L'influence du "gaming" à la littérature

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25/10/2015

Terry Pratchett, ou comment conquérir le Disque-Monde?

Terence David John Pratchett est un écrivain britannique de fantasy parodique. Il est né en 1948 à Beaconsfield et est décédé il y a peu, le 12 mars 2015 à Broad Chalke.

Dans son enfance, il se passionne d’abord pour l’astronomie, puis s’intéresse à la science-fiction jusqu’à assister à des conventions à partir de 1963. Il est à noter que ses premières lectures des œuvres de H. G. Wells et d’Arthur Conan Doyle influenceront son écriture plus tard. 

C’est à l’âge de 13 ans qu’il publie sa première nouvelle The Hades Business dans un fanzine de son école. Nouvelle qui sera d’ailleurs rééditée deux ans plus tard dans une revue professionnelle. 

Terry Pratchett est un adolescent qui s’intéresse à tout. Ainsi, il commence une formation en Art, en Histoire puis en Anglais avant de s’orienter vers le journalisme en 1965. Grand amateur de livres, il publie son premier roman, Le Peuple du Tapis en 1971 qui reçoit un succès relatif malgré quelques bonnes critiques. 

Entre 1970 et 1980, il devient rédacteur et dessinateur pour différents journaux. On lui connait notamment la série Warlock Hall qui raconte la vie d’une agence de recherche paranormale. 

Même si en 1980 il obtient le poste d’attaché de presse au sein d’une société gérant trois centrales nucléaires, il n’en met pas pour autant de côté l’écriture. En effet, il publie en 1976 La face sombre du soleil puis Strate-à-gemmes en 1981. Néanmoins, malgré l’humour filtrant déjà à travers ses titres, Terry Pratchett demeure encore dans l’anonymat. Pour que cela change, il faut attendre la publication de La Huitième Couleur qui sera le premier volume des Annales du Disque-Monde. En fait, l’auteur va bénéficier d’un petit coup de pouce lorsque la BBC accepte de diffuser une version radiophonique du roman. Le second tome, Le Huitième Sortilège vient confirmer cet engouement du public. En 1987, lorsqu’il met un point final au quatrième volume, Terry Pratchett décide de se consacrer pleinement à l’écriture et arrête d’exercer son emploi d’attaché de presse. Une sage décision face au triomphe de Sourcellerie qui incite même son éditeur à lui commander six autres nouveaux romans. Dès lors, Pratchett démontre qu’il est un auteur prolifère en écrivant deux romans par an. Ainsi, Les Annales du Disque-Monde comptent 27 romans dont chaque tome s’attache à explorer cet univers fabuleux, baroque et farfelu imaginé par l’auteur. 




Mais ce dernier a été plus loin puisqu’il a même collaboré à des livres gravitant autour de cet univers. Il co-écrit ainsi avec Stephen Briggs un guide encyclopédique du Disque-Monde, Le Vade-Mecum (1994), qui sera d’ailleurs réédité en 2003 sous le titre Le Nouveau VadeMecum. L’année d’après, il élabore une carte géographique associée à un livret regroupant des éléments biographiques des différents explorateurs du Disque. Enfin, il va même jusqu’à écrire avec Tina Hannan un livre de cuisine aux notes humoristiques, Les Recettes de Nounou Ogg. En compagnie du mathématicien Ian Stewart et du biologiste Jack Cohen, il se lance dans une série de livres sur la science du Disque-Monde. Pour ces ouvrages de vulgarisation scientifique, il sera d’ailleurs récompensé par un diplôme honorifique délivré par l’université de Warwick. 

Terry Pratchett est également l’auteur de quelques livres pour enfants, parmi lesquels on peut notamment citer la trilogie du Grand Livre des gnomes publiée entre 1988 et 1990, ou encore Les Aventures de Johnny Maxwell (1992-1996). En 2012, il écrit un dernier roman jeunesse Roublard dans lequel le héros rencontre des personnes ayant réellement existées comme Charles Dickens. 

