L'influence du "gaming" à la littérature

accueil2

accueil2

26/07/2015

Robin Hobb

De son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogden est une célèbre écrivaine de fantasy et de science-fiction, née le 5 mars 1952 à Berkeley, en Californie. Mais elle passe une grande partie de son enfance en Alaska, d’où son affection pour les grands espaces. D’ailleurs, elle se mariera très jeune avec un pêcheur et aura quatre enfants. Ce qui ne l’empêchera pas d’assouvir sa grande passion : l’écriture. 

C’est en 1971 sous le pseudonyme de « Megan Lindholm », qu’elle commence à écrire, d’abord des nouvelles publiées dans des magazines pour enfants et adolescents comme Jack and Jill, Humphy Dumpty ou Highlight. Puis par la suite, elle écrit des textes de science-fiction pour des fanzines. D’ailleurs, c’est grâce à l’un de ces fanzines : Fantaisie et Terreur qu’elle est remarquée. En effet, l’une de ses nouvelles se retrouvera publiée dans une anthologie au côté de grands noms des littératures de l’Imaginaire. Cette anthologie lui met donc le pied à l’étrier et lui permet de se constituer un premier lectorat. 

Plus tard, toujours sous ce nom de plume, le premier roman qui lui vaut un certain succès est Le Dernier Magicien. C’est l’histoire d’un vétéran de la guerre du Vietnam qui ère dans les rue de Seattle, luttant contre son syndrome de stress post-traumatique. Mais au-delà de ses démons intérieurs, il possède un don. Il ne le sait pas encore mais il est le seul être capable de sauver la ville d’un mal insidieux, il est le dernier magicien… un remarquable roman de fantasy urbaine qui reçoit en 2003 le prix Imaginales du meilleur roman de fantasy. Autre roman intéressant à citer, c’est le cycle de Ki et Vandien qui se divise en quatre tomes : Le Vol des harpies, Les Ventchanteuses, La Porte du Limbreth et Les Roues du destin, traduits et publiés aux éditions Mnémos entre 2004 et 2006. Par vengeance, la jeune Ki détruit un nid de harpies. Depuis ces ignobles créatures lui vouent une haine mortelle. Orpheline et désespérée, elle accepte de partir seule sur les routes avec sa roulotte afin d’emmener un colis à travers une chaîne de montagnes réputées infranchissables. En chemin, elle fait la connaissance d’un étrange voleur, Vandien qui se joint à son périple. Un duo étonnant qui emprunte le plus dangereux des chemins… 

Ainsi que le diptyque Le Peuple des rennes et Le Frère du Loup édité en France entre 2004 et 2005 par Le Pré aux Clercs. Pour sauver la vie de son fils, une jeune mère n’hésite pas à s’éloigner de sa tribu. Dans un univers froid et désolé, la guérisseuse Tillu vit seule avec son fils afin de le protéger des prétentions du chaman Carp qui souhaite en faire son apprenti. La vie de la jeune femme bascule le jour où elle trouve un chasseur blessé. Elle n’a pas d’autres choix que de l’accueillir chez elle afin de le soigner. Mais ce chasseur n’est pas n’importe qui, il fait partie de la tribu du peuple des rennes. Un détail qui pourrait bousculer bien des choses.

La particularité de cette auteure de fantasy est d’écrire sous deux pseudonymes. Après Megan Lindholm, elle se met à publier ses textes sous celui de Robin Hobb. D’ailleurs, c’est sous ce nom de plume qu’elle connaîtra ses plus grands succès littéraires. Des textes si marquants pour le genre qu’ils feront d’elle, l’auteure de fantasy la plus incontournable de ces dernières années. Pourquoi écrire sous deux noms différents ? Pour une plus grande liberté d’écriture, sans doute. Comme elle le dit elle-même dans une interview tirée du premier numéro de la revue fantasy, Asphodale : « Il y a des histoires qui correspondent à un style, et d’autres qui correspondent à l’autre style ». Cela lui permet d’écrire plus de choses. Ce qui est au final très libérateur pour elle. 

