high fantasy.
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Néanmoins, le génie dont il fait preuve réside dans le fait de présenter sa fantasy comme un polar. En effet, dans ce récit il est question de meurtres et d’enquête avant tout car on l’a bien compris, Obrigan a 21 jours pour résoudre ces crimes. Or, plus on avance dans la lecture et plus on s’enfonce dans un thriller sombre avec toute la violence, le sanguinolent qu’un tel genre peut générer. D’autant plus, que l’auteur nous entraîne dans cette histoire à tambour battant puisque le roman se divise en 21 chapitres qui correspond au temps imparti laissé au druide pour mener à bien cette investigation. Peu de chapitres mais dans lesquels l’écrivain fait monter crescendo la tension et le suspense avec des assassins agissant comme des ombres et frappant de plus en plus souvent. Il est clair que le fait d’ignorer l’identité du ou des tueurs, et la raison de tels crimes rendent ces actes encore plus effrayants et oppressants. Ainsi, plus on avance dans le livre, plus l’étau se resserre autour d’Obrigan et on en est même à se demander jusque dans les dernières lignes du roman s’il va réussir ou faillir à sa mission.

L’écriture d’un texte de si grande qualité ne pouvait qu’offrir une place de choix parmi les auteurs de fantasy surtout au sein d’une littérature qui a tendance à s’essouffler en France. De ce fait, Olivier Peru apparaît d’ores et déjà comme très prometteur pour le genre français.

Fantasy à la carte

Jean-Louis Fetjaine

Jean-Louis Fetjaine, de son vrai nom Jean-Louis Festjens est né en 1956. Après un diplôme en philosophie et en Histoire médiévale, il devient journaliste, traducteur, puis nègre littéraire pour les éditions Presses de la Cité. En 1991 devenu éditeur, il crée la collection « Hors collection » toujours aux éditions Presses de la Cité, puis prend la direction des éditions Le Pré aux Clercs. Plus tard, il rejoint le groupe La Martinière et y fonde les éditions Fetjaine. Mais en 2012, il quitte cette maison d’édition pour Robert Laffont.