Côté littérature pour adultes, il publie une uchronie en 2008, Nation dont l’action se déroule au milieu du XIX e siècle. Ensuite, il s’associe à Stephen Baxter pour co-écrire une série s’axant autour des mondes parallèles à la Terre. Trois volets vont en ressortir, La Longue Terre en 2013, La Longue Guerre en 2014 et The Long Utopia en 2015. 

Bien entendu, on ne peut pas parler de la fantasy pratchettienne sans revenir plus longuement sur son œuvre majeure des Annales du Disque-Monde. Cette gigantesque saga suit tour à tour une série de personnages tous plus étonnants les uns que les autres dans leur exploration du Disque. A la différence de la fantasy commune mettant en scène une communauté de héros dont le but ultime est de mener à bien une quête et le plus souvent de sauver le monde, Terry Pratchett, lui, va apporter un autre souffle au genre. Ici, on colle aux basques de héros inattendus qui se retrouvent enrôlés dans des aventures hasardeuses et étranges. Ainsi, le cycle démarre avec l’arrivée d’un étranger prénommé Deuxfleurs dans la ville d’Ankh-Morpork. Cet homme semble sortir tout droit du futur avec ses expressions modernes et ses appareils avant-gardistes par rapport à l’époque médiévale qui est décrite ici. Mais c’est surtout lorsque Deuxfleurs rencontre le mage Rincevent que l’aventure va réellement débuter. Chargé par le praticien de la cité, Rincevent n’a pas d’autres choix que de suivre l’étranger dans ses pérégrinations déconcertantes car Deuxfleurs est un touriste et son seul but est de partir à la découverte de ce monde fabuleux. 

Pourquoi est-il si fabuleux d’ailleurs ? Peut-être parce qu’il est constitué d’un immense disque plat soutenu par quatre éléphants : Bérilla, Tubul, Ti-Phon et Jérakine, eux-mêmes reposant sur le dos d’une tortue géante, prénommée la Grande A’Tuin qui navigue dans le cosmos. Voici donc un univers qui n’a pas son pareil dans ce qui se fait en littérature fantasy. Originalité et singularité seront donc les maîtres-mots de cette série. 
Néanmoins, des critères communs au genre transparaissent à travers ses textes comme la magie qui demeure un élément omniprésent dans la totalité des aventures du Disque-Monde. Elle se manifeste déjà par le pouvoir que possèdent les mages. Ceux-ci ont la capacité de jeter les sorts contenus dans les grimoires de magie comme l’In-Octavo. Même si les sorciers de Terry Pratchett sont peu banals avec leur maîtrise approximative du pouvoir, à l’image de Rincevent. En effet, ce dernier est incapable de prononcer le moindre sort depuis que l’un d’eux s’est logé dans sa tête le jour où il a ouvert le grimoire. D’autre part, certaines femmes possèdent aussi un don pour la magie. Il passe notamment par la maîtrise de l’emprunt, cette capacité à couler son esprit dans le corps d’autrui comme celui d’un animal, ou encore la connaissance des plantes et des simples, et même l’habileté à voler sur un balai. Existent également des objets ensorcelés comme cette malle qui suit Deuxfleurs partout. Elle semble douée de raison, dispose de nombreuses petites pattes grâce auxquelles elle se déplace et a même l’étrange capacité de faire apparaître à chaque ouverture de son couvercle ce que souhaite son propriétaire. En outre, même dans les écrits de Terry Pratchett, on retrouve un peu la dimension manichéenne de la lutte entre le Bien et le Mal. Pour autant, elle est plus subtile que dans la fantasy traditionnelle. Par exemple, dans le premier diptyque, elle se manifeste lorsque Rincevent va s’opposer au mage maléfique Trymon quand celui-ci cherche à s’emparer de tous les sorts enfermés dans l’In-Octavo
Néanmoins toute l’extravagance de l’auteur réside dans les détournements des éléments classiques de fantasy pour apporter une vraie touche d’humour, voire d’absurdité à ses textes. Ainsi, ses romans sont remplis de références à d’autres œuvres afin que le lecteur se retrouve finalement en terrain connu. Il instaure ainsi une certaine complicité avec lui et rend ses livres encore plus fascinants. Il reprend par exemple des éléments des contes merveilleux comme les bottes des sept lieues dont vont user Rincevent et Deuxfleurs ou encore aux fameuses mines de pierres précieuses des nains qui nous rappellent bien entendu Blanche-Neige. Quant aux terribles créatures ailées cracheuses de feu, elles sont le fruit de pouvoir de l’esprit de certains humains qui les font apparaître à leur gré. Là encore, nous sommes bien loin des créatures dangereuses et indépendantes auxquelles la littérature fantasy nous avait habituées. Et cette malle n'est pas sans rappeler le sac de Mary Poppins car l'un comme l'autre semblent contenir l'univers infini. 


