L'influence du "gaming" à la littérature

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18/12/2016

Charmed, la série qui a ensorcelé le petit écran des années 2000

Depuis quelques années, les producteurs américains ont un engouement certain pour créer des séries télévisées mettant le paranormal à l’honneur, à l’image de Buffy contre les vampires avant.

Produite par Aaron Spelling, Charmed envahit les téléviseurs en 1998 aux Etats-Unis et en 1999 en France. Une série qui rencontre un grand succès dès ses premières diffusions. En effet, le premier épisode, Le livre des Ombres réunit 7,8 millions de téléspectateurs outre-Atlantique et 4,9 millions en France. Des chiffres plus qu’encourageants qui poussent le producteur à financer le tournage de 178 épisodes, soit 8 saisons.

Charmed, c’est l’histoire de trois sœurs qui ignorent qu’elles sont des sorcières jusqu’au jour où la cadette découvre un vieux grimoire dans le grenier de leur grand-mère et prononce à haute-voix l’incantation magique qui va révéler leurs pouvoirs. Bien entendu, au départ rien d’extraordinaire ne se passe, et Phoebe range le livre là où elle l’a pris. 
Mais elle change vite d’avis lorsqu’à son travail, elle est prise d’une vision en touchant le portefeuille d’un client. Fantasque, bohème, la plus jeune des Halliwell n’est pas la plus crédible, d’autant qu’elle exerce la profession de diseuse de bonne aventure dans un hôtel pour divertir les touristes.

Alors lorsqu’elle essaye d’en faire part à sa sœur Piper, cette dernière a dû mal à la croire, enfin jusqu’à ce qu’elle-même soit témoin d’un prodige. En effet, simple serveuse dans un restaurant, elle ne désire qu’une chose, passer chef et lorsque son patron lui donne une chance de le devenir en la testant sur un plat, Piper est soumise à un grand stress surtout au moment où son boss s’empare d’une fourchette pour goûter ledit plat alors qu’il n’est pas tout à fait prêt. Mais avant qu’il ait enfourné la première bouchée, le temps s’est semble-t-il figé, ce qui permet à Piper d’ajouter l’ingrédient final à sa préparation et de réussir ainsi son test. 

Après ça, les sœurs sont bien contraintes de constater qu’elles ne sont pas des humaines ordinaires. Même l’aînée, Prue qui est pourtant la plus raisonnable des trois est bien obligée de reconnaître que les choses ne sont plus comme avant. Pas facile d’accepter et de gérer cet héritage d’autant que leur grand-mère n’est plus là pour leur expliquer la marche à suivre. Et lorsque les phénomènes surnaturels vont se multiplier autour d’elles, et les créatures démoniaques surgir de l’ombre, elles n’auront pas d’autre choix que d’accepter et de combattre afin de sauver leur vie mais aussi et surtout de protéger les innocents car telle est leur destinée.

Charmed, c’est une série de fantasy urbaine réussie, portée par un trio d’actrices séduisant. Une belle distribution était nécessaire pour emporter l’adhésion du public. Ainsi, les sœurs sorcières sont incarnées par Shannon Doherty (Prue), Holly Marie Combs (Piper), Alyssa Milano (Phoebe) et plus tard s’ajoutera Rose McGowan (Paige). Toutes sont déjà connues du petit écran et leur charme est incontestable dans cette série si bien nommée. De nombreux acteurs viendront à tour de rôle leur donner la réplique, dont beaucoup ont une carrière confirmée. Ce casting prestigieux fait sans doute la force de cette série.

Fantasy urbaine, pourquoi ? Déjà parce que les sœurs vivent dans le San Francisco de notre époque. Elles y occupent des emplois normaux, connaissent des peines de cœur, font la fête avec leurs amis et se chamaillent beaucoup comme bon nombre de frères et sœurs. Rien qui ne sorte de l’ordinaire jusque-là. Sauf que leur vie est loin d’être banale. Grâce à leur héritage un peu particulier, le sang de sorcière qui coule dans leurs veines, les sœurs Halliwell vont voir un monde étrange, insoupçonné, occulte s’ouvrir devant elles. En effet, les sorciers, les démons, les magiciens, les créatures surnaturelles existent bel et bien. Certains vivent sous la surface de la terre, à l’abri des regards des hommes, tandis que d’autres se confondent dans la foule lambda. Certains sont bien intégrés et d’autres non. Cette nature surnaturelle n’est révélée qu’à une poignée de personnes capables de les voir mais tous sont plus ou moins en présence de phénomènes magiques. En ce qui concerne les Halliwell, elles sont affectées d’une mission : celle de protéger les innocents. Elles se doivent de mettre fin aux agissements des démons qui mettent en péril la vie humaine. Finalement, c’est une tâche intrinsèque aux héros d’épopées fantasy

Cet univers magique obéit à des règles précises. Ainsi les sorcières ne peuvent utiliser leurs pouvoirs à des fins personnels car il y a toujours un prix à payer. Elles ne peuvent se soigner par exemple, ni concevoir un philtre d’amour pour ensorceler telle ou telle personne. Elles n’envoûtent pas non plus les gens pour les mettre à leur merci. Leur héritage ne doit être utilisé que pour faire le Bien. D’autre part, ce monde est régit par une hiérarchie. Ainsi les sorciers et sorcières sont assignés d’un ange-gardien qui est censé rester dans l’ombre de leurs pas. Sauf que les filles ne respectent pas toujours les règles. Ainsi Piper épousera Léo, l’ange-gardien des Halliwell comme sa mère auparavant aura une liaison avec le sien. La lutte entre le Bien et le Mal est omniprésente dans cette série car elles doivent demeurer représentatives du Bien même si elles sont parfois dépassées par les événements. Elles sont guidées par un grimoire magique, le livre des Ombres, une sorte d’encyclopédie où tout y est répertorié. Ainsi, elles s’y réfèrent à chaque nouvelle menace afin de déterminer la nature du danger et y trouver la potion pour y remédier.

