L'influence du "gaming" à la littérature

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29/12/2017

Florent Marotta, Yzé et le projet Ultima, Yzé, tome 2

Bien qu'Yzé ait détruit le palimpseste et mis momentanément en échec Ashahell, la menace demeure toujours latente. De ce fait la voilà contrainte de reprendre les armes, d'autant que les ennemis se bousculent à sa porte. 

Outre le danger que représentent Ashahell et ses compères, il y a les membres de la Fraternité de la Lumière qui sont de plus en plus actifs et traquent sans répit les détenteurs de pouvoirs. Or en furetant ici ou là, Yzé et ses amis se rendent vite compte que cette Fraternité manigance quelque chose de gros, de terrible, de dangereux et qu'il va falloir mettre fissa un terme à leurs expériences. Il en va tout de même de la vie de tous. Même certains sous-fifres de la Fraternité commencent à émettre des doutes sur le bien fondé de leurs actions. 

L'heure est critique aussi bien pour les Wicces que pour les Magis. Seulement seront-ils capables de s'entendre pour faire front? Avec des êtres démoniaques de la trempe d'Ashahell comme marionnettiste, le doute peut être permis. 

Après une pause d'un an, Florent Marotta nous replonge avec plaisir dans son univers post-apocalyptique. Pour ce second volet, il nous a concocté une intrigue aux petits oignons avec ce qu'il faut d'actions et d'inattendus. En mettant en danger ses héros, il leur permet de grandir. Plus qu'une quête d'identité pour certains, c'est l'occasion pour tous de se forger leur légende, de devenir de vrais héros. Un thème récurrent en littérature fantasy qui nous transporte au cœur même de ce qui fonde le genre avec la traditionnelle lutte manichéenne. 

Florent Marotta a nourri son récit d'une grande richesse en mélangeant les genres. En auteur audacieux, il tente le pari fou de mêler à une histoire contemporaine des notes de science-fiction et de fantasy

En faisant de tels choix, il s'acquiert un public élargi. Finalement, on est tous susceptibles d'apprécier ses romans que l'on soit adolescent ou adulte, ou que l'on soit un homme ou une femme. 

C'est donc une association réussie car même pour la réfractaire à la science-fiction que je suis, la sauce a bien pris et je me laisserais sans mal tenter pour une suite.


Fantasy à la carte 

17/12/2017

J.R.R. Tolkien, Beren et Lúthien

C'est sous la direction de Christopher Tolkien que sort le 1er juin 2017, le livre de Beren et Lúthien qu'il a reconstitué à partir des textes inachevés laissés par son père. 

Comme le titre l'indique, ce conte narre le destin de l'humain Beren, tombé amoureux de la belle princesse Elfe Lúthien que ce dernier surnomme Tinúviel. Au cours de l'une de ses pérégrinations solitaires, Beren tombe sur le spectacle de Lúthien en train de danser au son de la musique jouée par son frère Dairon. Il tombe instantanément sous son charme mais ne peut dans un premier temps l'approcher tant les Elfes demeurent méfiants vis-à-vis des hommes. Mais peu à peu, à force de patience, Lúthien finit par céder à la curiosité et se laisse charmer à son tour par cet humain qui lui voue une sacrée dévotion. Dès lors un lien indéfectible se noue entre ces deux êtres que tout oppose, au point que lorsque Beren rencontre le père de Lúthien, le roi Thingol, il fait preuve d'une grande témérité en acceptant de relever son impossible défi, celui de lui rapporter l'un des Silmarils de la couronne de Morgoth en échange de la main de sa fille. Mission ô combien suicidaire dans laquelle Beren n'hésite pas à foncer tête baissée. Finalement fait prisonnier par des Orques, le jeune homme est livré pieds et poings liés à Morgoth lui-même. Alors qu'il croit sa dernière heure arrivée, il réussit à le convaincre de l'embaucher comme serf dans les cuisines plutôt que de le tuer. C'est ainsi qu'il se retrouve au service du prince des Chats, Tevildo. C'est d'ailleurs là que le retrouve Lúthien qui a passé outre l'interdiction de son père et s'est échappé pour retrouver son amour et tenter de le sauver. En se servant de sa magie, elle réussit l'impensable en ensorcelant le maléfique Morgoth et ses sbires afin d'assurer une diversion pendant que Beren vole l'un des joyaux de la couronne. Malheureusement le charme est rompu avant qu'ils puissent disparaître et se font poursuivre par le loup Karkaras qui arrache la main de Beren qui tenait le Silmaril. Ainsi lorsqu'ils rentrent en Doriath, Beren n'a pas totalement accompli sa mission. Mais il promet au roi qu'il ne faillira pas car le joyau n'est pas loin. En effet, depuis qu'il l'a avalé Karkaras ère sans but et ravage le Beleriand. Enragé, c'est un loup aux abois que Beren va affronter. Il en sort victorieux et récupère même le joyau des entrailles de la bête. Seulement, il est également mortellement blessé et malgré la magie de Lúthien, il ne s'en remettra pas. Mais la légende raconte que Lúthien plaida sa cause auprès de Mandos lui-même qui accorda une seconde vie au jeune homme à condition que l'Elfe renonce à son immortalité. Ce qu'elle fit et lui permit de vivre son amour loin du Doriath et d'avoir même un fils avec lui prénommé Dior.  

Beren et Luthien est le vingt-cinquième ouvrage des textes de J.R.R. Tolkien que Christopher Tolkien en tant qu'exécuteur littéraire a édité. Ecrit pour la première fois en 1917 sous le titre de Conte de Tinúviel, il est ensuite publié dans Le Livre des contes perdus. La version en prose du Silmarillion est ce que l'on retrouve de plus complet de l'histoire et qui est reprise en vers dans le Lai de Leithian. Ce poème inachevé de J.R.R. Tolkien est édité à titre posthume dans Les Lais de Beleriand (1985). Au vu de la multitude des écrits sur ce thème, Christopher Tolkien a trouvé l'idée utile de les réunir en un seul livre avec les explications nécessaires pour comprendre toute la genèse de ce conte. En effet, il faut garder en mémoire le contexte dans lequel il s'inscrit. Nous sommes au Premier Âge de la Terre du Milieu. Les Noldor et les Sindar ont affronté Morgoth et ses serviteurs pendant la guerre des Joyaux qui a duré plus de 600 ans. Sans arriver à le vaincre, ils érigent et fortifient des royaumes afin de continuer la lutte. Parmi les alliés, on peut citer le père de Lúthien qui assure la défense depuis les bois ensorcelés de Doriath. C'est là que démarre l'incroyable destin de Beren qui, par fanfaronnade se retrouve à jouer un mauvais tour au maléfique Morgoth. Malgré un contexte riche, c'est un récit qui peut se lire de manière indépendante. On en comprend parfaitement le sens sans tous les détails autour. C'est avant tout une belle romance, métaphore de sa propre histoire avec son épouse. J.R.R. Tolkien a voulu démontrer ce que deux êtres sont capables de faire par amour. Abnégation de soi au profit du bien-être de l'autre. Il y aborde des notions fortes comme le sacrifice, la mort et l'amour. Des sentiments, des émotions qui nous touchent tous. D'autre part, Christopher Tolkien s'est efforcé par cette édition de montrer tout le travail réalisé par son père sur ce texte aussi bien sur le fond que sur la forme. En superposant des extraits de toutes les versions, on suit ainsi l'évolution du récit, ses modifications, son enrichissement. Il y a également un énorme travail sur la linguistique car comme chacun le sait, c'était la spécialité de J.R.R. Tolkien d'où sa volonté d'écrire la même histoire sous la forme de récit et de poème. Il joue avec les mots et travaille beaucoup avec le vieux Norrois, ce qui donne une tonalité tout à fait particulière au récit. On en relève un côté désuet qui nous transporte dans un lieu hors du temps. Cela rend ses histoires encore plus fascinantes à mon sens. C'est l'identité qu'il donne à ses textes. Cette volonté d'éditer ce conte dans un livre à part est une nouvelle manière à Christopher Tolkien de rendre hommage à son père mais aussi à sa mère. 
Comme à l'accoutumée, les éditions Christian Bourgois ont joint à ce bel ouvrage les incontournables illustrations d'Alan Lee. Majestueuses, extraordinaires, elles captent et retransmettent avec une grande précision la quintessence de l'histoire. Les temps forts y sont représentés comme la vision de Beren d'une Lúthien en train de danser dans la forêt, la rencontre de Lúthien avec Tevildo le prince des chats ou encore la fuite des amoureux d'Angband poursuivis par Karkaras. Tantôt sombres, tantôt luminescentes, ces illustrations nous subjuguent autant qu'elles nous ravissent. 