D'autre part, des héros mythiques ont leur place dans l’œuvre de Pratchett. C’est le cas de Cohen le Barbare en hommage au célèbre personnage de Conan de Robert E. Howard. Mais un Conan âgé de plus de 80 ans. On est donc loin du jeune homme fort, défenseur de la veuve et de l’orphelin, toujours parti sur les chemins pour vendre son épée au plus offrant. Pratchett met l’accent sur l’humanité des personnages, sur leurs faiblesses aussi. Finalement, l’auteur propose des héros proches de ses lecteurs où chacun y trouve son compte, d’où sans doute son immense succès. Mais Cohen le Barbare n’est finalement pas le seul personnage aux caractéristiques si humaines. 

Tous les héros de Pratchett sont remarquables au regard du soin qu’il a mis pour les façonner. Prenons par exemple Rincevent. Voilà bien un héros atypique. Un mage raté, on peut le dire. Et pourtant, il n’en demeure pas moins un héros. Lui qui manquait tant de courage, couard sur les bords, il a su en trouver à la toute fin de l’aventure pour sauver son monde et ses amis. Car c’est dans l’adversité que l’on prend conscience de la valeur de l’être humain. Quant à Deufleurs, petit personnage farfelu aux idées bien arrêtées qui ne semble avoir peur de rien. Non pas qu’il soit très brave lui non plus, mais il est inconscient des réalités. Totalement dans sa bulle, cela lui donne un côté frondeur. Tout fantasques qu’ils soient, Rincevent et Deuxfleurs n’en demeurent pas moins très humains et forts attachants. 

Autre personnage incontournable est La Mort car elle a une place centrale dans Les Annales du Disque-Monde. La première chose à dire sur La Mort est qu’elle est de sexe masculin et qu'il est même chef de famille. Ce qui est pour le moins étonnant. D’autre part, son rôle est bien entendu de moissonner les âmes des défunts. Un personnage bien sombre me diriez-vous. Et bien détrompez-vous car Terry Pratchett a su y insuffler de l’humour notamment lorsque La Mort n’arrive pas à récolter l’âme de Rincevent qui semble se jouer de lui. En effet, notre mage catastrophe est en fait un grand chanceux qui se sort des pires situations. Pratchett multiplie les situations burlesques comme lorsque La Mort joue aux cartes avec ses amis La Famine, La Guerre et La Peste pour passer le temps. En somme, c'est une manière pour l’auteur de dédramatiser la fin de la vie. Autre personnage hors norme est Mémé Cirdeutemps. Voilà une sorcière peu ordinaire, déjà au vu de son âge avancé. A la différence de ses confrères écrivains, Pratchett va donner la primeur à des héros vieillissants dans certaines de ses aventures au risque de manquer de crédibilité parfois. Car comment peut-on imaginer un vieillard sortir victorieux d’un combat singulier ? Et pourtant Terry Pratchett l’a fait et ce avec brio puisqu’il arrive même à nous tirer un sourire, voir un rire au détour de l’une ou l’autre des pages de ses romans. Et puis comment ne pas fondre devant cette grand-mère complètement dépassée par sa petite-fille appelée à devenir un mage à cause d’une erreur de présage. 