La magie est au cœur des 178 épisodes de cette série. A chaque feuilleton Prue, Piper et Phoebe sont confrontées à un danger ne les touchant pas toujours directement mais dont elles doivent sortir victorieuses pour le bien des habitants de San Francisco. Sans parler des grands effets spéciaux dont usent les plus grosses productions hollywoodiennes, à l’image des trilogies high fantasy de Peter Jackson, l’équipe réalisatrice de Charmed fait avec ses moyens et le résultat est assez satisfaisant. Ici on peut dire que l’habit fait le moine car les costumes et les maquillages arborés par certains acteurs sont plutôt réussis. Ainsi, l’ensemble est suffisamment crédible pour donner vie au surnaturel et à ces créatures de l’autre monde. A cela s’ajoutent les nombreux jeux de fumées au moment du lancement des sorts qui, tel les magiciens dans leur traditionnels spectacles de magie, font apparaître ou disparaître telle ou telle chose. Les codes de la magie tels que l’on se le représente dans l’imaginaire populaire sont bien respectés ici à travers les rituels réalisés par les sœurs entre la fabrication des potions, l’allumage des bougies et la lecture des formules magiques.
Il est clair que Charmed est une série qui a bien fonctionné en réunissant tous les éléments qui ont su séduire son public. Romance, magie et action répondent ici présentes afin d’envoûter toute une génération de fans et marquer durablement le petit écran d’une empreinte assurément fantasy.

Fantasy à la carte 

11/12/2016

Lord Dunsany : un précurseur à la littérature fantasy

De son nom complet Edward John Moreton Drax Plunkett est un écrivain irlandais né en 1878 à Londres et décédé en 1957 à Dublin. Il est le dix-huitième baron de Dunsany, d’où le nom de plume de Lord Dunsany qu’il adopte pour signer ses livres.

Auteur prolifique, il a écrit aussi bien des nouvelles, des romans, des poèmes, des essais que des pièces de théâtre. En effet, il a laissé derrière lui plus d’une soixantaine d’œuvres.

D’abord scolarisé à Eton, une école élitiste, fleuron des écoles publiques britanniques, il intègre ensuite l’académie royale militaire de Sandhurst. De 1899 à 1902, il sert dans un régiment d’infanterie de l’armée britannique, Les Coldstream Guards et est envoyé en Afrique du Sud lors de la seconde guerre des Boers. Après la disparition de son père, il devient le baron de Dunsany et hérite des propriétés familiales, et notamment du château de Dunsany dans le comté de Meath où il va d’ailleurs résider toute sa vie. En 1904, il épouse lady Béatrice, la benjamine du comte de Jersey Victor Child Villiers et en 1906 naît son fils Randal Arthur Henry Plunkett. La Première Guerre mondiale met à nouveau sa vie en suspens puisqu’il va y servir dans les rangs des Royal Inniskilling Fusiliers le temps du conflit.

De retour à la vie civile, il se met à enseigner la littérature anglaise et part à l’université d’Athènes de 1940 à 1941, juste avant l’invasion allemande.

Sportif, amoureux de la nature et passionné par la chasse, Lord Dunsany s’est nourri de ses passions pour produire des textes variés aux notes très poétiques.

A ce jour, toutes ses œuvres n’ont pas été traduites en français mais suffisamment pour que l’on ait la pleine conscience de son talent et de l’héritage qu’il a laissé à la littérature fantasy. En effet, rappelons le rôle de précurseur que cet auteur a joué dans la naissance d’une fantasy moderne. Ce sont bien de ses textes que ses héritiers à l’image de J.R.R. Tolkien ou H.P. Lovecraft se sont inspirés pour écrire.

Lord Dunsany est donc l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles de fantasy dont Les dieux de Pegana est le premier paru en 1905, suivi d’un second Le Temps et les Dieux en 1906. Sous la forme d’une trentaine de monologues et de fragments historiques, il raconte la fabuleuse légende de la création du monde et des dieux. En 1908 sort L’épée de Welleran, un conte fantastique qui mêle des mondes imaginaires influencés par la Bible et l’Iliade à une réalité sombre. Un quatrième recueil, Contes d’un rêveur, sort en 1910 où l’auteur explore ce qu’il appelle les « régions brumeuses du sommeil et de la mort ». En 1912, il écrit Le Livre des merveilles qui immerge son lecteur dans un univers empreint de féérie et de légendes, de cités disparues et de dieux étranges. En 1916, il complète ce recueil par un autre, Le dernier livre des merveilles où l’on retrouve ce même monde hybride imaginé par Lord Dunsany. Quant aux autres nouvelles, elles ne sont pas encore traduites. Mais à la lecture de ces premiers recueils, il est clair qu’il apparaît comme un auteur d’univers dignes des plus grands récits de fantasy.
Après s’être initié à l’écriture de nouvelles, il se tourne vers des récits plus longs, plus élaborés dont La Fille du roi des elfes est le plus bel héritage. Paru en 1924, ce roman relate la destinée du prince Alvéric, chargé par son père d’enlever la fille du roi des Elfes de la Forêt Enchantée. Seulement, il n’aura pas besoin de commettre un tel méfait, car Lizarel, tombée sous son charme accepte de le suivre dans le monde des hommes sans problème. De leur union, naîtra Orion, un enfant doué de magie. Seulement le roi des Elfes, furieux de la disparition de sa fille unique fera tout pour la retrouver. Et c’est sous la forme d’un message ensorcelé porté par un troll que Lizarel, déçue par les hommes, finira par retourner auprès des siens au plus grand désespoir d’Alvéric. D’ailleurs, inconsolable, le prince amoureux passera le reste de sa vie à parcourir le monde pour retrouver la Forêt Enchantée. Un autre roman paraît en 1927, Vent du Nord qui rend hommage à la vieille Irlande en faisant revivre les vieilles légendes du Pays de l’Eternelle Jeunesse des Celtes. Malheureusement les autres romans, poésies ou encore essais de Lord Dunsany n’ont pas encore été traduites à ce jour et donc resteront dans l’ombre.

