L'influence du "gaming" à la littérature

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19/11/2017

Valentin Frété, Le Sombre Dieu, Les chroniques du Nord, tome 5


Avec la sortie du Sombre Dieu, c'est la fin des aventures de Torfa qui s'annonce. Un final que l'on attend autant avec fébrilité, curiosité que nostalgie. Il est clair que lorsque l'on a bien apprécié un cycle, cela fait mal au cœur de le terminer et pourtant on trépigne de savoir comment l'histoire va se conclure. 

Il est temps de tout savoir, de tout comprendre. A la lecture de ce cinquième tome, on saisit l'utilité de chacun des romans écrit par Valentin Frété. Chaque aventure vécue par Torfa n'avait qu'un seul but, celui de faire de lui le héros qu'il est aujourd'hui. Chaque combat mené a fait de lui un homme fort, implacable et dangereux. C'est ce qui a forgé sa légende et lui a permis de nouer des amitiés qui lui seront nécessaires pour l'ultime combat à venir. Car cela va sans dire que dans Le Sombre Dieu, la guerre sera encore au cœur du récit. Pire encore c'est le Ragnarök qui est annoncé. L'auteur ne pouvait faire autrement que de conclure son cycle sur une note de fin du monde. D'ailleurs, tous ont bien conscience qu'ils n'en reviendront sans doute pas, même le grand Torfa y songe. 

En effet, le Mirslark, la terre natale de Torfa se voit recouvrir d'une ombre menaçante. Il est donc tout naturel pour notre Viking de retourner chez lui afin de libérer son pays de cette nouvelle menace. Gobelins, Orcs, Trolls et autres créatures sorties tout droit des enfers sèment la panique et la mort dans le Mirslark. Ils tracent un sillon sanglant sur leur passage. Bien que Torfa et ses alliés les combattent, ils semblent toujours plus nombreux et plus dangereux. Même les Nains sont défaits et la montagne du Resh'an Mith est tombée. C'est la débandade dans les rangs des alliés et la victoire semble s'éloigner d'eux à grands pas. L'heure n'a jamais été aussi grave et c'est dans un état d'extrême fatigue que Torfa arrive au dernier bastion de liberté: la ville de Thyrra. C'est là que va se jouer le destin de tous même si c'est Torfa qui est le chef d'orchestre de cette dernière partition. En tant que fils du Tonnerre, ce rôle ne pouvait que lui incomber. Mais il ne sera pas seul car même les dieux nordiques se mêleront au combat lorsque le vrai visage de l'ennemi sera dévoilé. 

Des éléments qui promettent des scènes de combats aussi grandioses que celles de la célèbre bataille des cinq armées du Hobbit de J.R.R. Tolkien. Soyez assurés que vous en aurez le souffle coupé. 

Avec cet ultime tome, Valentin Frété a gagné son pari d'écrire une fantasy nordique bluffante et inédite. Il a su habiter son récit d'une étincelle captivante qui tient ses lecteurs en haleine d'un bout à l'autre de la saga. Sous le feu des combats, on est scotché tant les scènes y sont spectaculaires. Les personnages y sont tous plus attachants les uns que les autres. 

En écrivant les dernières lignes de son roman, c'est un véritable appel du pied qu'il nous fait pour une suite à venir que nous attendrons avec tout autant d'impatience. 

Fantasy à la carte

12/11/2017

Les Seigneurs d'Outre-Monde, aller et retour en Comté française

Ces dernières années le cinéma connaît un engouement certain pour la fantasy. L'effet "Seigneur des Anneaux" et "Harry Potter" a fait des émules. 

Seulement le constat que l'on fait est que toutes ces belles productions ne sont pas françaises et pourtant la France ne manque pas de passionnés. Les nombreux festivals francophones peuvent en témoigner d'autant qu'ils voient leurs fréquentations s'envoler toujours un peu plus à la hausse. 

C'est dans la tête d'un passionné du genre que l'idée de réaliser un film français médiéval fantastique a germé. En effet, Rémi Hoffmann s'est fait la même réflexion et s'est lancé le défi de réaliser son propre film. En tant que professionnel de l'audiovisuel, il avait toutes les qualités requises pour réaliser cette prouesse. 

Le premier élément fort de cette production est la crédibilité du scénario. Celui-ci a été coécrit par Rémi Hoffmann et Fenriss. Ils y ont intégré des données propres au genre pour que celui-ci se coule parfaitement dans le moule de ce que l'on trouve sur le marché. 