Presque tous les romans signés Robin Hobb appartiennent à un même univers qu’elle a commencé à développer avec l’écriture de son premier cycle : L’Assassin royal. Celui-ci se compose de six tomes : L’Apprenti assassin, L’Assassin du roi, La Nef du crépuscule, Le Poison de la vengeance, La Voie magique et La Reine solitaire. L’ensemble de ces romans ont été traduits et publiés par les éditions Pygmalion entre 1998 et 2000. Il est à noter qu'elle y ajoute un prélude en 2013 avec son roman Le Prince Bâtard. Ce premier cycle relate la destinée du jeune FitzChevalerie Loinvoyant, enfant illégitime de l’aîné des Loinvoyant, Chevalerie. A l’âge de six ans, le garçon se retrouve propulsé à Castelcerf, la capitale du royaume des Six-Duchés. Abandonné par sa mère dont il n’a aucun souvenir, Fitz est élevé par Burrich, le maître d’écurie mais aussi l’homme lige de Chevalerie. Cet homme bourru prendra maladroitement soin du jeune garçon pendant son enfance en lui apprenant notamment à s’occuper des animaux sans pour autant tolérer qu’il utilise son Vif aux yeux de tous. L’Assassin royal est en fait un roman d’apprentissage dans lequel Fitz va devoir apprendre à survivre au milieu des intrigues de cour d’abord sous la protection de Burrich, puis sous celle d’Umbre qui deviendra son mentor en faisant de lui un redoutable assassin ainsi que sous celle de son loup, Œil-de-nuit avec lequel il se liera par le Vif et enfin sous celle du Fou, qui prendra les traits de bouffon du roi dans la première partie de l’histoire. En devenant un assassin du roi à l’adolescence, Fitz s’engage sur un chemin semé d’embûches dans lequel il connaîtra danger et trahison mais aussi une vie bien solitaire. Car pour le bien de son roi et du royaume, il devra tout sacrifier. 

Dans le second volet des aventures de Fitz intitulé Le Prophète blanc, quinze ans se sont écoulés. Il comprend sept volumes : Le Prophète blanc, La Secte maudite, Les Secrets de Castelcerf, Serments et Deuils, Le Dragon des glaces, L’Homme noir et Adieux et Retrouvailles que les éditions Pygmalion ont publié entre 2004 et 2007. Fitz vit loin de la cour et de ses intrigues. Il s’occupe d’un jeune garçon prénommé Heur et reçoit régulièrement la visite de son amie, la ménestrelle Astérie avec laquelle il entretient des rapports charnels. Sa tranquillité se voit mise à mal le jour où il reçoit la visite de son ancien mentor, Umbre ainsi que celle de son ami le Fou. Le prince héritier Devoir a été enlevé par Les Pie. Leur but, se venger de ceux qui les ont persécutés car ils sont doués du Vif. Pour Fitz, il ne sera pas seulement question de sauver Devoir mais aussi de s’engager dans une nouvelle quête pour assurer la paix entre les Six-Duchés et les clans des îles.

Enfin, Robin Hobb s’est lancé il y a peu dans l’écriture d’un troisième relançant ainsi les aventures de son extraordinaire héros, FitzChevalerie. Car comme elle le dit dans une interview parue en début de semaine dernière dans Aujourd'hui en France, elle n'en a pas encore fini avec son héros. Cette trilogie se nomme Le Fou et L’Assassin. Seuls les deux premiers tomes ont été publiés à ce jour : Le Fou et L’Assassin en 2014 et La Fille de l’assassin en 2015, toujours aux éditions Pygmalion. Cette fois-ci, dix ans se sont écoulés depuis les dernières péripéties de notre assassin favori. Il était temps pour Fitz de déposer ses armes et d’épouser enfin la femme qu’il a toujours aimé, la douce chandelière Molly. Les voici donc mariés depuis huit années partageant un quotidien paisible à Flétribois. Tout allait bien jusqu’à cette Fête de l’Hiver au cours de laquelle ont débarqué trois étrangers à l’allure louche. Bien qu’ils se fassent passer pour des ménestrels pour justifier leur présence, l’instinct d’assassin de Fitz fut éveillé ce soir-là. D’autant qu’il découvrira des traces de lutte dans son bureau où l’attendait une messagère. Seul indice de sa présence, des taches de sang mais nul signe de la femme en question. Une bien étrange affaire qui restera un mystère. Car d’autres préoccupations vont accaparer toute son attention. En effet, la santé de Molly semble décliner. Pendant deux années, elle se croit enceinte. Tout le monde pense qu’elle a perdu la raison, même son époux. Jusqu’au soir où elle met au monde une étrange toute petite fille, prénommée Abeille. Que signifie cette étonnante naissance ? Une enfant blonde aux yeux très clairs en plus. Fitz a dû mal à réaliser qu’il est à nouveau père, surtout que la petite est bien chétive et à ce titre, elle pourrait bien ne pas survive très longtemps. Une naissance qui plonge l’ancien assassin dans les affres de l’inquiétude car comme lui, Abeille est une Loinvoyant, et si elle survit, elle risque de devenir autant un pion qu’une menace pour la couronne. 