Puisque La Fille du roi des Elfes est considérée comme son « chef d’œuvre », c’est de ce roman qu’on parlera plus longuement. Un livre d’ailleurs intéressant pour ce qu’il apporte à la fantasy moderne. Déjà le premier élément à mettre en exergue est le riche univers imaginé par Lord Dunsany. Il choisit d’inscrire son histoire dans un monde où les hommes vivent près du Royaume Enchanté peuplé d’Elfes. L’existence de ce royaume est connue de tous, seulement peu peuvent témoigner d’avoir été spectateur d’un quelconque prodige. Le récit démarre au moment où le prince du royaume des Aulnes (le territoire à la frontière du Royaume Enchanté) est chargé de pénétrer dans ce Royaume Enchanté pour enlever la fille du roi des Elfes. C’est ainsi que le lecteur découvre un monde merveilleux où les montagnes sont bleues et où les palais sont immenses. La nature y est verdoyante et enchanteresse. Les arbres sont doués de vie et se déplacent au gré des dangers. Ce monde émet un son de trompes magiques que seuls les êtres qui lui sont liés peuvent entendre.  Pour pénétrer dans cet espace merveilleux et secret, il faut passer une barrière magique constituée de brumes. Ce Royaume Enchanté rappelle l’île d’Avalon de la littérature arthurienne, car à son image c’est un lieu mystérieux réservé aux élus. Un endroit où s’épanouissent des créatures surnaturelles comme des Trolls, des Elfes, et autres esprits de la forêt.

Il est vrai que l’auteur s’est inspiré de ces légendes arthuriennes pour nourrir son présent récit, déjà dans le fait qu’il parle longuement de l’errance du chevalier aussi bien au début du roman lorsque Alvéric traverse le pays enchanté pour enlever Lizarel puis lorsqu’il parcourt la terre entière pour retrouver le royaume disparu avec son épouse.

La magie se manifeste de bien des manières, déjà à travers l’existence de cet endroit magique mais aussi par le biais de certaines créatures. Lizarel en est la parfaite incarnation. Une femme superbe, irrésistible, immortelle contre qui Alvéric ne pouvait pas résister. Le père de Lizarel, le souverain des Elfes possède également sa propre magie qui se manifeste par la possibilité d’user de trois puissants sorts qu’il va justement utiliser pour récupérer sa fille partie dans le monde des hommes. Même du côté du territoire des humains, la sorcellerie est présente avec notamment l’existence de la sorcière Ziroondel qui va devenir la conseillère d’Alvéric, et même la nurse d’Orion, l’enfant d’Alvéric et de Lizarel. Un personnage important qui est décrit par Lord Dunsany comme la parfaite représentation de la sorcière type dans l’imaginaire populaire, à savoir une vieille femme, ermite, qui vole sur un balai et lance des sorts à l’aide d’une baguette.
La quête est au cœur de ce récit. Elle y est évolutive. En effet, elle commence avec Alvéric qui a pour mission d’enlever Lizarel, puis plus tard lorsque celle-ci aura à nouveau disparue, ce dernier repartira en quête de la retrouver. Du côté d’Orion, devenu adulte, il mène également sa propre quête qui est de chasser les licornes qui pénètrent le monde des hommes à la nuit tombée.

Au vue de tous ces éléments, Lord Dunsany démontre dès son époque qu’il a commencé à rassembler des données propre à la littérature fantasy qui par la suite vont être repris et largement développés par ses disciples, comme J.R.R. Tolkien ou H.P. Lovecraft.  Il est un véritable peintre des mots et nous entraîne dans un imaginaire fortement teinté de merveilles. Quel que soit le récit, ils invitent pleinement à la rêverie, au voyage. De format court, ils sont tous très poétiques, et donc envoûtants.

Finalement Lord Dunsany a su marquer son époque en laissant des écrits qui apparaîtront comme autant de guides pour des générations d’écrivains à venir. Il atteste son désir de se démarquer des autres et de remettre le merveilleux au centre de ses histoires. C’est à travers tout cela qu’il apparaît clairement comme un précurseur au genre. 

Fantasy à la carte

04/12/2016

George R. R. Martin, Le Trône de Fer, Intégrale 5

Attendu comme le Graal par beaucoup de fans de Game of Thrones, la sortie du cinquième intégrale du Trône de Fer de G.R.R. Martin a fait grand bruit. 

Comme des milliers d'autres, je dois vous confier que moi aussi, je me réjouissais de retrouver la froideur du Nord et la touffeur de l'antique Valyria. Un intégrale qui s'annonçait sous les meilleurs auspices puisque l'auteur tournait à nouveau son attention vers un trio de héros indispensable à cette œuvre, Tyrion Lannister, Daenerys Targaryen et Jon Snow. 

Rappelez-vous la situation dans laquelle l'intégrale 3 avait laissé Tyrion Lannister. Parricide en fuite, il lui fallait à tout prix quitter Westeros afin de se mettre à l'abris des foudres de sa sœur. Pour lui, c'est le début d'une grande aventure mais aussi le risque réel de perdre la vie. En effet, malgré tout son babil, ça ne l'empêchera pas de tomber aux mains de ser Jorah Mormont qui souhaite se servir de sa petite personne pour reconquérir les faveurs de Daenerys. En revanche, ce que Tyrion ignore, c'est qu'être prisionnier de ser Jorah va être le moindre mal de ce que ce nouvel opus va lui réserver...

Pour Daenerys Targaryen, le moment est venu de faire un choix. Profiter d'une flotte de guerre mise à sa disposition pour reconquérir Westeros, ou rester à Meereen afin de pacifier la situation avec les esclavagistes, et de mettre un terme aux meurtres perpétrés par les Fils de la Harpie. Elle choisit la voie du cœur, et épouse le puissant Hizdahr zo Loraq pour rétablir la paix. Cependant, trahisons et déloyautés pourraient bien mettre en péril ce qu'elle a entrepris jusqu'ici.

Plus au Nord, une nouvelle guerre s'annonce entre les forces de Stannis Baratheon et le clan Bolton, devenu maître des ruines de Winterfell. Mais le terrible hiver leur laissera-t-il le loisir de s'affronter?

Du côté du Mur, le Lord Commandant Jon Snow est de plus en plus tiraillé entre les vœux qu'il a prononcés pour la Garde de Nuit et sa loyauté envers les siens. En outre, il a dû faire des choix, et prendre des mesures sans précédent pour faire face à la terrible menace des Marcheurs Blancs. Seulement a-t-il eu raison? et ne risque-t-il pas sa vie en les prenant? Seul l'avenir le confirmera. 
Mais auront-il tous un avenir? C'est la grande question que soulève la fin du cinquième opus de G.R.R. Martin. 