C’est bien dans des aventures rocambolesques et désopilantes que nous entraîne Terry Pratchett. Observateur du monde, il se sert de ses écrits pour dépeindre notre société en exagérant les situations, ou les travers de l’humanité. Pour quelles raisons ? Pour rire, peut-être. Ou tout simplement pour arrêter de se prendre au sérieux. Finalement Terry Pratchett maîtrise la dérision de soi avec une grande habileté et on se laisse si facilement prendre au jeu par ses romans. Alors je ne sais pas ce que vous en pensez mais autant ne pas se priver d’une franche dose de bonne humeur, non ?

Fantasy à la carte

18/10/2015

Terry Pratchett, La huitième couleur, Les Annales du Disque-Monde, tome 1

Si vous êtes familiers de ces univers fantasy qui mettent en scène chevaliers ou mercenaires galopant à bride abattue à travers de vastes étendues de forêts ou de montagnes féeriques, l’univers imaginé par Terry Pratchett risque bien de vous déstabiliser.

En effet, inventeur farfelu d’un monde improbable, Terry Pratchett insère ses histoires dans une géographique étonnante prenant la forme d’un disque juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur la carapace d’une tortue. Étrange, dites-vous ? Vous ne croyez pas si bien dire. 

Dans ce premier volume des Annales du Disque-Monde, l’auteur met l’accent sur les aventures de deux personnages : le pseudo mage Rincevent et Deuxfleurs, dit le touriste.

C’est dans la ville d’Ankh Morpok que démarre l’action au moment de l’arrivée de cet étranger, prénommé Deuxfleurs et affublé d’un drôle de compagnon, une valise pourvue d’une multitude de petites jambes. Mêmes les habitants ne voyaient pas en lui une menace, juste une simple curiosité vis-à-vis de cet inoffensif rêveur. 

Néanmoins, le Praticien (haut dignitaire de la ville) charge Rincevent, un mage quelque-peu raté de l’escorter et accessoirement de le protéger lors de son exploration de la ville contre la menace d’éventuels assassins, voleurs et autres va-nu-pieds grouillant partout dans la cité. 

Seulement personne ne se doutait à ce moment-là que la situation pourrait échapper aux deux compères et les entraîner bien loin d’Ankh Morpok même. 

En signant ce premier tome, Terry Pratchett brave les codes existants du genre pour nous proposer une aventure rocambolesque où l’humour est presque un personnage à part entière. 

Avec cet auteur, légèreté et absurdité sont de mise et ce pour notre plus grand plaisir de lecteur. 

Fantasy à la carte

11/10/2015

Angélique Ferreira, Croissant de lune, Secret de lune, tome 1



Pour le premier tome de son cycle de fantasy urbaine, Angélique Ferreira nous attache aux basques de deux héros que tout oppose, à priori. Lui est beau, sûr de lui, mannequin à ses heures et elle, simple, discrète, clairement rat de bibliothèque. Rien ne les prédestinait à se rencontrer. D’ailleurs, leur premier face à face est explosif. Il s’en découlera une froide haine. Seulement le destin ne se dompte pas si aisément et lorsque l’on s’attire autant que deux aimants, à quoi bon lutter ?



Dans l’imaginaire d’Angélique Ferreira, la magie existe. Elle gravite tout autour de nous. Seulement les Apchers, autrement dit ceux qui n’ont aucun pouvoir l’ignorent. Les sorciers se répartissent en familles. Ils forment des clans dirigés par un maître, généralement le patriarche quand il est encore vivant. Dans la famille d’Angèle Black, c’est sa mère la chef de son clan de sorciers. Néanmoins, étant une Talos (car elle est née sans pouvoir), Angèle refuse cet héritage et s’exile loin de sa famille. En tout cas, elle s’y emploie.

Ce qui au demeurant aurait pu fonctionner si une série de meurtres sauvages n’avaient pas eu lieu à Lyon. Sans compter la présence perpétuelle de ce Nicolas Poutault qu’elle déteste tant et qui semble toujours sur son chemin. A croire qu’il la cherche ? 