Entre les deux premiers cycles de L’Assassin royal, Robin Hobb a intercalé une série de neuf romans réunis sous le titre des Aventuriers de la mer. Tous paraissent en français entre 2001 et 2007 édités chez Pygmalion. Il y est question de la destinée d’une famille de marchands de Terrilville. En fait, les Vestrit possèdent une vivenef, prénommée Vivacia qui leur permet de remonter le Désert des Pluies afin de faire le commerce d’objets merveilleux. Les vivenefs sont des navires doués de raison et de parole grâce au bois-sorcier dans lequel ils sont construits. 

Enfin, dernier cycle écrit par Robin Hobb qui s’inscrit dans ce même univers des Aventuriers de la mer est celui qui s’intitule Les Cités des Anciens. Cette tétralogie paraît en France en huit tomes entre 2010 et 2013 avec Dragons et Serpents, Les Eaux acides, La Fureur du fleuve, La Décrue, Les Gardiens des souvenirs, Les Pillards, Le Vol des dragons et Le Puits d’Argent. En échange de la protection de la dragonne Tintaglia, les marchands de Terrilville ont promis de prendre soin des dragons, prêts à éclore. Seulement, une fois éclos, ces derniers ne sont pas tout à fait en mesure de prendre seuls soin d’eux. Les riches marchands recrutent donc un groupe de gardiens chargés de les accompagner plus loin, en amont du fleuve du Désert des Pluies. Leur but, les éloigner au plus vite de la ville mais aussi avec l’espoir caché qu’ils découvrent l’emplacement de Kelsingra, la célèbre cité des anciens. Dans cette quête, ils seront escortés par une vivenef et son atypique capitaine. Il est à noter que Les Cités des Anciens prennent directement la suite des Aventuriers de la mer

Lorsque Robin Hobb commence à écrire les aventures de Fitz, elle ne pensait pas être inspirée pour développer son univers à un tel degré de précisions que de nombreux cycles verront le jour par la suite. Le point commun à tous ces textes est de proposer des intrigues différentes dans un univers imaginaire similaire et cohérent. 
La première étape empruntée par Robin Hobb est en l’occurrence d’insérer ses histoires dans une géographie spécifique. L’essentiel de l’action se déroule entre trois espaces distincts : Les Six-Duchés, le royaume des Montagnes et les Rivages Maudits. Néanmoins, Robin Hobb ne fige pas ses histoires dans de tel ou tel espace en fonction du roman concerné. Bien au contraire, dans la plupart de ses sagas, il y a des allusions à tel ou tel lieu et elle n’hésite pas à faire passer l’un de ses héros d’un cycle à l’autre. Si on regarde de plus près cet univers, on y découvre le royaume des Six-Duchés dans lequel se déroule l’essentiel de l’action de L’Assassin royal. Celui-ci se divise en six duchés, autrement dit six places fortes. Il y a Labour, Rippon, Béarns, Haurfond, Bauge et Cerf. A l’ouest, se trouve le royaume des Montagnes que Fitz découvre au cours de l’histoire lorsqu’il doit aller chercher la future épouse de son roi, Vérité. Enfin, plus au sud, s’étendent les Rivages Maudits. Ce sont les fameuses îles des Outriliens, plus connus sous le nom de Pirates rouges. Ceux qui ont tant sévi sur le continent des Six-Duchés et que Fitz a dû longtemps combattre. Ces Rivages Maudits seront aussi longuement mentionnés au cours des Aventuriers de la mer. Autre lieu mythique de l’univers de Hobb est Terrilville et la Baie des Marchands. Cette baie se situe au sud des Six-Duchés. Et c’est un haut lieu de commerce. Enfin, toujours à l’ouest des Six-Duchés mais au sud du royaume des Montagnes, existe un lieu secret où seule une poignée de personnes peuvent s’y rendre. C’est le Désert des Pluies, théâtre de l’action du cycle Les Cités des Anciens