L'auteur s'est encore une fois lâché dans le développement de son histoire. Il laisse mûrir lentement chacune des situations soit pour faire enrager son public, soit pour enrichir sa série. C'est pourquoi ce nouvel opus dépasse largement les 1000 pages. Il nous tient car on ne peut pas abandonner la partie tant qu'on ignore ce qu'il va arriver aux héros. Qu'on sache enfin si les gentils vont vraiment gagner à la fin de cette histoire. Le doute est permis car au final quand ils se seront tous entre-tués, ne restera-t-il pas que les Marcheurs Blancs pour se délecter des morts....?


Fantasy à la carte

27/11/2016

L'Artbook, Keith Parkinson

Pour écrire sur l'illustrateur Keith Parkinson, il m'a fallu m'immerger dans son monde. Pour faciliter la tâche, il fallait donc que je me procure son magnifique artbook retraçant son travail. 

Tombé entre mes mains, le livre est juste superbe. Traduit et édité par les éditions Milady en 2010, il retransmet bien l'essence du travail de l'artiste. Au fur et à mesure que l'on tourne les pages, ce beau-livre nous fait faire connaissance plus en profondeur avec le cheminement artistique de Keith Parkinson.

La première chose à louer dans cet artbook est l'introduction signée par Terry Goodkind, un grand nom du genre et aussi un proche ami de l'illustrateur. Quoi de plus prestigieux pour promouvoir un livre! Il y confie l'importance pour lui de collaborer avec Keith Parkinson. Partageant la même vision des choses, et particulièrement de l'art, ils ont formé le tandem idéal pour produire d'accrocheuses couvertures de fantasy. Il faut dire que Keith Parkinson a une vraie sensibilité avec une grande capacité pour traduire le cœur d'un roman à travers un seul tableau, sans pour autant le surcharger.

Les premières pages sont consacrées au processus de création de l'artiste. Il nous explique les différentes étapes qu'il suit en fonction de ce qu'on lui demande pour aboutir à tel ou tel tableau. Un chapitre qui nous fait tout simplement pénétrer dans son atelier. En fait, il commence par sélectionner le support sur lequel il va œuvrer, puis il passe à la sélection du dessin qui viendra trôner au centre de sa composition finale. Il commence toujours par peindre l'arrière-plan pour terminer par l'intégration de ce qui va venir occuper le devant de la scène. Un long travail minutieux qui demande du temps et de l'inspiration.

Un début de livre qui nous dévoile les esquisses qu'il a réalisées pour telle ou telle couverture. Chaque dessin est annoté de sa main pour aiguillonner le maquettiste lors de l'impression finale. Cela témoigne de l'ampleur de la besogne. Car être un illustrateur professionnel, ce n'est pas seulement se contenter de réaliser un dessin. Une commande, c'est bien souvent plusieurs essais pour plaire au commanditaire et lui donner du choix. C'est un travail exigeant et fort intéressant. 

Le reste de l'artbook fait un état des lieux de quelques-unes de ses œuvres. Tout n'y est pas car cela ne tiendrait pas dans un seul livre, mais cela donne une idée générale du style de l'artiste.

Keith Parkinson a pris soin de commenter chacune des illustrations choisies afin de partager ses souvenirs, des détails de réalisation. Il y fait quelques confidences sur les lieux ou les personnes qui l'ont inspirés par exemple. On réalise ainsi que c'est un amoureux de la nature. Ce qui ressort bien dans les couvertures de L’Épée de Vérité, par exemple. Les paysages y sont justes époustouflants. 

L'important ici n'est pas de vous faire un contre-rendu détaillé de chacune des œuvres présentées, ce serait trop fastidieux et sans intérêt pour vous. Autant vous laissez découvrir ces merveilles par vous-même, la délectation n'en sera que meilleure. Pour moi ce qui est incroyable dans ce livre est de constater que chaque création aussi bien une couverture de livre, de magazine, une jaquette de jeu vidéo qu'une carte à jouer, toutes sont en réalité de grands tableaux. Clairement c'est de l'Art qui nous raconte une histoire avec un grand H. Et ceux-ci ne sont pas figés. Bien au contraire, ils transfigurent du mouvement, de l'action. Ce qui est pour le moins prodigieux. 

Artiste dans l'âme, Keith Parkinson a profondément marqué son temps. Un beau-livre qui honore sa mémoire et que les amateurs des univers de fantasy ne peuvent que se réjouir de posséder dans leur bibliothèque. 

Fantasy à la carte

20/11/2016

Joanne K. Rowling, John Tiffany & Jack Thorne, Harry Potter et l'Enfant maudit, tome 8

Quel fan n'a jamais rêvé de connaître la vie d'adulte d'Harry Potter? J.K. Rowling avait amorcé les choses en écrivant son dernier chapitre dix-neuf ans plus tard dans lequel on découvrait un Harry adulte marié avec Ginny Weasley et père de trois enfants. Mais ces quelques lignes nous avaient clairement laissés sur notre faim. Et au plus grand désespoir des plus fervents lecteurs, l'auteure avait été intraitable en déclarant en 2007 que le septième tome serait bel et bien le dernier. Et voilà que J.K. Rowling s'associe à John Tiffany et Jack Thorne pour écrire une huitième histoire sous la forme d'une pièce de théâtre. C'est en juillet 2016 que cette pièce est jouée à Londres, et connaît dès sa première représentation un beau succès. 

Avec plus de 2,6 millions d'exemplaires vendus au Royaume-Unis et aux États-Unis, les Français, fans du plus célèbre sorcier à lunettes trépignaient d'impatience de découvrir à leur tour le texte intégral de la pièce en librairie. Comme quoi Harry Potter représente un vrai cataclysme puisque petits et grands n'ont pas hésité à se lancer dans la lecture d'un texte de théâtre. Ce qui témoigne bien de l'ampleur de l’événement.  
Comme tous ces passionnés, j'étais moi-même curieuse de découvrir cette histoire inédite même si le choix du format n'est pas ce que je préfère. Il faut bien le reconnaître une pièce de théâtre ne se lit pas comme un roman.

Néanmoins on échappe pas au phénomène Harry Potter et comme le roman m'est arrivé entre les mains il y a peu, je peux vous certifier que je n'ai pas résisté bien longtemps pour y plonger tête la première.