Une nouvelle édition qui nous ouvre à nouveau la porte sur le monde féerique et inimitable crée par J.R.R. Tolkien. Une manière de nous rappeler que l'on en a jamais fini avec cet univers fantasy qui semble si infini. 


Fantasy à la carte

10/12/2017

Laetitia Reynders, Michaël, La Gardienne du Miroir, tome 3

Michaël est le troisième livre qui vient conclure le cycle de La Gardienne du Miroir. Après Louise et Samaël, le moment est venu à Michaël d'occuper le devant de la scène.

Ce tome va être l'occasion pour l'archange de se détacher de l'image de l'être glacial, distant et mystérieux qu'il arbore depuis le début de cette aventure.

La fin du second volume avait laissé la jeune Louise au plus haut point désemparée et perdue. Abandonnée par Samaël qui semble lui avoir préférée le statut de roi des Stryges, à moins que ce ne soit le seul moyen que le prince des ténèbres ait trouvé pour la tenir sauve? Cela, Louise le croit plus volontiers. Car le lien qui la lie à l'ange déchu n'a jamais été aussi fort comme en témoigne l'étendue de sa marque qui s'enroule toujours un peu plus loin sur sa peau, alors que la tatouage de l'archange, lui, demeure identique. Un fait qui suggère que la préférence de Louise va pour Samaël. Les choses ne sont pourtant pas si évidentes puisque Michaël conserve tout de même sa place dans le cœur de la Belle. Justement cela va être le moment pour lui de regagner du terrain. Pris entre sa vocation d'archange et son amour incommensurable pour Louise, ce roman va être le moment de savoir vers lequel de ses devoirs, son cœur va pencher. Michaël s'y dévoile au fur et à mesure. Bien que puissant, Louise a su lui faire retrouver son humanité. Ce qui rend finalement la lecture de cet ultime roman très prenante.  

D'autant qu'une guerre se profile à l'horizon. En effet, Louise ne peut tolérer le sacrifice de Samaël. Elle est bien décidée à le délivrer mais ne peut y arriver seule. C'est pourquoi, elle enrôle dans son armée aussi bien des démons que des anges. 

Mais est-ce que cette stratégie sera suffisante? Difficile à dire surtout lorsqu'on sait qu'un traître se balade dans leurs rangs. 

Alors qui va remporter la victoire? Et y en aura-t-il seulement une? 

Avec ce dernier volet, Laetitia Reynders fait une grande place à la spiritualité. Il y a une vraie réflexion sur la différentiation de ce qui est bien et de ce qui est mal. Chaque choix a une conséquence. Elle met l'accent sur l'importance de le mesurer. A travers ses multiples références bibliques, l'auteure recentre l'intrigue au cœur de ce qui fonde un texte de fantasy, à savoir la lutte perpétuelle entre le Bien et le Mal. 

Avec une plume soignée et envoûtante, Laetitia Reynders sait nous tenir captif de son histoire jusque dans les dernières lignes. Étonnement et frustration sont les maîtres-mots de ce final explosif. 


Fantasy à la carte

29/11/2017

En 2018, Atrebatia vous invite au Bal des vampires

Peut-être pour faire écho aux Halliennales, ou tout simplement pour laisser leur propre empreinte dans les hauts de France, une équipe de passionnés a décidé de créer leur propre festival à Arras. 

Ce festival se nomme Atrebatia, escales imaginaires et cette équipe de passionnés n'est autre que l'association de La Guilde Dòl Hròkr. Cette belle aventure a commencé en 2015 et a su très vite se démarquer. Une réussite qui s'est d'ailleurs vu récompenser par une fréquentation toujours plus importante. 12 000 visiteurs pour l'édition 2017. 

La quatrième édition est prévue pour le weekend du 17 et 18 février 2018. Et le thème annoncé est juste fascinant puisqu'il porte sur Les Royaumes de l'Ombre dont l'invité principal est le vampirologue Jacques Sirgent. Auteur de onze livres, il est également le fondateur du musée des vampires et montres de l'imaginaire. Un lieu mystique qui détient une remarquable bibliothèque de plus de 1500 ouvrages dont certains datent même du XVIIe siècle. On sait déjà que les dents longues seront de sortie. Et quoi de plus fascinant que ces créatures de la nuit. Les dernières adaptations cinématographiques prouvent bien que le vampire plaît toujours autant. Il est à noter qu'Atrebatia se concentrera cette année sur les origines du vampire en s'attardant donc sur l'époque victorienne. Vous l'aurez compris, il sera plutôt question du comte Dracula que d'Edward Cullen. Les tables rondes porteront sur l'esthétisme du vampire et sur l'abondance de l'héritage que ce mythe a transmis. 
Pour faire écho à ce programme, les lieux du déroulement du festival apparaissent comme judicieusement choisis. Riche d'Histoire, Arras cache un passé médiéval notable avec notamment l'épisode au XIVe siècle de la grande vauderie. Ce fut une véritable chasse aux sorcières, procès à l'appui qui condamna à l'aveugle de nombreuses personnes, dont une majorité de femmes. Avec un passé aussi trouble, cette ville historique s'impose d'elle-même comme le lieu idéal pour être le temps d'un weekend l'antre d'un festival alliant culture et imaginaire. Trois lieux distincts ont été sélectionnés pour accueillir exposants et visiteurs. Il y a le Beffroi, lieu initial des escales de l'Imaginaire, puis vient l'Hôtel des Guînes où les enfants seront attendus de pieds fermes pour un programme haut en couleur et la médiathèque de l'Abbaye de Saint-Vaast qui hébergera notamment une belle exposition. Ce sont juste trois adresses au patrimoine marqué. 