Non seulement, Robin Hobb a inventé des pays imaginaires dans lequel évoluent ses personnages, mais elle leur a aussi attribué des cultes et des religions propres. Ainsi, les habitants des Six-Duchés et les Outriliens vénèrent la déesse de la terre Eda et le dieu de la mer El. Quant aux montagnards, ils sont protégés par la divinité Chranzuli. Enfin à Terilville et à Chalcède, les habitants prient Sâ. Alors qu’à Jamaillia, les Jamalliens lui préfèrent Odava, le dieu-serpent. 

Avec la mise en place d’un tel univers, Robin Hobb donne à ses récits une dimension fantasy. Impression renforcée avec la magie qui imprègne ses romans. Elle prend différentes formes. Déjà dans L’Assassin royal, la magie existe. Il y en a même deux pour être exact. Il y a ce que l’on appelle la magie des Loinvoyant surnommée l’Art. Elle est surtout détenue par les personnes dotées de sang royal dans leurs veines. A la base, c’est un pouvoir qui permet de communiquer par l’esprit, d’artiser dans le langage « hobbien ». Mais chez certains, cette puissance est si développée que l’artiseur dispose de certaines capacités comme la téléportation par l’intermédiaire de colonnes de pierres noires, la prolongation de sa vie, l’influence sur les décisions d’autrui, ou encore la faculté de soigner ou de blesser à distance. Les pouvoirs de l’artiseur deviennent presque illimités. Quant à l’autre magie, c’est le Vif. Celle-ci permet de ressentir toutes les formes de vie aux alentours. Grâce à lui, il est possible de se lier à un animal particulier pour former un lignage. Mais attention, le lien est si fort que lorsque l’un des partenaires disparaît, le survivant en souffre terriblement, à l’image de Fitz lorsque Œil-de-Nuit meurt. Même si le Vif est un pouvoir pacifique en comparaison à l’Art, il n’en demeure pas moins très mal perçu au sein des Six-Duchés. Cette aversion est due aux exactions commises par le prince Loinvoyant Pie qui était doué de Vif. Depuis, la coutume de pendre les Vifiers, puis de découper leurs corps pour les brûler et de disperser leurs cendres dans un cours d’eau a longtemps été pratiqué dans le royaume. L’autre aspect que peut revêtir la magie est l’introduction de créatures merveilleuses. Dans les œuvres de Robin Hobb, il s’agit du dragon. Créature ailée, à laquelle Fitz, en compagnie du jeune souverain Devoir, va redonner vie en sortant l'un d'eux, prisonnier d’une gangue de glace afin de sauver les Six-Duchés des Outrîliens, manipulés par la femme pâle. Les dragons sont également omniprésents dans Les Aventuriers de la mer qui nous révèlent l’origine de ces vivenefs hors du commun, ainsi que dans Les Cités des Anciens où là, ils occupent une place de choix comme personnages à part entière. 


Derrière chaque aventure se dessinent des quêtes que mènent les différents protagonistes. Par exemple dans L’Assassin royal, il sera toujours question pour Fitz de préserver la paix des Six-Duchés en éliminant certains ennemis comme les Pirates rouges, ou en participant aux pourparlers pour consolider des unions avec les pays voisins comme ce fut le cas lorsque le jeune homme a dû représenter Vérité au moment de l’union de ce dernier avec dame Kettricken, du royaume montagnard. Fitz est de toutes les missions et de tous les combats. Il a été formé pour ça. Il est à la fois assassin et proche conseiller du roi. Au moins, jusqu’à ce qu’il se retire définitivement du pouvoir comme c’est le cas au début du dernier cycle. Il est de sang royal et même s’il sera longtemps considéré comme un bâtard, il n’en demeure pas moins un Loinvoyant utile. FitzChevalerie est l’image même de l’anti-héros. Déjà, il est né bâtard. Il a été abandonné par sa mère aux portes de Castelcerf alors qu’il n’avait que six ans et son père, devant la disgrâce de cette naissance, a fui avec sa femme à Flétrybois. Et c’est Burrich, un garçon d’écurie qui se charge de son éducation. Un démarrage dans la vie difficile, d’autant que cela lui vaudra de nombreuses brimades au cours de son enfance, aussi bien par les autres enfants du château que par certains adultes. Ainsi, lorsqu’il montrera des dispositions pour l’Art, il deviendra le souffre-douleur du maître d’Art, Galen. Plus tard, il devra renoncer à tout pour honorer son roi. En effet, Fitz est un héros solitaire largement malmené par la vie, dont il ne se relèvera pas indemne. Bien plus qu’un renoncement, c’est une véritable aliénation de sa personne que Fitz va connaître au fur et à mesure de l’aventure. Car que peut-il y avoir de pire que de renoncer à l’amour de sa vie, de laisser sa propre fille être élevée par un autre ? De perdre tous ses repères, ses amis en se faisant passer pour mort ? 