Emprisonné depuis plusieurs siècles sous un dôme invisible, le terrible Rashalden attend son heure pour revenir se venger des humains qu'il hait par-dessus tout. Du fond de sa prison, il ensorcelle les esprits les plus faibles  et les tient en esclavage sous sa coupe afin que ses suppôts agissent dans l'ombre pour le libérer de sa prison. 
Bien loin de se douter du Mal qui rôde, l'héritier de la couronne du Ringston, le jeune Jarwin de Kalmerit vit insoucieusement sa vie d'adolescent pompeux et privilégié. Il se sent comme invulnérable, protégé par son statut. Mais il ignore encore que sa vie va être chamboulée, que de sombres secrets sur ses origines vont lui être révélés et qu'il est l'élu qui va devoir affronter le terrible Rashalden. Il sera secondé dans sa quête par son fidèle maître d'armes, Thorwald qui lui fera office de père puisque son propre géniteur n'est qu'une vile créature assoiffée de pouvoirs. 
Seulement il ne suffit pas d'un scénario de qualité pour faire un bon film. Une telle production nécessitait une impressionnante mise en scène aussi bien au niveau des décors, des costumes que des manifestations de la magie. Tout cela a un coût, et le budget serré aurait pu être un frein à la réalisation. Pourtant cela n'a pas été le cas, bien au contraire. Les scènes ont été tournées dans 20 lieux différents et ont été judicieusement choisis pour s'adapter au mieux au cadre fantasy. Parmi les plus notables, on peut citer la Normandie, la Picardie ou la Bretagne. La richesse des costumes et les maquillages utilisés ont également joué un rôle majeur pour donner du poids à ce film. Quant à la magie et aux lieux imaginaires, ils ont pu être réalisés grâce à 650 plans truqués. 
Ce qui fait la force des Seigneurs d'Outre-Monde, c'est aussi la musique qui lui donne une ambiance. La prouesse ici a été l'enregistrement de cinq thèmes en orchestrales avec 63 musiques différentes. Ce qui, pour un film amateur, est une belle opportunité. 

Le petit plus est sans conteste la touche d'humour nettement marquée. Porté par le duo explosif formé de Jonathan Durieux (Jarwin) et d'Olivier Grignard (Thorwald), les piques que ces deux-là s'échangent parfois valent leur pesant d'or pour nous faire sourire. De plus, il faut bien garder à l'esprit qu'à part quelques professionnels du milieu théâtral, la majorité de la troupe demeure de simples passionnés. Cela leur vaut une indulgence de la part de spectateurs car ils ont osé et l'ont fait. Pour moi ça reste une belle performance qui mérite un vrai soutien. 

Le plus bluffant dans tout ça, c'est le si petit budget engagé, 50 000 euros, une goutte d'eau au vu de l'ambition projet. Et pourtant tout cela a été possible grâce à la volonté et l'engagement de passionnés. 280 personnes mobilisées sur une durée de 8 ans pour un film de 130 minutes. 

Au final, ce film a bénéficié de quelques projections lors d'événements liés à la communauté Geek comme la Japan Expo ou Trolls & Légendes mais aussi dans des lieux emblématiques à l'image du Dernier Bar avant la Fin du Monde. Il est également possible de se procurer le DVD sur http://lesseigneursdoutremonde.com/ 

Une préquelle a été écrite par Fenriss, La Geste d'Ellowan édité au format numérique par Michel Lafon. Ce qui ouvre des perspectives quant à la réalisation d'autres films venant avant ou après Les Seigneurs d'Outre-Monde. Avec ce premier opus, cette équipe a prouvé leur professionnalisme et leurs talents, avis aux partenaires qui souhaiteraient donc investir pour une suite. 

Fantasy à la carte

02/11/2017

Grégory Da Rosa, Sénéchal, tome 2

Pour la deuxième fois, les blogueuses de Book en Stock réitèrent leur confiance en Fantasy à la carte et scellent un nouveau partenariat. 

Cette fois-ci, c'est Grégory Da Rosa qui est à l'honneur dans le cadre du Mois de, un rendez-vous littéraire mensuel que nous offrent Phooka et Dup.

Jeune écrivain de fantasy française, j'ai eu le plaisir de découvrir son premier tome cet été.