Cette année la marraine de l'édition sera l'illustratrice Adeline Martin dont on peut déjà admirer le talent à travers la superbe affiche du festival qui témoigne clairement de son empreinte victorienne.

Bien des auteurs seront invités en 2018 dont les célèbres Michel Robert, Nathalie Dau, Stéphane Platteau, Laetitia Reynders ou encore Bertrand Crapez. Tous sont d'ores et déjà prêts à venir discourir ou simplement discuter autour de ces royaumes de l'ombre à travers leurs romans qui se classent clairement du côté obscur de la force. 

Le petit plus de ce festival est d'impliquer la jeune génération dans l'aventure. Depuis la dernière édition, un pôle jeunesse a été inauguré et des activités destinées aux plus jeunes afin de les initier aux littératures de l'Imaginaire sont proposées. Pour la prochaine édition, les animations se concentreront à l'Hôtel de Guînes autour de Valérie Frances (auteure jeunesse, organisatrice de Trolls & Légendes, elle est une référence pour le genre et une invitée de marque pour Atrebatia). 

Atrebatia, escales imaginaires ouvre la porte du Nord aux littératures de l'Imaginaire. La Guilde Dòl Hròkr voit son investissement payé avec un festival qui joue dans la même cour que Les Imaginales à l'Est ou les rencontres de Brocéliande à l'Ouest. 


Fantasy à la carte

26/11/2017

Laetitia Reynders, Samaël, La Gardienne du Miroir, tome 2

Après un premier roman emballant, j'étais impatiente de me plonger dans la suite de la saga La Gardienne du Miroir de Laetitia Reynders. 

Pour ce second tome, l'auteure l'a consacré à l'un des membres masculins de ce triangle amoureux. Il s'agit ici de Samaël, le fils de Satan aux traits si angéliques qu'il est si difficile à Louise de lui résister. On n'a pas de mal à la comprendre, n'est-ce pas ? C'est donc essentiellement à travers son regard que Laetitia Reynders nous conte la suite. 

Pour rappel l'auteure avait conclu son premier volet de manière très tonitruante. 
En effet, pour sauver sa Belle d'un terrible châtiment, Samaël ne va pas hésiter à contrecarrer les plans des Anges en subtilisant les cœurs de sept membres Oints inscrits sur le rouleau d'Ezéchiel. Une mission qui, il l'espère, fera réagir l'archange Michaël qui reste sourd à ses appels depuis quelques temps. Il est clairement prêt à tout pour Louise, quitte à se faire de nouveaux ennemis et même à s'allier au pire d'entre nous, cet archange qu'il déteste tant...

Quelques lignes qui en disent long sur les péripéties que ce nouvel opus réserve aux lecteurs avides de savoir. On se coule avec fluidité dans ce nouveau roman comme si on avait terminé le premier volume seulement la veille. L'intrigue mise en place par Laetitia Reynders est de belle qualité et nous tient sans mal en haleine. 

Comme c'est Samaël qui y tient une place de choix, on explore avec lui le Pandémonium, la capitale des Enfers. On côtoie tous ces démons dont les noms nous sont familiers, et on porte un autre regard sur ce monde toujours perçu comme effrayant. D'ailleurs même le fils de Satan nous déroute tant il peut faire preuve de compassion et d'amour, notamment à l'égard de Louise. Il n'est pas qu'un simple tueur asservi par ses pulsions meurtrières. A travers ce roman, on arrive à se demander qui sont les méchants des gentils tant les anges nous apparaissent parfois comme tout aussi cruels que les démons. Comme quoi la frontière entre le Bien et le Mal est bien souvent floue et la fin semble bien justifier les moyens quelque soit le camp en présence. 

Tiraillée entre ces deux amours, la pression monte pour Louise qui se voit de plus en plus poussée à devoir faire un choix. Dilemme pour la jeune femme qui ne se voit pas le faire. Alors si elle ne le peut pas, qui le fera à sa place? Samaël? Michael? Au terme de ce second tome, la tension n'a jamais été autant à son comble. 

Du côté des révélations fracassantes, Laetitia Reynders nous y en réserve de belles notamment concernant la vérité sur les origines de la naissance de Louise, et celle-ci est pour le moins incroyable. D'ailleurs en sachant ça, cela pourrait bien changer des choses sur le destin de cette humaine qui n'en ai pas tout à fait une. 

D'ores et déjà, on sait que le dernier roman de la trilogie se tournera vers l'archange Michael. Lui qui est si insaisissable, si froid parfois, que va-t-il nous réserver pour cette dernière ligne droite? Va-t-il réussir sa mission de sauver Louise même contre sa volonté? la ramener dans le droit chemin? Lui faire comprendre et accepter sa destinée? Et surtout se défaire de cette armure dont il pare son cœur et nous dévoiler enfin son autre visage? Des questions qui ne nous laisseront pas longtemps dans l'incertitude avec un tome 3 à portée de mains qui ne demande plus qu'à être lu. 

Fantasy à la carte

19/11/2017

Valentin Frété, Le Sombre Dieu, Les chroniques du Nord, tome 5


Avec la sortie du Sombre Dieu, c'est la fin des aventures de Torfa qui s'annonce. Un final que l'on attend autant avec fébrilité, curiosité que nostalgie. Il est clair que lorsque l'on a bien apprécié un cycle, cela fait mal au cœur de le terminer et pourtant on trépigne de savoir comment l'histoire va se conclure. 

Il est temps de tout savoir, de tout comprendre. A la lecture de ce cinquième tome, on saisit l'utilité de chacun des romans écrit par Valentin Frété. Chaque aventure vécue par Torfa n'avait qu'un seul but, celui de faire de lui le héros qu'il est aujourd'hui. Chaque combat mené a fait de lui un homme fort, implacable et dangereux. C'est ce qui a forgé sa légende et lui a permis de nouer des amitiés qui lui seront nécessaires pour l'ultime combat à venir. Car cela va sans dire que dans Le Sombre Dieu, la guerre sera encore au cœur du récit. Pire encore c'est le Ragnarök qui est annoncé. L'auteur ne pouvait faire autrement que de conclure son cycle sur une note de fin du monde. D'ailleurs, tous ont bien conscience qu'ils n'en reviendront sans doute pas, même le grand Torfa y songe. 

En effet, le Mirslark, la terre natale de Torfa se voit recouvrir d'une ombre menaçante. Il est donc tout naturel pour notre Viking de retourner chez lui afin de libérer son pays de cette nouvelle menace. Gobelins, Orcs, Trolls et autres créatures sorties tout droit des enfers sèment la panique et la mort dans le Mirslark. Ils tracent un sillon sanglant sur leur passage. Bien que Torfa et ses alliés les combattent, ils semblent toujours plus nombreux et plus dangereux. Même les Nains sont défaits et la montagne du Resh'an Mith est tombée. C'est la débandade dans les rangs des alliés et la victoire semble s'éloigner d'eux à grands pas. L'heure n'a jamais été aussi grave et c'est dans un état d'extrême fatigue que Torfa arrive au dernier bastion de liberté: la ville de Thyrra. C'est là que va se jouer le destin de tous même si c'est Torfa qui est le chef d'orchestre de cette dernière partition. En tant que fils du Tonnerre, ce rôle ne pouvait que lui incomber. Mais il ne sera pas seul car même les dieux nordiques se mêleront au combat lorsque le vrai visage de l'ennemi sera dévoilé. 