Bien entendu, Robin Hobb insère ses histoires dans un contexte fantasy remarquable où rien n’est laissé au hasard. Elle a choisi cette littérature comme toile de fond pour la plupart de ses romans. Néanmoins, on remarque qu’il ne s’agit pas seulement pour elle de raconter des histoires de dragons, de magie, de chevaliers partant guerroyer. En développant avec minutie chacun de ses personnages, en travaillant sur leurs dimensions psychologiques, elle va plus loin. Ainsi, pour chacune de ses sagas, elle dresse le portrait de personnages complexes. Ils ne sont pas lisses, ils sont loin d’être parfaits. A l’image de Fitz, ils sont tous en souffrance. Tout comme l’humain peut l’être, chacun de ses héros a deux facettes d’ombre et de lumière. Certains sont franchement mauvais, néfastes que les héros vont justement devoir combattre. Ainsi, on retrouve bien cette lutte entre le bien et le mal qui est une dimension inhérente au genre, d’ailleurs. Mais ses propres héros connaissent une lutte interne sur la voie à suivre. Ils combattent leur propre part d’ombre et sont loin de toujours faire le bon choix. 

Quelque-soit le cycle lu, on l’aura compris Robin Hobb met l’accent sur ses personnages. Alors que certains de ses pairs vont davantage mettre en exergue une magie spectaculaire ou encore des scènes de grandes batailles épiques, elle, va davantage se concentrer sur des questions plus intimistes. Elle va parler de ce qui la fascine le plus chez l’humain, sur ce qui détermine ses actions, sur ce qui le pousse à faire tel ou tel choix et ses conséquences par exemple. C’est surement la raison qui explique l’immense succès de ses sagas et en particulier celle de L’Assassin royal. Finalement, chacun s’y retrouve car on est à un moment ou à un autre confronté à des choix difficiles, à l’image de ceux que doivent faire Fitz. C’est une belle manière de s’interroger sur la vie, de réaliser une introspection personnelle. Enfin, ce qui ne gâche rien à l’ensemble est la fluidité d’écriture de Robin Hobb qui nous rend ses textes si prenants et ses personnages aussi attachants. Le tout plongé dans un univers fantasy dépaysant et passionnant. 

Fantasy à la carte


4 commentaires:

  1. Très bel article. J'ai une préférence pour le Dernier Magicien et le premier cycle de l'Assassin Royal (je trouve la fin intéressante avec Fitz qui finit retiré du monde). Le peuple des Rennes n'est pas évident à lire. Ceci dit, je trouve qu'Hobb parle beaucoup de nature dans ses bouquins (les animaux avec Fitz, la forêt avec Jamère, etc.)

    RépondreSupprimer
  2. Et le cycle shaman's crossing ? Il est le seul qui se déroule dans un monde complètement indépendant.

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour Matthieu. En effet, je n'ai volontairement pas parlé du cycle Shamman's crossing. Pourquoi? Pour ne pas charger la mule davantage. J'ai privilégié les romans évoluant dans le même univers. Il faudrait en parler dans un autre article.

    RépondreSupprimer
  4. Merci Le Cheyenne. Oui il y a beaucoup d'inattendu dans les fins de cycles de Robin Hobb et Fitz est sacrément malmené. Il vit les pires choses et pourtant il est là et nous surprend encore.

    RépondreSupprimer