Rappelez-vous, l'auteur avait conclu son récit par un cliffhanger complètement insoutenable. Le roi est mort, tel est le message qui se murmure partout dans Lysimaque jusqu'à revenir aux oreilles de notre célèbre sénéchal. Quelle effroyable rumeur aussi bien pour Méronne que pour Philippe lui-même qui était déjà en fâcheuse posture à la cour. Seulement à bien écouter la mélodie du Tocsin, un doute subsiste dans l'esprit de notre sénéchal. Peut-être n'est-il pas mort mais juste gravement blessé? Abandonné quelque part dans la ville basse, baignant dans son sang, seul, complètement perdu ? Ni une ni deux, n'écoutant que son cœur et laissant de côté ses angoisses personnelles, Philippe Gardeval décide de partir à la recherche de son ami, de son roi. Il se sent pousser des ailes, quitte à se mettre en danger en bravant la foule de la ville, devenue incontrôlable et dangereuse depuis l'annonce de la terrible nouvelle. Mais ce qu'il va trouver au bout du chemin risque bien de le dérouter plus encore et de le mettre davantage à mal.

Devant le succès retentissant de son premier tome, Gregory Da Rosa nous fait l'immense joie de poursuivre les tribulations de son improbable héros. 

Un deuxième volet qui fait monter la pression d'un cran tant la tension entre les personnages est de plus en plus palpable. Les esprits s'échauffent vite. L'armée de Lysander, roi de Castelwing est toujours aux portes de la ville et on sent que l'assaut n'est plus très loin. Ce qui rend les relations entre les détenteurs de pouvoirs plus conflictuelles que jamais. Les désaccords se multiplient rendant la situation aussi intenable à l'intérieur qu'à l'extérieur. Surtout avec des coquins de l’acabit de cet Othon de Ligias, ennemi juré de Philippe Gardeval qui murmure à l'oreille du roi de perfides mensonges à l'encontre de ce dernier dans le seul but de le discréditer toujours un peu plus. 

En quelques pages, l'auteur réussit à donner une ambiance à son récit. Plus les chapitres sont engloutis, plus elle y est sombre, pesante et angoissante. Le poison et le fiel sont clairement à l'oeuvre ici et les têtes commencent déjà à tomber. En fait, cet atmosphère lourde nous colle autant à la peau qu'à son héros. C'est même avec la peur chevillée au corps qu'on tremble pour Philippe, et qui nous pousse à dévorer les chapitres avec urgence pour aller toujours plus loin dans le récit.      

Lorsqu'on lit Sénéchal, on ne peut s'empêcher de penser au populaire Trône de Fer de G.R.R. Martin tant certaines scènes apparaissent comme des clins d’œil à l'auteur américain. Ici Philippe Gardeval apparaît comme le parfait bouc émissaire à l'image de Tyrion Lannister qui fut accusé à tort de l'empoisonnement de son détestable neveu. Les ennemis semblent venir de toutes parts et Philippe ne sait plus à quel saint se vouer. 

Autant le premier tome prenait son temps pour bien poser les décors, autant le second, lui, se recentre sur l'intrigue. Ainsi, les desseins de certains sont dévoilés alors que d'autres, au contraire, sont obscurcis. 

Il y a des livres qui vous marquent tant la plume est addictive. Sénéchal fait partie de ceux-là. C'est un roman dont on ne peut que lui souhaiter de beaux lendemains. 

Fantasy à la carte

22/10/2017

Bertrand Crapez, L'Héritier de l'Atlantide, Chroniques des prophéties oubliées, tome 2

Nominé pour le prix des Halliennales 2017, Bertrand Crapez est un auteur qui s'impose peu à peu dans la paysage littéraire fantasy

Il avait marqué les esprits avec un premier tome audacieux. Le voici qui nous embarque à nouveau dans une folle aventure. 

Ne changeons pas une équipe qui gagne. Pour son second tome, l'auteur redonne la parole à ses grands héros. Vingt ans ont passé depuis la défaite de Galaad, vingt ans de paix et de vie paisible pour le roi de Logres et les Terres de l'Ouest. Seulement comme chacun le sait, les bonnes choses ont toujours une fin. Justement une nouvelle menace se profile à l'horizon. Cette fois-ci, le danger provient d'un puissant efle de la nuit. Longtemps plongé dans un sommeil éternel, Dorne s'est réveillé et avec lui, c'est sa soif de domination qui risque de mettre le monde à feu et à sang. Marionnette du maléfique dieu nordique Loki, rien ne semble pouvoir l'arrêter. Si ce n'est notre célèbre tandem de héros. Ces deux-là s'assignent la mission de retrouver coûte que coûte cet elfe de malheur, quitte à courir après une chimère puisqu'ils ont ouïe dire que ce dernier œuvrait depuis la cité de l'Atlantide. Élucubration ou réalité, ils n'ont pas d'autres choix que de résoudre pas à pas les énigmes qu'ils trouvent sur leur chemin et à déjouer au passage les embûches qui ne manqueront pas de se présenter. 