Harry Potter et l'Enfant maudit est une belle occasion de retrouver Harry et ses amis, de les voir grandis, devenus parents. Ils vont apprendre ce que ces responsabilités impliquent. Pas facile d'être parent à son tour, et Harry va en prendre toute la mesure avec son second fils, Albus qui est à l'honneur dans cette présente histoire. On suit ses aventures à Poudlard, les amitiés qu'il se fait. Pas évident de marcher dans les pas d'un père si légendaire. Albus va d'ailleurs en subir toutes les conséquences, plus que son frère ou sa sœur d'ailleurs. Il va en souffrir et va donc tout faire pour se démarquer à son tour comme son père avant lui. Mais alors qu'Harry a subi son destin, Albus, lui, va tenter de forger le sien. Seulement chacune de nos décisions a des répercussions et pas toujours celles que l'on escompte. 

Une pièce de théâtre qui offre l'opportunité de voir qu'en changeant un seul élément du passé, cela peut tout remettre en question, et que l'histoire aurait pu tourner tout autrement. 
Pour les plus nostalgiques, se replonger dans cette saga sera un bonheur. Le temps de quatre actes, on est à nouveau transportés par la magie potterienne. Et je dirais que le plus grand plaisir de lire ce livre est là. Finalement, l'histoire en elle-même ne nous fait pas de grandes révélations. J. K. Rowling y multiplie davantage les allers-retours dans le passé plutôt que de proposer une vraie avancée dans le présent d'Harry et des siens. 

Un texte tout de même porteur qui aborde des thématiques fortes: l'amitié, le courage, l'amour filial pour ne citer qu'elles. Entre passé et présent J.K. Rowling donne à sa saga un nouveau regard et permet à notre imaginaire de s'évader une fois de plus.

En refermant ce livre une chose demeure présent dans notre esprit, et si Voldemort n'était pas mort, que ce serait-il passé? 

Avec déjà 573 000 exemplaires vendus et l'approche des fêtes de Noël, les éditions Gallimard visent les 700 000 et il se peut qu'elles soient largement exaucées car quel triomphe en librairie puisque le livre est numéro un des ventes depuis sa sortie. C'est encore une belle consécration pour le plus grand sorcier de tous les temps et sa maman!
  
Fantasy à la carte   

13/11/2016

The Vampire Diaries, où le vampire devient glamour

Le vampire est devenu à la mode depuis quelques décennies sur le petit écran. The Vampire Diaries en est un bel exemple à l’heure actuelle. Cette série moderne vient d’ailleurs faire le pendant de la célèbre série des années 90, Buffy the Vampire Slayer. Bien entendu progrès techniques obligent, cette nouvelle série va largement en bénéficier.

Inspiré des romans de L.J. Smith, Le Journal d’un vampire, The Vampire Diaries est créé par Julie Plec et Kevin Williamson. Elle est diffusée depuis le 10 septembre 2009 aux Etats-Unis et depuis le 29 aout 2010 sur le câble en France. 
L’intrigue de départ du scénario est la même que celle des romans puisqu’ici il est question du destin d’une adolescente, prénommée Elena Gilbert qui vit chez sa tante avec son petit frère, Jérémy depuis la disparition de leurs parents, tués dans un accident de voiture. Comme tous adolescents, Elena et Jeremy sont scolarisés dans le lycée de Mystic Falls. Là-bas, la jeune fille y côtoie ses deux meilleures amies, Caroline et Bonnie et y vit tranquillement jusqu’à cette fameuse rentrée scolaire où elle fait la rencontre d’un certain Stefan Salvatore. Sombre et solitaire, Elena est intriguée, voire troublée par le jeune homme. De fil en aiguille, elle va se lier d’amitié puis d’amour avec lui et faire la rencontre de son inquiétant frère Damon. Très vite, elle découvre qu’ils lui dissimulent un lourd secret. En effet, les frères Salvatore sont en réalité des vampires. Et si l’un des Salvatore, Stefan est un gentil vampire qui se nourrie de sang animal, l’autre, Damon, est quant à lui un vampire terriblement dangereux qui traque ses victimes pour les vider intégralement de leur sang. Tous trois vont former un triumvirat explosif car dans les univers fantasy, les gens ne sont ni noirs ni blancs. Chacun a sa part d’ombre et sa part d’innocence. Mystic Falls va devenir le terrain de jeu des forces obscures contre lesquelles les jeunes gens vont devoir lutter afin de survivre.

Même si au début de la série, on retrouve des éléments communs aux romans, la série va vite s’en affranchir en modifiant un certain nombre d’éléments comme l’ajout de héros, des modifications dans l’apparence de certains personnages ou dans leurs patronymes.

Souvent critiqué par certains téléspectateurs qui ont vu en elle, une simple copie de la saga cinématographique Twilight, The Vampire Diaries connaît malgré tout un beau succès puisque déjà sept saisons ont été produites, et que la huitième est en cours de tournage. Pourquoi une telle controverse, d’ailleurs? Tout simplement parce que l’on retrouve des détails communs. Là aussi, il est question d’adolescents tombant amoureux l’un de l’autre alors que l’un d’eux est un vampire. Et comme Twilight, l’histoire se passe dans une petite bourgade américaine où se retrouvent vampires et loups garous. Néanmoins les similitudes s’arrêtent là, ce qui a permis à la série de faire son chemin dans le cœur de ses fans.