Encore un cycle de fantasy urbaine qui vient s’inscrire dans un corpus déjà dense. Néanmoins, il est à noter que l’auteure y apporte sa touche personnelle en attribuant à ses vampires un rôle déroutant. Une manière d’appréhender le genre qui ne manque pas d’originalité. De toute évidence, Angélique Ferreira est une auteure de fantasy à garder à l’œil. D'autant que d'autres cycles viennent enrichir sa bibliographie déjà très prometteuse.




Fantasy à la carte

04/10/2015

Fabien Cerutti, L’Ombre du pouvoir, Le Bâtard de Kosigan, tome 1

La première chose de remarquable à souligner sur le premier volet du Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti est qu’il s’est distingué par deux fois aux Imaginales en recevant le prix des lycéens 2015 et aux Futuriales avec le prix Révélations 2015. Jolies récompenses qui démontrent aussitôt l’œuvre de haut-vol à laquelle on a à faire ici. 

La singularité de Fabien Cerutti est d’avoir inséré son intrigue dans un univers commun à celui de ses scénarios pour le jeu en ligne Neverwinter Nights. Ainsi, il a choisi d’articuler son histoire autour de la vie de Pierre Cordwain de Kosigan, dit le Bâtard. Un destin peu ordinaire, à dire vrai. Déjà dans le fait qu’il est un mercenaire, assassin à ses heures et intriguant hors-pair. L’Ombre du Pouvoir se déroule sur une courte période, pendant le célèbre tournoi de la Saint-Rémi à Troyes en l’an de grâce 1339. Ces festivités sont aussi l’occasion pour Catherine de Champagne de marier sa fille unique à l’un de ses prétendants : le neveu du duc de Bourgogne, Marc de Salers ou le prince Robert de Navarre, représentant de la France. Bien entendu, l’enjeu est de taille et les intrigues vont y aller bon train. En effet, la Champagne est le dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil et à ce titre un comté stratégique à récupérer aussi bien pour la France que pour la puissante Bourgogne. Face à ces évènements majeurs de l’Histoire, le Bâtard de Kosigan ne pouvait qu’être présent. La question est de savoir quel rôle va-t-il y jouer ? Dans quel camp va-t-il être ? Car n’oublions pas que les Bourguignons sont ses ennemis jurés. En effet, même s’il en est un lui-même, c’est la guerre avec sa famille depuis qu’il a été rejeté à cause de sa bâtardise. Un premier roman qui en promet dès les toutes premières lignes surtout quand l’un des prétendants disparaît mystérieusement.

Le Bâtard de Kosigan, c’est également une approche originale puisque l’auteur alterne des lettres échangées en 1899 entre un professeur d’archéologie médiévale Michaël Konnigan et son ami Charles Chevais Deighton et le journal intime de Pierre Cordwain de Kosigan. A priori Michael serait l’héritier de Pierre et on suit en même temps que Charles Deighton ses découvertes sur son héritage. Or, il y a autant de mystères autour de Michaël Konnigan que de Pierre de Kosigan. De cette manière, Fabien Cerutti a su s’assurer toute l’attention de ses lecteurs. Il faut bien le dire, on est captivés devant cette partie d’échecs grandeur nature que joue Pierre de Kosigan. Et même si on croit deviner son prochain coup, il en a toujours un d’avance.

Pour ce cycle, l’auteur mêle heroic fantasy et période historique trouble. Des personnages fictifs entremêlent leurs destins à des personnes réelles comme le Duc de Bourgogne ou Edward III d’Angleterre. Ainsi, Fabien Cerutti a su insuffler une puissante magie à son texte le rendant si fascinant aux yeux du lecteur. Bien entendu, cela passe d’abord par le choix de ce héros aussi atypique, amusant qu’attachant. Mais aussi par les thèmes abordés car il est bien connu que l’association sexe, argent et pouvoir agrémentée de magie captive toujours l’humanité.

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