Après un crochet par les terres du Sud où ils se frotteront aux dieux de l'Egypte antique, Kadfael, Aelyne et Dargo exploreront les terres glacées des Vikings pour débusquer le malin. 

A l'image de la quête du Graal, cette nouvelle épopée apparaît comme une promesse de mille dangers. Les révélations vont se bousculer en pagaille et elles ne seront pas toujours au goût de tous. Mais peut-on réellement échapper à son destin?

Pour L'Héritier de l'Atlantide, Bertrand Crapez revisite la mythologie nordique en intégrant par exemple dieux et déesses à son récit. Ceux-ci deviennent ainsi acteurs de son histoire. Il fait également référence à des lieux ou des héros des célèbres Eddas scandinaves. Il a bien travaillé sa copie et sa réappropriation de ces mythes est efficace.
Tantôt facétieuse, tantôt complice avec son lecteur, la plume de Bertrand Crapez est loin d'être monotone tant elle nous emporte avec facilité au cœur de l'aventure. Dès le préambule qui correspond à un résumé concis et drôle du premier tome, on retrouve avec plaisir le bagou de l'auteur. Il joue avec les mots et truffe son récit de clins d’œil à de célèbres films, livres ou encore à des répliques mémorables. L'atout numéro un de ce cycle de fantasy est la force de ses personnages. Les échanges entre Kadfael et Dargo sont juste savoureux et promettent des scènes hilarantes. Et Bertrand Crapez a donné une touche féminine à son récit en faisant une belle place à la fille de Kadfael et d'Adélice. A mi-chemin entre l'innocente Alice au pays des merveilles et la puissance fée Morgane, la jeune Aelyne a la lourde tâche de maîtriser ses grands pouvoirs. Descendante d'une puissante lignée, la chose ne sera pas aisée. Mais n'ayez crainte, la belle saura trouver sa place et tenir tête même au plus fort ego masculin. 

Une écriture soignée, de solides références, un humour débordant, voilà les points forts de cet auteur qui font qu'on en redemande bien volontiers

Fantasy à la carte

15/10/2017

Margot Aguerre, Brieg, La Dynastie du Royaume de Floss, tome 3

Pour le dernier volet de sa trilogie, Margot Aguerre fait faire à son récit un virage à 180 degrés. Elle chamboule totalement les codes qu'elle a établi dans les deux premiers tomes et crée une vraie surprise aux lecteurs.

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la disparition de Sarina. Les cartes ont même été redistribuées. Le Royaume de Floss, l'Altarine et le Niofran n'existent plus. La magie a disparu. Même les Dieux se font discrets et ne semblent plus s'immiscer dans la vie des hommes. En fait, il n'y a plus qu'un vaste empire tenu d'une main de fer par Milthian. Survivant du terrible affrontement qui opposa les Dieux et Sarina à Veinar, Milthian alias Timoté a vu là, l'occasion pour lui de s'emparer du pouvoir. Despote, il a plongé le monde dans ses heures les plus sombres et l'a modelé à son image. les populations y sont muselées et dociles sous peine d'être assassinées. 

Pour contrer ce nouveau tyran, un groupe de résistants s'est constitué au fur et à mesure des années. Des commandos s'assignent la mission de torpiller le pouvoir de l'empereur en détruisant ses équipements afin de le fragiliser. Ils ont même réussi le tour de force d'infiltrer des espions afin de connaître ses projets machiavéliques. Seulement sans puissance magique, il leur sera difficile de vaincre cet être maléfique. Mais c'est sans compter les descendants du Royaume de Floss et du Niofran. Élevés dans le plus grand secret, eux-mêmes ignorent tout de leur héritage jusque-là. Se mêlant à la résistance, ils devront unir leur force pour mettre un terme à cette nouvelle tyrannie. Seront-ils retrouver le chemin de la magie et enterrer les anciennes animosités pour triompher?

Brieg est un vrai coup de théâtre. Le décor change du tout au tout. On est plus dans une société médiévale teintée de merveilleux. Margot Aguerre a donné une touche steampunk à son nouvel univers. Ici, les héros ne se déplacent pas à cheval mais en véline, des véhicules volants. L'humanité est sous la surveillance de drone espion et l'empereur s'est entouré de machines pour se protéger. Il s'est servi de son génie malsain pour façonner un monde futuriste sous son entière dévotion. En proposant un tel univers, l'auteure renouvelle l'intérêt de ses lecteurs. On ne s'enlise pas dans du déjà vu même si on retrouve certains protagonistes. L'ambiance y est toute autre et même si on sent la fin de l'histoire approcher à grands pas, on ignore comment le dénouement va se passer surtout avec Margot Aguerre aux commandes. Le suspense y est pleinement à son comble. 