Homme d’édition incontestable, Jean-Louis Fetjaine est également un écrivain renommé. Auteur de plusieurs livres axés sur l’humour comme Le guide du jeune père (1991), L’homme expliqué aux femmes (1995), Le guide de survie au bureau (1996) et L’école expliquée aux parents (1997).
Le Pas de Merlin
Néanmoins son plus grand succès littéraire demeure La Trilogie des elfes. Cela marque un tournant dans la carrière de Jean-Louis Fetjaine qui fait de lui un auteur incontournable de fantasy française. D’ailleurs, la publication du Pas de Merlin qui obtient en 2003 le prix Imaginales du meilleur roman de fantasy, vient confirmer sa place d’auteur phare du genre. Face à l’engouement que suscite sa fantasy, Jean-Louis Fetjaine décide d’écrire un préquel à sa Trilogie des elfes. Celui-ci va s’axer autour de Lliane afin de comprendre comment cette elfe est devenue une reine et une guerrière. Divisé en trois tomes, ce préquel s’intitule Les Chroniques des elfes.
Lliane, les chroniques des elfesL'elfe des terres noires, les chroniques des elfesle sang des elfes, les chroniques des elfes
Toujours dans l’univers des littératures de l’Imaginaire, il publie des livres illustrés pour enfants comme La Petite fée paresseuse, ou L’Elfe du Père Noël aux éditions Fetjaine, ainsi que des albums tel Le Petit Peuple paru aux éditions Le Pré aux Clercs.
Le Petit peuple
Le crépuscule des elfes
C’est grâce à sa passion pour l’Histoire médiévale que Jean-Louis Fetjaine s’est mis à écrire de la fantasy par l’intermédiaire de la Matière de Bretagne. D’ailleurs sa Trilogie des elfes en témoigne largement. Elle relate l’histoire de Lliane, reine des Hautes-elfes qui est prête à tous les sacrifices pour sauver son peuple de l’extinction. Dans le premier roman, une compagnie d’hommes, de nains et d’elfes est créé pour retrouver l’elfe gris Gael qui vient d’assassiner le roi nain Troïn, officiellement pour une cotte de maille d’argent. Ce crime ne peut rester impuni et menace la paix entre les peuples libres. Mais cette expédition ne se passe pas comme prévu, de nombreux compagnons vont trouver la mort, et le talisman des nains, l’épée de Nudd disparaît sans laisser de trace car telle est la vraie raison du meurtre de Troïn. Ce qui provoque la colère des nains qui en représailles vont rentrer en guerre contre les elfes. Pendant ce temps, Llandon, le roi des Hauts-elfes déclare la guerre aux hommes à cause de la trahison de sa femme avec l’un d’eux. En effet, Lliane est enceinte de la fille d’Uter. Alors que ce dernier est enfermé dans les geôles des nains où il y est torturé pour avouer l’endroit où est caché le talisman des nains. Aveuglé par leur haine des elfes, les nains finissent par comprendre qu’ils n’ont été que les jouets des perfides hommes. Uter est libéré et grâce à l’aide de Myrddin alias Merlin, il rejoint Lliane et son enfant sur l’île d’Avalon. Elle va lui donner la force, en fusionnant son esprit avec le sien, de prendre la tête d’une armée d’hommes, d’elfes et de nains afin de mettre fin au règne tyrannique de Gorlois, le véritable instigateur de toutes ces guerres entre les peuples libres. Après sa victoire, Uter va épouser Ygraine, la veuve de Gorlois qui lui donnera un fils prénommé Arthur. Quant au dernier tome de cette trilogie, il faudra que les peuples libres s’unissent à nouveau pour sauver le monde contre l’Innommable et ses armées de monstres.
 La nuit des elfes, La Trilogie des elfesL'heure des elfes, La Trilogie des elfes
Lliane
A la lecture de cette trilogie, de nombreux indices permettent d’établir que cette saga relève d’une high fantasy, résultat d’une réappropriation des légendes arthuriennes. En effet, on y retrouve des lieux mythiques issus de ces légendes comme la célèbre Tintagel, forteresse édifiée sur un éperon rocheux entouré par la mer ou la cité de Loth faisant référence à Camelot, patrie d’Arthur Pendragon. Mais c’est également l’occasion pour l’auteur de créer un univers imaginaire spécifique avec différents royaumes comme la forêt d’Eliandre, refuge des Hauts-elfes. Cette forêt renferme une immense cité où les elfes vivent de manière éparse. La quiétude y règne encore même si ce domaine n’est plus comme il était à ses origines car détruit peu à peu par les hommes. Il existe aussi les royaumes nains construits sous les montagnes, décrits comme de splendides palais souterrains mais de plus en plus abandonnés sous les assauts répétitifs des hommes. La légendaire île d’Avalon est également présente. Dépeinte d’abord comme un îlot sans intérêt, elle s’avère être en réalité un lieu hors du temps, préservé des marques de la destruction et de la mort. La magie y règne comme en témoigne son Petit peuple des fées. En fait, Avalon personnifie le Bien et où le Mal n’a pas de prise. Il y a aussi le royaume des gnomes qui a pour capitale Kab-Bag, une cité créée sous la terre pour échapper à la chaleur et au froid. C’est un haut lieu de commerce qui constitue un point de rendez-vous pour tous les peuples libres du royaume. Mais c’est également le fief de la Guilde des voleurs qui en fait un lieu inquiétant où règne la malice. Est également décrit la contrée des elfes gris avec la cité des marais appelée GwrageddAnnwh. De cité, cet endroit n’en a que le nom car il s’agit plutôt de la plus grosse île du pays des elfes gris. Les elfes gris y vivent sous des dômes de branchages qui leur tiennent lieu de maison à l’abri des grands arbres. La solitude régnant en ces lieux annonce la désolation des terres limitrophes à ce royaume, à savoir le pays de Gorre, aussi appelé « Terre gaste » (dévastée) ou « Terres noires » qui constitue le refuge de l’Innommable et de ses monstres. Entre lieux légendaires et royaumes imaginaires, Jean-Louis Fetjaine offre une géographie précise à son univers fantasy. Il est à noter que seules des descriptions précises permettent à ces lieux de prendre forme car Jean-Louis Fetjaine n’a pas cartographié son univers.
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En plus de ce monde chimérique qui abrite des peuples et des créatures imaginaires aux langages et aux coutumes propres, l’auteur met en scène la lutte entre le Bien et le Mal. Elément fondamental à tout écrit de high fantasy. En effet, celle-ci se manifeste par l’intermédiaire de quêtes. Elles sont multiples dans La Trilogie des elfes. D’abord, contre les hommes, qui en volant le talisman des nains, ceux-ci cherchent à ranimer la haine ancestrale des nains envers les elfes, puis, contre les monstres, afin de survivre au Mal et à ses serviteurs démoniaques.                                                                                                 
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L’introduction de tous ces éléments font de cette œuvre une high fantasy à part entière. Mais il est important de souligner ici la particularité que cet auteur français a su insuffler à une littérature anglo-saxonne. En effet, alors que la figure d’un héros prenant la tête d’une communauté de personnages se dégage dans tout écrit de high fantasy, Jean-Louis Fetjaine, lui, propose une figure double à son héros. C'est-à-dire que la quête est menée tour à tour par Lliane et Uter, et que tous deux finissent par fusionner en un seul être, autrement dit l’esprit de Lliane envahit le corps d’Uter. Ne faisant plus qu’un, Uter devient le Pendragon, une sorte de demi-dieu possédant une force incommensurable qui lui permet de vaincre les armées des hommes renégats et de rétablir la paix entre les peuples. Ce choix de mettre l’accent sur la figure double du héros est une particularité intéressante, car elle donne à celui-ci un relief singulier. Cela fait de lui un héros atypique. Alors que ces personnages sont faibles et impuissants lorsqu’ils sont seuls ; ensemble, ils deviennent presque invulnérables, tant ils concentrent un puissant pouvoir. L’option de fondre deux personnages en un seul permet à la fois de surprendre le lecteur, mais aussi de justifier la victoire du Bien sur le Mal.
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Ainsi, en proposant une réappropriation originale des légendes arthuriennes et en insufflant de nouvelles caractéristiques au genre, Jean-Louis Fetjaine a su captiver un lectorat pas négligeable. Et de ce fait apporte une distinction à la fantasy française.

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