Des éléments qui promettent des scènes de combats aussi grandioses que celles de la célèbre bataille des cinq armées du Hobbit de J.R.R. Tolkien. Soyez assurés que vous en aurez le souffle coupé. 

Avec cet ultime tome, Valentin Frété a gagné son pari d'écrire une fantasy nordique bluffante et inédite. Il a su habiter son récit d'une étincelle captivante qui tient ses lecteurs en haleine d'un bout à l'autre de la saga. Sous le feu des combats, on est scotché tant les scènes y sont spectaculaires. Les personnages y sont tous plus attachants les uns que les autres. 

En écrivant les dernières lignes de son roman, c'est un véritable appel du pied qu'il nous fait pour une suite à venir que nous attendrons avec tout autant d'impatience. 

Fantasy à la carte

12/11/2017

Les Seigneurs d'Outre-Monde, aller et retour en Comté française

Ces dernières années le cinéma connaît un engouement certain pour la fantasy. L'effet "Seigneur des Anneaux" et "Harry Potter" a fait des émules. 

Seulement le constat que l'on fait est que toutes ces belles productions ne sont pas françaises et pourtant la France ne manque pas de passionnés. Les nombreux festivals francophones peuvent en témoigner d'autant qu'ils voient leurs fréquentations s'envoler toujours un peu plus à la hausse. 

C'est dans la tête d'un passionné du genre que l'idée de réaliser un film français médiéval fantastique a germé. En effet, Rémi Hoffmann s'est fait la même réflexion et s'est lancé le défi de réaliser son propre film. En tant que professionnel de l'audiovisuel, il avait toutes les qualités requises pour réaliser cette prouesse. 

Le premier élément fort de cette production est la crédibilité du scénario. Celui-ci a été coécrit par Rémi Hoffmann et Fenriss. Ils y ont intégré des données propres au genre pour que celui-ci se coule parfaitement dans le moule de ce que l'on trouve sur le marché. 

Emprisonné depuis plusieurs siècles sous un dôme invisible, le terrible Rashalden attend son heure pour revenir se venger des humains qu'il hait par-dessus tout. Du fond de sa prison, il ensorcelle les esprits les plus faibles  et les tient en esclavage sous sa coupe afin que ses suppôts agissent dans l'ombre pour le libérer de sa prison. 
Bien loin de se douter du Mal qui rôde, l'héritier de la couronne du Ringston, le jeune Jarwin de Kalmerit vit insoucieusement sa vie d'adolescent pompeux et privilégié. Il se sent comme invulnérable, protégé par son statut. Mais il ignore encore que sa vie va être chamboulée, que de sombres secrets sur ses origines vont lui être révélés et qu'il est l'élu qui va devoir affronter le terrible Rashalden. Il sera secondé dans sa quête par son fidèle maître d'armes, Thorwald qui lui fera office de père puisque son propre géniteur n'est qu'une vile créature assoiffée de pouvoirs. 
Seulement il ne suffit pas d'un scénario de qualité pour faire un bon film. Une telle production nécessitait une impressionnante mise en scène aussi bien au niveau des décors, des costumes que des manifestations de la magie. Tout cela a un coût, et le budget serré aurait pu être un frein à la réalisation. Pourtant cela n'a pas été le cas, bien au contraire. Les scènes ont été tournées dans 20 lieux différents et ont été judicieusement choisis pour s'adapter au mieux au cadre fantasy. Parmi les plus notables, on peut citer la Normandie, la Picardie ou la Bretagne. La richesse des costumes et les maquillages utilisés ont également joué un rôle majeur pour donner du poids à ce film. Quant à la magie et aux lieux imaginaires, ils ont pu être réalisés grâce à 650 plans truqués. 
Ce qui fait la force des Seigneurs d'Outre-Monde, c'est aussi la musique qui lui donne une ambiance. La prouesse ici a été l'enregistrement de cinq thèmes en orchestrales avec 63 musiques différentes. Ce qui, pour un film amateur, est une belle opportunité. 

Le petit plus est sans conteste la touche d'humour nettement marquée. Porté par le duo explosif formé de Jonathan Durieux (Jarwin) et d'Olivier Grignard (Thorwald), les piques que ces deux-là s'échangent parfois valent leur pesant d'or pour nous faire sourire. De plus, il faut bien garder à l'esprit qu'à part quelques professionnels du milieu théâtral, la majorité de la troupe demeure de simples passionnés. Cela leur vaut une indulgence de la part de spectateurs car ils ont osé et l'ont fait. Pour moi ça reste une belle performance qui mérite un vrai soutien. 

Le plus bluffant dans tout ça, c'est le si petit budget engagé, 50 000 euros, une goutte d'eau au vu de l'ambition projet. Et pourtant tout cela a été possible grâce à la volonté et l'engagement de passionnés. 280 personnes mobilisées sur une durée de 8 ans pour un film de 130 minutes. 

Au final, ce film a bénéficié de quelques projections lors d'événements liés à la communauté Geek comme la Japan Expo ou Trolls & Légendes mais aussi dans des lieux emblématiques à l'image du Dernier Bar avant la Fin du Monde. Il est également possible de se procurer le DVD sur http://lesseigneursdoutremonde.com/ 

Une préquelle a été écrite par Fenriss, La Geste d'Ellowan édité au format numérique par Michel Lafon. Ce qui ouvre des perspectives quant à la réalisation d'autres films venant avant ou après Les Seigneurs d'Outre-Monde. Avec ce premier opus, cette équipe a prouvé leur professionnalisme et leurs talents, avis aux partenaires qui souhaiteraient donc investir pour une suite. 

Fantasy à la carte

02/11/2017

Grégory Da Rosa, Sénéchal, tome 2

Pour la deuxième fois, les blogueuses de Book en Stock réitèrent leur confiance en Fantasy à la carte et scellent un nouveau partenariat. 

Cette fois-ci, c'est Grégory Da Rosa qui est à l'honneur dans le cadre du Mois de, un rendez-vous littéraire mensuel que nous offrent Phooka et Dup.

Jeune écrivain de fantasy française, j'ai eu le plaisir de découvrir son premier tome cet été.

Rappelez-vous, l'auteur avait conclu son récit par un cliffhanger complètement insoutenable. Le roi est mort, tel est le message qui se murmure partout dans Lysimaque jusqu'à revenir aux oreilles de notre célèbre sénéchal. Quelle effroyable rumeur aussi bien pour Méronne que pour Philippe lui-même qui était déjà en fâcheuse posture à la cour. Seulement à bien écouter la mélodie du Tocsin, un doute subsiste dans l'esprit de notre sénéchal. Peut-être n'est-il pas mort mais juste gravement blessé? Abandonné quelque part dans la ville basse, baignant dans son sang, seul, complètement perdu ? Ni une ni deux, n'écoutant que son cœur et laissant de côté ses angoisses personnelles, Philippe Gardeval décide de partir à la recherche de son ami, de son roi. Il se sent pousser des ailes, quitte à se mettre en danger en bravant la foule de la ville, devenue incontrôlable et dangereuse depuis l'annonce de la terrible nouvelle. Mais ce qu'il va trouver au bout du chemin risque bien de le dérouter plus encore et de le mettre davantage à mal.