The Vampire Diaries, c’est d’abord un joli trio qui porte la série, constitué de Paul Wesley et Ian Somerhalder qui interprètent Stefan et Damon Salvatore, ainsi que Nina Dobrev qui, on l’aura compris, joue ici Elena Gilbert. Trois acteurs à la carrière différente puisque Nina Dobrev, d’origine Bulgare était davantage une mannequin qu’une actrice avant de tourner dans la série. Paul Wesley cumule déjà quelques interprétations à son palmarès. Il fait notamment des apparitions dans Smallville, Fallen, Mes plus belles années et côté cinéma dans The Russell Girl ou Killer Movie. Quant à Ian Somerhalder, il a marqué le petit écran en jouant dans Lost : Les Disparus. Occupant les rôles principaux, faire le bon casting était nécessaire pour le succès de la série. Pari réussi car tous les trois apportent légèreté, émoi, humour et même passion. C’est une belle complicité qui s’est instaurée entre ces trois-là et cela crève l’écran. On prend plaisir à les voir se donner la réplique. Nina Dobrev réussit à faire grandir son personnage puisqu’au tout début, elle joue une jeune adolescente, naïve et un peu fleur bleue. Or, au fur et à mesure des saisons, elle va être malmenée et cela va la changer, l’endurcir et la faire murir d’une certaine manière. Nina Dobrev y est très touchante dans ce rôle avec ses forces et ses blessures intérieures. Alors qu’on la croit être une oie blanche, il n’en est rien. Elle peut faire preuve de noirceur pour atteindre son but. La particularité de son rôle est qu’elle en interprète deux puisqu’elle est tantôt Elena Gilbert, tantôt Katherine Pierce. Or ce sont deux personnalités aux antipodes, donc toute la difficulté de l’actrice était de passer dans la peau de l’une puis de l’autre avec facilité. Ce que Nina Dobrev maîtrise parfaitement, elle y est d’ailleurs assez bluffante. Paul Wesley apparaît d’abord comme l’archétype du gentil. Vampire, il l’est assurément mais il a renoncé à tuer des humains pour survivre. Il faut dire que son passé est plutôt sanglant puisqu’il était surnommé le boucher. Un  « petit nom » qui en dit long sur l’ignoble créature qu’il fut. Paul Wesley est à mon sens le rôle masculin le plus attendrissant de The Vampire Diaries. Par opposition, Ian Somerhalder qui joue son frère apparaît en premier lieu comme un vampire suffisant, froid et cruel. On a tendance à le détester dès ses premières minutes de jeu. Comme quoi, Ian Somerhalder est un acteur de talent car lui aussi fait évoluer son personnage. Plus que ça puisque c’est presque un virage à 180 degrés qu’il lui fait faire. En effet, Damon passe du méchant au gentil par amour pour Elena. Elle est quelque-part sa rédemption. Il nous ouvre peu à peu son cœur et réussit à changer le regard des téléspectateurs qu’ils ont sur lui. Le ténébreux Ian est sans doute le plus bouleversant.
D’autre part, cette série a beaucoup de seconds rôles. Alors sans les citer tous, on va parler de certains, peut-être les plus importants. Il y a déjà le petit frère Jérémy interprété par Steven R. McQueen. Lui aussi a commencé une carrière dans le mannequinat avant de se tourner vers le cinéma. Il commence à cumuler les apparitions dans un certain nombre de séries américaines à succès comme Numbers, FBI : Portés disparus, Les Experts : Miami ou encore Chicago Fire. Bien que très jeune, Steven R. McQueen arrive sans mal à captiver l’attention de son public. Il fait corps avec son personnage d’adolescent mal dans sa peau, en recherche d’affection et est donc intéressant à suivre.

Les deux meilleures amies d’Elena sont également deux piliers de The Vampire Diaries. D’abord, Katerina Graham alias Bonnie Bennett, c’est la sorcière de la série. Elle a déjà une carrière bien riche aussi bien au cinéma avec des films comme A nous quatre, Un Noel recomposé, Dance Battle : Honey 2, 17 ans encore qu’à la télévision avec Malcom, Le Monde de Joan, Newport Beach, Les Experts ou encore Hannah Montana. Une solide expérience pour cette jeune femme qui donne du poids à son jeu d’actrice. Sérieuse et appliquée, Katerina Graham y incarne une sorcière qui ne fera que monter en puissance, aussi bien du point de vue magique que de l’importance de son personnage. Caroline Forbes, la seconde meilleure amie de notre principale héroïne est interprétée ici par Candice King. Autant, elle est horripilante dans les premiers épisodes, tellement elle y est superficielle et écervelée, autant elle donne de l’épaisseur à son rôle au fur et à mesure des saisons. Candice King y joue une improbable vampire. Transformée par malveillance, elle a su changer le regard que l’on a pu porter sur elle au tout début de cette série. Pétulante et pleine de vie, c’est un vrai bulldozer de bonne humeur.

Face à cette petite bande d’amis, il y a bien évidemment le côté obscur dévolu aux personnages qui incarneront les méchants de l’histoire. Le plus important d’entre eux, celui qui fera d’ailleurs ressortir la noirceur de chaque héros de la série revient à Joseph Morgan. Déjà connu pour avoir joué dans Alexander, Master and Commander : De l’autre côté du monde ou encore Mansfield Park, Joseph Morgan laisse sa marque. Dire qu’il est bien dans son rôle est un euphémisme. Le fameux originel Klaus sème la terreur là où il passe et il n’est jamais bon de croiser son chemin. Fol allié, opportuniste, il cherche à avoir l’ascendant sur tous. Plus que l’immortalité, il veut dominer le monde, en faisant des humains ses créatures. Il est bien entendu la plus grande menace pour la communauté de héros et sera difficile à détruire. Tout l’intérêt de The Vampire Diaries sera bien entendu de multiplier les affrontements avec lui. N’oublions pas que la lutte entre le Bien et le Mal est incontournable à toute trame fantasy, or ici elle va se structurer autour de ce personnage, d’où son importance pour l’intrigue.

Bien entendu, de nombreux autres acteurs et actrices vont fréquenter les plateaux de tournage de cette série et vont même s’y illustrer tant leur prestation est excellente.  Chacun apporte sa petite touche et enrichit la saga. Seulement, l’intérêt ici n’est pas de cataloguer chacun d’entre eux, juste de vous mettre l’eau à la bouche pour découvrir The Vampire Diaries si ce n’est pas encore fait. 

The Vampire Diaries, c’est une multitude de petites histoires car chacun des protagonistes vivent des choses différentes, chacun est aux prises avec ses propres soucis. Cela donne du dynamisme à la série car il y a presque des rebondissements à chaque épisode. Chaque personnage a une personnalité complexe et facilite l’identification des spectateurs à tel ou tel protagoniste. Ainsi, le spectateur est tenu en haleine tout au long de ses huit saisons.

Pour l’anecdote, l’épisode pilote de la série est tourné à Vancouver, puis les autres sont pour l’essentiel réalisés à Covington en Géorgie.  

Une série riche qui promet du grand spectacle puisque nous sommes dans une ambiance fantasy. Ici se succèdent donc les manifestations paranormales entre les attaques de vampires qui se déplacent à une vitesse vertigineuse, les métamorphoses en loup-garou, ou encore les actes de sorcellerie. Visuellement The Vampire Diaries est très réussi, plus réaliste par rapport à ce qui se faisait avant à la télévision. Et n’oublions pas que les séries ne bénéficient pas des mêmes budgets que le cinéma. En conséquence, on peut dire que The Vampire Diaries est un beau succès télévisuel. Elle a reçu de nombreuses distinctions récompensant tantôt les acteurs, tantôt la série elle-même. Ce qui a incité la productrice Julie Plec a réalisé une série dérivée, The Originals, qui est centré sur le terrifiant Klaus, alias Joseph Morgan. Une belle consécration aussi bien pour l’acteur que pour ces deux séries. La fantasy portée à la télévision assure ainsi au genre un rayonnement exceptionnel. 