Devant le succès retentissant de son premier tome, Gregory Da Rosa nous fait l'immense joie de poursuivre les tribulations de son improbable héros. 

Un deuxième volet qui fait monter la pression d'un cran tant la tension entre les personnages est de plus en plus palpable. Les esprits s'échauffent vite. L'armée de Lysander, roi de Castelwing est toujours aux portes de la ville et on sent que l'assaut n'est plus très loin. Ce qui rend les relations entre les détenteurs de pouvoirs plus conflictuelles que jamais. Les désaccords se multiplient rendant la situation aussi intenable à l'intérieur qu'à l'extérieur. Surtout avec des coquins de l’acabit de cet Othon de Ligias, ennemi juré de Philippe Gardeval qui murmure à l'oreille du roi de perfides mensonges à l'encontre de ce dernier dans le seul but de le discréditer toujours un peu plus. 

En quelques pages, l'auteur réussit à donner une ambiance à son récit. Plus les chapitres sont engloutis, plus elle y est sombre, pesante et angoissante. Le poison et le fiel sont clairement à l'oeuvre ici et les têtes commencent déjà à tomber. En fait, cet atmosphère lourde nous colle autant à la peau qu'à son héros. C'est même avec la peur chevillée au corps qu'on tremble pour Philippe, et qui nous pousse à dévorer les chapitres avec urgence pour aller toujours plus loin dans le récit.      

Lorsqu'on lit Sénéchal, on ne peut s'empêcher de penser au populaire Trône de Fer de G.R.R. Martin tant certaines scènes apparaissent comme des clins d’œil à l'auteur américain. Ici Philippe Gardeval apparaît comme le parfait bouc émissaire à l'image de Tyrion Lannister qui fut accusé à tort de l'empoisonnement de son détestable neveu. Les ennemis semblent venir de toutes parts et Philippe ne sait plus à quel saint se vouer. 

Autant le premier tome prenait son temps pour bien poser les décors, autant le second, lui, se recentre sur l'intrigue. Ainsi, les desseins de certains sont dévoilés alors que d'autres, au contraire, sont obscurcis. 

Il y a des livres qui vous marquent tant la plume est addictive. Sénéchal fait partie de ceux-là. C'est un roman dont on ne peut que lui souhaiter de beaux lendemains. 

Fantasy à la carte

22/10/2017

Bertrand Crapez, L'Héritier de l'Atlantide, Chroniques des prophéties oubliées, tome 2

Nominé pour le prix des Halliennales 2017, Bertrand Crapez est un auteur qui s'impose peu à peu dans la paysage littéraire fantasy

Il avait marqué les esprits avec un premier tome audacieux. Le voici qui nous embarque à nouveau dans une folle aventure. 

Ne changeons pas une équipe qui gagne. Pour son second tome, l'auteur redonne la parole à ses grands héros. Vingt ans ont passé depuis la défaite de Galaad, vingt ans de paix et de vie paisible pour le roi de Logres et les Terres de l'Ouest. Seulement comme chacun le sait, les bonnes choses ont toujours une fin. Justement une nouvelle menace se profile à l'horizon. Cette fois-ci, le danger provient d'un puissant efle de la nuit. Longtemps plongé dans un sommeil éternel, Dorne s'est réveillé et avec lui, c'est sa soif de domination qui risque de mettre le monde à feu et à sang. Marionnette du maléfique dieu nordique Loki, rien ne semble pouvoir l'arrêter. Si ce n'est notre célèbre tandem de héros. Ces deux-là s'assignent la mission de retrouver coûte que coûte cet elfe de malheur, quitte à courir après une chimère puisqu'ils ont ouïe dire que ce dernier œuvrait depuis la cité de l'Atlantide. Élucubration ou réalité, ils n'ont pas d'autres choix que de résoudre pas à pas les énigmes qu'ils trouvent sur leur chemin et à déjouer au passage les embûches qui ne manqueront pas de se présenter. 

Après un crochet par les terres du Sud où ils se frotteront aux dieux de l'Egypte antique, Kadfael, Aelyne et Dargo exploreront les terres glacées des Vikings pour débusquer le malin. 

A l'image de la quête du Graal, cette nouvelle épopée apparaît comme une promesse de mille dangers. Les révélations vont se bousculer en pagaille et elles ne seront pas toujours au goût de tous. Mais peut-on réellement échapper à son destin?

Pour L'Héritier de l'Atlantide, Bertrand Crapez revisite la mythologie nordique en intégrant par exemple dieux et déesses à son récit. Ceux-ci deviennent ainsi acteurs de son histoire. Il fait également référence à des lieux ou des héros des célèbres Eddas scandinaves. Il a bien travaillé sa copie et sa réappropriation de ces mythes est efficace.
Tantôt facétieuse, tantôt complice avec son lecteur, la plume de Bertrand Crapez est loin d'être monotone tant elle nous emporte avec facilité au cœur de l'aventure. Dès le préambule qui correspond à un résumé concis et drôle du premier tome, on retrouve avec plaisir le bagou de l'auteur. Il joue avec les mots et truffe son récit de clins d’œil à de célèbres films, livres ou encore à des répliques mémorables. L'atout numéro un de ce cycle de fantasy est la force de ses personnages. Les échanges entre Kadfael et Dargo sont juste savoureux et promettent des scènes hilarantes. Et Bertrand Crapez a donné une touche féminine à son récit en faisant une belle place à la fille de Kadfael et d'Adélice. A mi-chemin entre l'innocente Alice au pays des merveilles et la puissance fée Morgane, la jeune Aelyne a la lourde tâche de maîtriser ses grands pouvoirs. Descendante d'une puissante lignée, la chose ne sera pas aisée. Mais n'ayez crainte, la belle saura trouver sa place et tenir tête même au plus fort ego masculin. 

Une écriture soignée, de solides références, un humour débordant, voilà les points forts de cet auteur qui font qu'on en redemande bien volontiers

Fantasy à la carte

15/10/2017

Margot Aguerre, Brieg, La Dynastie du Royaume de Floss, tome 3

Pour le dernier volet de sa trilogie, Margot Aguerre fait faire à son récit un virage à 180 degrés. Elle chamboule totalement les codes qu'elle a établi dans les deux premiers tomes et crée une vraie surprise aux lecteurs.

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la disparition de Sarina. Les cartes ont même été redistribuées. Le Royaume de Floss, l'Altarine et le Niofran n'existent plus. La magie a disparu. Même les Dieux se font discrets et ne semblent plus s'immiscer dans la vie des hommes. En fait, il n'y a plus qu'un vaste empire tenu d'une main de fer par Milthian. Survivant du terrible affrontement qui opposa les Dieux et Sarina à Veinar, Milthian alias Timoté a vu là, l'occasion pour lui de s'emparer du pouvoir. Despote, il a plongé le monde dans ses heures les plus sombres et l'a modelé à son image. les populations y sont muselées et dociles sous peine d'être assassinées. 