Fantasy à la carte

06/11/2016

Pierre Pevel, Le Royaume Immobile, Le Paris des Merveilles, tome 3

C'est l'effervescence dans l'Outre-Monde. Après des années de guerre, les fées et les dragons se sont enfin réconciliés. Le monde est sur le point de changer, ce qui affectera d'ailleurs aussi bien l'Outre-Monde que la Terre. En effet, de nouvelles élections au Parlement des Fées se préparent. Même les simples humains pourront y siéger. En l’occurrence Falissière, l'ami de Griffont est pressenti pour y occuper un siège. Griffont, lui-même est impacté puisque le responsable du cercle Cyan lui suggère d'y siéger également. Mais ce dernier n'aura guère le temps d'y songer car un autre de ses amis, un mage cyan cette fois-ci le sollicite pour être témoin d'un duel entre un mage incarnat suffisant et lui-même. Bien entendu, les duels sont illégaux et formellement interdits. De plus si cela se savait, cela entacherait durablement les relations déjà tendues entre les cercles Cyan et Incarnat. Réticent, Griffont tente en vain d'en connaitre les raisons. Seulement François Troiville n'en démord pas. Question d'honneur dit-il sans plus d'explications. Mais par amitié et fidélité, Griffont accepte tout de même cette délicate mission. 

La situation promet d'être épineuse, surtout lorsqu'on en ignore les motivations. Griffont voit bien que Troiville semble avoir développé une haine mortelle pour cet Incarnat, ce Dalmas. 

Il ne manquerait plus qu'il le tue lors de ce duel. Mais le jour-j, Dalmas s'est mystérieusement volatilisé. Une enquête est ouverte et les soupçons se portent sans surprise sur Troiville.

Mais c'est sans compter Griffont qui va tout mettre en oeuvre pour innocenter son ami.

Un récit qui se présente encore comme une enquête difficile, d'autant qu'une bande d'anarchistes menace sérieusement Paris et Ambremer.

Griffont et la baronne auront encore fort à faire pour démêler toutes ces histoires et empêcher le pire d'arriver.

Avec sa verve coutumière, Pierre Pevel nous emporte dans son dernier volet du Paris des Merveilles pour un voyage qui ne manquera pas de toucher la corde sensible car certains événements de cette fiction ne seront pas sans rappeler notre triste actualité. 

Pierre Pevel profite de sa nouvelle intrigue pour développer son univers. Il nous parle d'Onirie mais aussi et surtout de ce Royaume Immobile duquel ce troisième tome tire son nom. 

Comme ses confrères, Pierre Pevel est avant-tout un inventeur d'univers et son Paris des Merveilles en est une belle démonstration. Il nous transporte dans un environnement connu, la ville de Paris. Soit, c'est le Paris de la Belle Epoque mais cela reste tout de même notre bonne vieille capitale. On s'y sent bien, comme à l'abris. Ça nous rassure jusqu'à ce qu'on relève ici ou là des éléments détonants. On se retrouve ainsi déroutés, parfois émerveillés, parfois désenchantés. Finalement on finit par en perdre tous nos repères et on est bien obligés de se laisser guider pour voir jusqu'où nous conduira cet étrange voyage.

Une trilogie de fantasy réussie où le merveilleux se manifeste au détour de chaque chapitre pour un envoûtement total. 

Fantasy à la carte


30/10/2016

Amy Raby, La Flamme du Prince, tome 3

Troisième volet, La Flamme du Prince poursuit les aventures des grands héros d'Amy Raby. Une manière pour l'auteure de nous mener à nouveau au cœur de son univers. Ce qui n'est pas pour nous déplaire, cela dit. 

Un roman qui suit historiquement les deux premiers volumes. Ainsi, on va y retrouver des protagonistes que l'on connait, que l'on prend plaisir à revoir et on va en rencontrer de nouveaux. 

Ici c'est Céleste, la petite sœur de l'empereur de Kjall qui est sous les feux des projecteurs. Il faut dire que la vie n'a pas toujours été douce avec elle. Elle a par exemple été fortement malmenée lors du putsch de Cassian qui avait détrôné son frère dans Le Jeu de l'Assassin.

Depuis les choses ont évolué pour elle. Elle a retrouvé un semblant d'équilibre et de paix dans sa vie. Seulement cela pourrait changer. A Kjall, Lucien tente toujours d'instaurer durablement la paix avec les royaumes voisins. Sa dernière idée étant de se rapprocher d'Inya en signant des accords commerciaux et en proposant la main de Céleste au prince de cet archipel.  

Bien que déboussolée, la jeune Céleste sait néanmoins où se trouvent ses devoirs. Elle ne rechigne donc pas à l'idée surtout lorsqu'elle rencontre ledit prince. Séduisant à souhait, elle se voit très bien à son bras. Sauf que lui n'est pas du tout enchanté par cette idée et il lui fait bien comprendre. 

Méfiant de Kjall, Rayn n'est pas enclin à signer des accords commerciaux et encore moins à se lier définitivement à lui par l'intermédiaire d'un mariage. 

Seulement l'aventure ne fait que commencer et des incidents ne vont pas manquer de venir secouer nos deux héros.

Amy Raby nous ouvre les portes d'un territoire encore inconnu, un archipel qui ne manque pas d'exotisme. On y découvre un nouveau peuple avec ses us et coutumes. Mais aussi des paysages entre paradis et enfer comme seule la fantasy peut rendre possible. L'auteure entoure son récit de suffisamment de détails pour y transporter son lecteur sans peine. 

La Flamme du Prince fait partie de ces livres que l'on dévore en quelques heures pour les plus gourmands, sinon quelques jours pour les moins affamés. 

Comme à son accoutumée, Amy Raby a bien travaillé sa copie. Elle prend le temps de nous laisser apprivoiser ses deux personnages principaux. Elle en brosse le portrait avec minutie et s'assure ainsi notre plein attachement à leurs égards. 

Un roman que l'on prend plaisir par exemple à lire allongé sur sa serviette de plage au son du ressac, histoire de venir faire écho à l'ambiance du livre. 

Finalement peu importe le roman, Amy Raby appartient à cette caste d'auteurs qui sont capables de faire vibrer son lecteur du début à la fin de l'histoire.  


Fantasy à la carte

23/10/2016

Angel, un vampire aux allures de super-héros

Au vu du succès de Buffy contre les vampires, les créateurs Joss Whedon et David Greenwalt ont décidé en 1999 de faire évoluer cette série en proposant un spin-off mettant en valeur le personnage d'Angel. D'abord diffusées sur TF6 à partir du 26 mars 2001, puis sur TF1 à partir du 20 octobre 2001, les cinq saisons vont s'enchaîner jusqu'en 2005. 

Sans doute à cause de sa personnalité si riche et si complexe, c'est le personnage d'Angel, interprété par David Boreanaz qui est ici mis à l'honneur. Tout jeune acteur, c'est son intégration au casting de Buffy contre les vampires qui l'a révélé. Plus qu'une belle gueule, il a su capter l'attention des producteurs au point que ceux-ci lui proposent trois ans plus tard le premier rôle d'une série à son nom. Ce sera un tremplin pour sa carrière puisqu'il va accumuler quelques rôles au cinéma comme dans Mortelle Saint-Valentin en 2001 ou Justice League: The New Frontier en 2008, puis à la télévision à travers son personnage récurrent de l'agent Seeley Booth dans la série Bones.

Cette nouvelle série démarre lorsque Angel quitte Sunnydale et son grand amour Buffy pour emménager à Los Angeles où il prend la couverture de détective privé afin d'aider toute personne en danger faisant appel à lui. Chacun des épisodes est une manifestation de la lutte contre le Mal, parfois incarné par le cabinet d'avocats Wolfram & Hart, des avocats secrets à la solde de créatures démoniaques. Angel est le héros parfait pour personnifier le défenseur des plus faibles au vu de son histoire. Rappelons sa qualité de vampire maudit par une communauté de bohémiens par vengeance pour sa cruauté, ce qui fait de lui le héros torturé par excellence et donc idéal pour ce rôle. En effet, avant de devenir un vampire repentit, Angel fut Angelus, terrible vampire qui multiplia les massacres pendant plus de deux siècles. Justement ce lourd passé va permettre aux scénaristes de jouer avec en proposant des flash-back des souvenirs d'Angel. Ainsi, au fur et à mesure des épisodes, on en apprend un peu plus sur ce mystérieux vampire. Ce qui est notamment intéressant visuellement avec les allers-retours présent/passé que cela implique

Le contexte de cette série y est clairement plus angoissant déjà à travers son personnage principal qui est perpétuellement en quête de rédemption et de pardon. Non seulement il cherche à sauver des vies mais aussi à racheter ses fautes. La quête qu'il doit mener est donc double. De plus, l'action se déroule dans une grande ville où la vie humaine ne compte pas. La solitude s'en ressent d'autant plus. Angel présente donc tous les éléments d'une fantasy urbaine très ténébreuse. 

Dans sa quête de justice, il est entouré de compagnons qui seront un vrai au soutien au fil des aventures. C'est le personnage de Francis Doyle joué par Glenn Quinn qui sera d'ailleurs l'élément déclencheur de la vocation d'Angel. En effet, grâce à ses visions ce gentil démon va pousser notre vampire à venir en aide aux habitants de Los Angeles. Il lui donne un but et le tire de ses noires pensées. Glenn Quinn est un personnage clé mais il ne restera que le temps de neuf épisodes de la première saison. 
Son don est transmis à Cordelia Chase alias Charisma Carpenter qui a suivi Angel à Los Angeles. Déjà remarquée dans Buffy, Charisma Carpenter va enrichir son personnage. Elle n'y incarne plus cette adolescente gâtée et superficielle que l'on a connue. Elle est plus responsable et surtout plus attachante. Peut-être parce qu'Angel s'adresse à un public plus adulte. Les scénarios y sont nettement plus sombres. Plus grave, elle n'en demeure pas moins la petite bulle pétillante de la série. Finalement son personnage de Cordelia Chase demeure pour le moment son rôle le plus important puisque depuis elle n'a fait que de petites apparitions dans d'autres séries comme Charmed, Les Experts ou Supernatural sans pour autant décrocher un autre rôle régulier.

D'autres acteurs de Buffy rejoindront les rangs d'Angel avec notamment Alexis Denisof, le fameux Wesley Wyndam-Price, le nouvel observateur envoyé par le conseil pour remplacer Ruppert Giles auprès de Buffy et Faith. Toujours aussi collé-monté, Alexis Denisof incarnera un meilleur associé qu'il ne fut observateur auprès des tueuses de vampires. Habitué des séries comme How I met your mother, Private Practice, Grimm, il décroche aussi quelques rôles au cinéma comme dans Braquage au féminin (2001), Avengers (2012) ou encore Beaucoup de bruit pour rien (2013). 

Tout au long de ses cinq saisons, Angel reste intimement lié à Buffy contre les vampires en multipliant les cross-overs, c'est à dire que les deux séries vont partager des événements communs et permettre ainsi aux acteurs de jouer dans l'une et l'autre à différents moments de l'aventure. Ainsi, Spike (James Marsters) et Harmony ( Mercedes McNab) y obtiennent même un rôle régulier dans la dernière saison. Idée ingénieuse de la part des créateurs puisque cela incite le spectateur à suivre les deux assidûment pour ne rien perdre de l'intrigue. Ils s'assurent ainsi un minimum d'audience. 

Une série qui peut se targuer d'avoir obtenu un certain succès auprès du public, d'autant qu'elle s'est même diversifiée sous la forme de comics avec la publication d'une série de douze volumes Angel: After the Fall qui fait suite à la dernière saison. Après l'apocalypse, Los Angeles se retrouve en Enfer et Angel tente de sauver autant de citoyens qu'il peut des forces du Mal qu'il a lui-même déclenchées. 

Sans doute que l'aspect super-héros, vengeur de la nuit d'Angel a su plaire à son public et préparé peut-être le terrain aux nombreuses adaptations des plus célèbres comics qui sont tant à la mode à l'heure actuelle. 

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