Pour contrer ce nouveau tyran, un groupe de résistants s'est constitué au fur et à mesure des années. Des commandos s'assignent la mission de torpiller le pouvoir de l'empereur en détruisant ses équipements afin de le fragiliser. Ils ont même réussi le tour de force d'infiltrer des espions afin de connaître ses projets machiavéliques. Seulement sans puissance magique, il leur sera difficile de vaincre cet être maléfique. Mais c'est sans compter les descendants du Royaume de Floss et du Niofran. Élevés dans le plus grand secret, eux-mêmes ignorent tout de leur héritage jusque-là. Se mêlant à la résistance, ils devront unir leur force pour mettre un terme à cette nouvelle tyrannie. Seront-ils retrouver le chemin de la magie et enterrer les anciennes animosités pour triompher?

Brieg est un vrai coup de théâtre. Le décor change du tout au tout. On est plus dans une société médiévale teintée de merveilleux. Margot Aguerre a donné une touche steampunk à son nouvel univers. Ici, les héros ne se déplacent pas à cheval mais en véline, des véhicules volants. L'humanité est sous la surveillance de drone espion et l'empereur s'est entouré de machines pour se protéger. Il s'est servi de son génie malsain pour façonner un monde futuriste sous son entière dévotion. En proposant un tel univers, l'auteure renouvelle l'intérêt de ses lecteurs. On ne s'enlise pas dans du déjà vu même si on retrouve certains protagonistes. L'ambiance y est toute autre et même si on sent la fin de l'histoire approcher à grands pas, on ignore comment le dénouement va se passer surtout avec Margot Aguerre aux commandes. Le suspense y est pleinement à son comble. 

La Dynastie du Royaume de Floss est une trilogie de fantasy bien construite. Clairement cette jeune auteure s'est nourrie des plus grands qui lui ont inspiré un cycle original et magnifiquement écrit. On prend plaisir à enchaîner ses romans. C'est une fantasy française qui se défend et mérite donc largement d'être lu par le plus grand nombre.

Fantasy à la carte

08/10/2017

Margot Aguerre, Sarina, La Dynastie du Royaume de Floss, tome 2

Après avoir vaincu Jaliorga, Kahena a rétabli la paix en Altarine et au sein du royaume de Floss. C'est dans ce climat paisible qu'évolue la nouvelle héroïne de Margot Aguerre, Sarina, la fille de Kahena et Robin. 

Sarina est une jeune adolescente sans histoires qui a toujours été surprotégée par ses parents au point de lui avoir caché une partie de son héritage magique. En effet, il faut garder à l'esprit qu'elle est issue de deux lignées et porte donc en elle le sang de son terrible grand-père. Par crainte des réactions des autres, Kahena a choisi de briguer les pouvoirs de sa fille pour cacher à tout le monde qu'elle détient le pouvoir de feu et ainsi n'effrayer personne. 

Seulement Sarina n'est plus une petite fille. Elle présente déjà les mêmes dispositions que son père, notamment en ce qui concerne les dragons. Or tout bascule le jour où elle réussit le tour de force de créer magiquement l'un de ses magnifiques êtres ailés. Robin et Kahena se sentent contraints d'inventer un mensonge pour dissimuler les capacités de leur fille. Après cela les choses vont aller de mal en pis. Le paroxysme est atteint lorsque Sarina disparaît, enlevée par des inconnus dont le but réel restera longtemps dans le flou. 

Fous de douleur, Kahena et Robin vont retourner tout le royaume pour récupérer leur fille unique. Mais bien des mois vont passer avant de retrouver sa trace. Délaissant le pouvoir au profit de recherches acharnées, certains opportunistes voient là leur chance de renverser la reine. Comme on dit le malheur des uns fait le bonheur des autres. 

Alors que les comploteurs s'agitent dans l'ombre du pouvoir, un danger bien plus grand menace le monde de Kahena. Car si sa fille a été enlevée, ce n'est pas pour rien. C'est une machination orchestrée par les cousins et la sœur de Jaliorga, les héritiers de la couronne du Niofran. Adorateurs du dieu du chaos, Veinar, ils ont le plan machiavélique de libérer ce dieu déchu afin qu'il revienne régner sur terre. Pour y parvenir ils ont besoin de la descendance de Jaliorga et espérait manipuler sans mal la jeune Sarina.

Levant le voile sur l'étendu des pouvoirs de la jeune magicienne, cette dernière va vite maîtriser sa puissance et démasquer ses ravisseurs. Alors lorsque ses parents la retrouvent enfin, elle ne faillit pas et retourne dans le camps du Bien. 

Cependant pas le temps de se réjouir à la cour car au vu des funestes projets du Niofran, une nouvelle guerre semble inévitable. Il est temps pour le royaume de Floss de rappeler les alliés de jadis et d'en trouver des nouveaux car si Veinar devait se réincarner, ce serait la fin de toute vie. 

Avec ce second volet, Margot Aguerre donne de la maturité à sa plume. Au premier tome, on avait été émerveillé de découvrir cette auteure si prometteuse, le second tome, lui, ne fait que confirmer ses qualités. 

Même si les ingrédients sont les mêmes, à savoir un méchant à combattre, la manière de mener son récit est différente et sa finalité, surprenante. Margot Aguerre a su se renouveler pour cette nouvelle histoire, ce qui n'est pas chose aisée surtout dans un genre très en vogue depuis Le Seigneur des Anneaux

Déjà elle s'attarde sur ses personnages et notamment sur son héroïne Sarina. Plus explosive que Kahena, elle manie deux magies qui font d'elle un personnage ambigu. On se demande parfois si cette princesse guerrière ne va pas tomber du côté obscur de la force. Plus les héros sont ambivalents, plus ils sont intéressants à suivre. Cela rend la lecture encore plus inattendue. 

Pour son roman, Margot Aguerre se réserve le loisir de donner une fin que certains qualifieront de frustrante, alors que d'autres, au contraire, s'en réjouiront. Une conclusion à son récit qui laisse sans voix, cela je vous le garantie.

Avec La Dynastie du Royaume de Floss, la magie prend et le destin exceptionnel de ses héros nous prend tout simplement aux tripes. 

Fantasy à la carte

01/10/2017

Quand Arras se met aux couleurs du Mois de l'Imaginaire...

On vous l'a déjà dit mais le mois d'octobre sera riche en actualités et en émotions du côté des littératures de l'Imaginaire. Les animations ne vont pas manquer de faire vibrer toute la France, et nous avec.

La ville d'Arras ne va d'ailleurs pas échapper au phénomène. Bien connu pour son magnifique festival Atrebatia, escales imaginaires, c'est un lieu rêvé pour accueillir les acteurs et les participants de l'événement. 

Contactée par les organisateurs du Mois de l'Imaginaire, La Guilde Dòl Hròkr s'est laissée sans mal convaincre  du bien fondé de leur implication. Au vu du rayonnement de leur festival, il était naturel qu'Arras s'habille, dès octobre, aux couleurs des littératures de l'Imaginaire. 

Les festivités seront lancées le 14 octobre à travers une rencontre autour de la sortie de Beren et Luthien de J.R.R. Tolkien, animée par la prestigieuse association Tolkiendil à la Grande Librairie d'Arras. En tant que fondateur de la fantasy moderne, le choix d'une telle animation est un symbole fort pour les amateurs du genre et les universitaires. Il ne nous en faut donc pas plus pour percevoir l'enjeu capital de ce nouveau rendez-vous. 

Le 27 octobre, les enfants seront à la noce avec des animations qui leur seront consacrées autour du thème de la quête de la rose immortelle. Invités à participer à une randonnée au mont Saint Eloi, ils verront leur parcours ponctué de surprises et d'énigmes à résoudre pour obtenir les précieuses pétales de roses. Le but final est de reconstituer "la belle d'Artois" (la rose du mont Saint Eloi). C'est d'ailleurs la Guilde Dòl Hròkr qui se chargera d'animer les rues sous forme de tableaux vivants. Une belle initiative qui est un beau prétexte pour lancer un concours de nouvelles autour de ce même thème de "la belle d'Artois" présidé par l'auteur Bertrand Crapez. Une belle manière d'inciter la jeune génération à lire et à écrire.

Le 28 octobre, un certain nombre d'auteurs seront invités à venir dédicacer leurs œuvres à la librairie Au pied de la lettre de 10h à 18h. En attendant la liste exhaustive, on sait déjà que Bertrand Crapez (L'Héritier du Roi Arthur), Sigrid Lucas et Hieronymus Donnovan seront de la partie. Clairement ce sera une belle occasion de retrouver ou de découvrir leur univers. Je ne peux pas parler des deux autres auteurs que je ne connais pas encore mais une chose est certaine, je ne peux que vivement vous conseiller de vous ruer sur les romans de Bertrand Crapez. Il faut dire que Fantasy à la carte s'était bien délecté à la lecture de son premier tome portant sur les légendes arthuriennes. 

Faisant écho à cette belle programmation, d'autres manifestations nordistes se joignent à l'événement pour laisser, à leur tour, leur empreinte sur ce festival d'un autre genre. Ainsi, les 21 et 22 octobre Villeneuve d'Ascq accueillera la fête de Zoé, fête de la sorcière; Aix Noulette fera de même avec sa propre fête de la sorcière le 28 octobre; et le Valjoly'maginaire se déroulera les 28 et 29 octobre à Eppe-Sauvage.

Avec un tel programme, le Nord va être une destination incontournable de ce mois d'octobre très particulier. 


Fantasy à la carte

10/09/2017

Chloé Chevalier, Mers brumeuses, Récits du Demi-Loup, tome 3

C'est dans le cadre du Mois de L'Imaginaire que je vais vous faire découvrir le troisième volet des Récits du Demi-Loup de Chloé Chevalier. Comme quinze autres de leurs confrères, Les Moutons électriques mettent à l'honneur certains de leurs poulains par l'intermédiaire de partenariats. C'est le cas de Chloé Chevalier qui voit ses romans être l'affiche tout un mois. Cette belle initiative s'est faite par l'intermédiaire du blog Book en Stock qui joue l'interlocuteur entre la maison d'édition, l'auteure et les blogs partenaires. C'est ainsi que Fantasy à la carte s'est vu confié l'honneur de partager son avis sur son dernier roman.


Dans le royaume du Demi-Loup, les vieilles rancœurs se rallument. La déchirure entre Véridienne et Les Eponas n'a jamais été aussi béante. Le prince Aldemor et sa complice Cathelle ont bien œuvré pour mettre le feu au poudre. Leur lente machination se met en place et les dégâts s'annoncent d'ores et déjà terribles.

En attisant l’ego démesuré des deux reines, ils ont réussi à les mener au bord de la guerre. Or, il n'y a pas plus dangereux que deux personnes inconséquentes à la tête de deux puissantes armées. Dans Les Terres de l'Est, on a vu, peu à peu, l'armée de chacune d'elle grossir. On a donc aucun mal à imaginer les dégâts qu'elles feraient sur le royaume si elles devaient s'affronter. Aldemor et Cathelle en ont l'intime conviction. D'ailleurs, pour eux c'est un mal nécessaire à la survie du royaume. Pour Aldemor, il faut faire table rase pour mieux répartir à zéro. 

Bien entendu, il a bien conscience que même s'il reprenait le pouvoir sur le Demi-Loup, il ne pourrait reconstruire seul, surtout sur des ruines. C'est pour cela qu'il souhaite s'associer à l'Empire. Il pense trouver là, la solution pour sauver son royaume. Suicidaire, un tantinet aliéné, il est prêt à tout pour réussir son entreprise, y compris à se jeter dans la gueule du loup en pénétrant seul et désarmé au cœur de l'Empire. Ses vieux ennemis l'y attendent et l'espoir escompté pourrait échouer. 

Qu'importe la machine est lancée et plus personne ne pourra l'arrêter...


01/09/2017

Le Mois de l'Imaginaire, le nouveau rendez-vous des passionnés de l'Imaginaire

Le 23 mars dernier, seize éditeurs s'unissent dans le cadre du manifeste de défense des littératures de l'Imaginaire pour promouvoir la science-fiction, la fantasy et le fantastique.

Coup de gueule ou coup de pub, ils sont tous d'accord pour reconnaître que le genre est encore trop souvent méprisé par beaucoup de gens qui restent sur leurs a priori. 

Annoncée officiellement aux Imaginales, cette fête se déroulera chaque année au mois d'octobre. Tous les professionnels du genre: éditeurs, libraires, auteurs, blogueurs se mobilisent pour mettre l'ensemble de ces littératures à l'honneur. Pour l'occasion, de nombreuses actions seront mises en place comme des rencontres et des dédicaces en librairies, des jeux-concours, des parutions exceptionnelles, des partenariats entre blogueurs et éditeurs...ect...


29/08/2017

Chloé Chevalier, Les Terres de l'Est, Récits du Demi-Loup, tome 2

Les Terres de l'Est font suite aux aventures des héros de Chloé Chevalier.

Souvenez-vous, on les avait laissés en délicates positions. A force de dissensions et de désaccords, le noyau dure que formait la cour de Véridienne a fini par céder et les protagonistes, à se séparer.

Deux années se sont écoulées depuis les derniers événements survenus à Véridienne, et dans le royaume du Demi-Loup en général. Rien n'y est plus pareil comme on pouvait si attendre. Les héros se sont séparés dans des conditions, pour le moins, dramatiques. Calvina est retournée aux Eponas avec sa suivante Luftilde. Aldemor a été chassé par son père pour un désaccord et une mésentente latente. Humiliée, Cathelle s'est même enfuie avec ce dernier. Seule Malvane est restée à la cour avec Nerses qui demeure sa seule suivante. 

C'est donc à ce moment crucial de l'histoire que Chloé Chevalier a décidé de reprendre la plume pour nous partager les dernières informations. Comme à son habitude le récit se construit de la même manière sous la forme de correspondances épistolaires. Mais alors que le premier roman posait les décors et les bases de l'intrigue, le second tome, lui, entre plus profondément dans le vif du sujet. Il multiplie les révélations fracassantes. Et on comprend mieux d'où viennent les relations conflictuelles entre le Demi-Loup et l'Empire grâce aux révélations d'Aldemor.

Le royaume est menacé. La perfidie de l'Empire qui rend sournoisement la pareille au Demi-Loup n'arrange pas les luttes intestines. La Preste Mort touche de plus en plus de contrées. La peur se propage aussi vite que la maladie. Et avec elle, les problèmes s'accumulent. En temps de paix sur les terres du royaume, le gouvernement laxiste d'Aldemar pouvait fonctionner mais maintenant que la mort rôde, un chef à poigne est indispensable. Le retour d'Aldemor aurait pu être l'occasion au roi de passer la main et d'arranger la situation. Seulement de profonds désaccords entre père et fils vont enterrer le Demi-Loup. 

C'est dans cet état d'esprit de vengeance que l'on retrouve Aldemor. Il veut reprendre le royaume et le sauver. Il a cette folle idée avec Cathelle d'aller chercher le remède au cœur même de l'ennemi. C'est ainsi que tous deux échafaudent un plan aussi fou que machiavélique pour répondre à leur désir de revanche. D'ailleurs, ils n'auront pas besoin de pousser très loin face à l'incompétence ou à la crédulité des deux princesses qui, en très peu de temps, ont dû abandonner la futilité de leur vie à la gestion très sérieuse de deux royaumes. On imagine sans mal la catastrophe vers laquelle s'engagent le Demi-Loup et les Eponas. 

Entre manipulation et machination, ce volet de l'histoire promet de sacrés rebondissements. Chloé Chevalier essaime ici ou là quelques belles révélations aussi bien sur certains de ses personnages que sur l'histoire propre. Un roman qui nous fait entrevoir les pions qu'elle a placé depuis le tout début du récit et qui nous ouvre les yeux sur la finalité vers laquelle elle veut nous mener. 

Avec Les Terres de l'Est, on sort des frontières. On découvre les us et coutumes d'autres lieux. On se laisse charmer par l'exotisme de l'inconnu. C'est essentiellement à travers les souvenirs du prince héritier que cela est possible. Une manière pour l'auteure de donner de nouvelles perspectives à son univers. 

Un tome qui confirme la fantasy envoûtante dont nous enivre Chloé Chevalier depuis sa toute première ligne. 


Fantasy à la carte

23/08/2017

Fabien Cerutti, Le Marteau des Sorcières, Le Bâtard de Kosigan, tome 3

Mnemos fait une rentrée littéraire retentissante avec le très attendu troisième volet du Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti. 

Ils m'ont fait l'honneur de découvrir ce nouveau roman en avant première et je les remercie de leur confiance.

Pour ce tome, c'est un changement de décor que nous offre Fabien Cerutti. Pierre Cordwain de Kosigan a plié momentanément bagage pour se rendre dans le Saint-Empire et offrir les services de sa compagnie à Dagmar von Hohenstauffen. Là-bas, il est chargé par ce dernier de débusquer le ou les espions dans l'entourage du duc de Cologne qui renseignent les sorcières du Mondkreises (littéralement Cénacle lunaire). 

L'affaire s'annonce épineuse car l'Inquisition est omniprésente dans l'empire germanique. Pire encore, Juan Ginès de Las Casas, qui n'est autre que le cardinal du Saint Office de l'Inquisition, œuvre dans les parages de l'Herzog (duc) et risque de mettre à mal sa mission. D'autant que notre bâtard, qui est déjà passé entre les mains de ces fanatiques religieux, n'a pas la moindre envie de retenter l'expérience. Alors avec Las Casas dans les parages qui semble flairer le sang noir qui coule dans ses veines, Pierre risque gros dans cette histoire. 

Mais comme à son habitude, si Pierre Cordwain est là, ce n'est pas le fruit du hasard, ni par générosité. Chacune de ses interventions sont finement calculées: chez lui, l'intérêt personnel prime toujours sur le reste. Or, justement, s'il est parti en Westphalie, c'est surtout pour en apprendre plus sur ses origines et plus particulièrement sur sa mère dont lui revient des souvenirs par bribes et de manière encore trop confuse. Il est temps de comprendre d'où il vient et d'où il tire ses pouvoirs sur la source. Le seul moyen pour lui est de rentrer en contact avec les fameuses sorcières du Cénacle lunaire. Ainsi, allier intérêt personnel et financier tombe à pic pour notre habile héros. Bien entendu, sur le papier l'idée était bonne, maintenant la question est de savoir si dans les faits, cela ne va pas lui revenir comme un boomerang. Encore une fois, Pierre Cordwain va jouer un jeu très dangereux. 

En pleine chasse aux sorcières, Fabien Cerutti nous plonge dans une période fortement troublée où les meurtres de masse étaient légions. Tortures, exactions, assassinats sont donc de mise dans ce nouveau récit. A travers les yeux de son héros, on revit un pan de l'Histoire effrayant. Il est vrai que l'Inquisition a été très présente en territoire germanique. Seulement, l'auteur s'amuse beaucoup avec les dates des événements. Puisque selon les sources officielles, c'est au XVe siècle que le pape Innocent VIII décide de donner les pleins pouvoirs à deux inquisiteurs de Cologne leur permettant, si les sorcières survivent à la torture, de les faire périr par noyade lors du "Jugement de Dieu" ou par immolation sur le bûcher. C'est d'ailleurs de la main de ces deux dominicains que le traité de démonologie Malleus maleficarum voit le jour, traduit par "le Marteau des sorcières", titre judicieusement choisi par notre auteur. Joli clin d’œil qui rend ses lecteurs complices en leur partageant le secret le mieux gardé de l'Histoire. Car derrière les faits historiques tels qu'on les connait se cache une autre histoire si l'on en croit le journal de Pierre Cordwain. Plus ésotérique, plus mystérieuse, plus spectaculaire, la version que nous livre ici Fabien Cerutti n'en est donc que plus électrisante. Agrégé d'histoire et au vu de la grande fluidité de ses récits, on n'a aucun mal à imaginer la passion que ce professeur doit mettre dans la transmission de ses cours. Avec sa plume de grande qualité, Fabien Cerutti est un auteur qui fait aimer l'Histoire. 

Parfois, lorsqu'un cycle perdure sur plusieurs romans, il a tendance à s'essouffler. Avec Le Bâtard de Kosigan, il n'en est rien. C'est même l'inverse puisqu'on est de plus en plus séduit par ce héros, de plus en plus accroché à ses mystères. Je reste fascinée par sa gouaille et ses machinations. Devant tant d'imprévisibilité, on ne peut être que captivé.

Les derniers chapitres font même monter crescendo la tension avec un suspense qui est de plus en plus intense.

Un final qui apparaît comme une promesse d'une suite encore plus explosive.

Fantasy à la carte