La Dynastie du Royaume de Floss est une trilogie de fantasy bien construite. Clairement cette jeune auteure s'est nourrie des plus grands qui lui ont inspiré un cycle original et magnifiquement écrit. On prend plaisir à enchaîner ses romans. C'est une fantasy française qui se défend et mérite donc largement d'être lu par le plus grand nombre.

Fantasy à la carte

08/10/2017

Margot Aguerre, Sarina, La Dynastie du Royaume de Floss, tome 2

Après avoir vaincu Jaliorga, Kahena a rétabli la paix en Altarine et au sein du royaume de Floss. C'est dans ce climat paisible qu'évolue la nouvelle héroïne de Margot Aguerre, Sarina, la fille de Kahena et Robin. 

Sarina est une jeune adolescente sans histoires qui a toujours été surprotégée par ses parents au point de lui avoir caché une partie de son héritage magique. En effet, il faut garder à l'esprit qu'elle est issue de deux lignées et porte donc en elle le sang de son terrible grand-père. Par crainte des réactions des autres, Kahena a choisi de briguer les pouvoirs de sa fille pour cacher à tout le monde qu'elle détient le pouvoir de feu et ainsi n'effrayer personne. 

Seulement Sarina n'est plus une petite fille. Elle présente déjà les mêmes dispositions que son père, notamment en ce qui concerne les dragons. Or tout bascule le jour où elle réussit le tour de force de créer magiquement l'un de ses magnifiques êtres ailés. Robin et Kahena se sentent contraints d'inventer un mensonge pour dissimuler les capacités de leur fille. Après cela les choses vont aller de mal en pis. Le paroxysme est atteint lorsque Sarina disparaît, enlevée par des inconnus dont le but réel restera longtemps dans le flou. 

Fous de douleur, Kahena et Robin vont retourner tout le royaume pour récupérer leur fille unique. Mais bien des mois vont passer avant de retrouver sa trace. Délaissant le pouvoir au profit de recherches acharnées, certains opportunistes voient là leur chance de renverser la reine. Comme on dit le malheur des uns fait le bonheur des autres. 

Alors que les comploteurs s'agitent dans l'ombre du pouvoir, un danger bien plus grand menace le monde de Kahena. Car si sa fille a été enlevée, ce n'est pas pour rien. C'est une machination orchestrée par les cousins et la sœur de Jaliorga, les héritiers de la couronne du Niofran. Adorateurs du dieu du chaos, Veinar, ils ont le plan machiavélique de libérer ce dieu déchu afin qu'il revienne régner sur terre. Pour y parvenir ils ont besoin de la descendance de Jaliorga et espérait manipuler sans mal la jeune Sarina.

Levant le voile sur l'étendu des pouvoirs de la jeune magicienne, cette dernière va vite maîtriser sa puissance et démasquer ses ravisseurs. Alors lorsque ses parents la retrouvent enfin, elle ne faillit pas et retourne dans le camps du Bien. 

Cependant pas le temps de se réjouir à la cour car au vu des funestes projets du Niofran, une nouvelle guerre semble inévitable. Il est temps pour le royaume de Floss de rappeler les alliés de jadis et d'en trouver des nouveaux car si Veinar devait se réincarner, ce serait la fin de toute vie. 

Avec ce second volet, Margot Aguerre donne de la maturité à sa plume. Au premier tome, on avait été émerveillé de découvrir cette auteure si prometteuse, le second tome, lui, ne fait que confirmer ses qualités. 

Même si les ingrédients sont les mêmes, à savoir un méchant à combattre, la manière de mener son récit est différente et sa finalité, surprenante. Margot Aguerre a su se renouveler pour cette nouvelle histoire, ce qui n'est pas chose aisée surtout dans un genre très en vogue depuis Le Seigneur des Anneaux

Déjà elle s'attarde sur ses personnages et notamment sur son héroïne Sarina. Plus explosive que Kahena, elle manie deux magies qui font d'elle un personnage ambigu. On se demande parfois si cette princesse guerrière ne va pas tomber du côté obscur de la force. Plus les héros sont ambivalents, plus ils sont intéressants à suivre. Cela rend la lecture encore plus inattendue. 

Pour son roman, Margot Aguerre se réserve le loisir de donner une fin que certains qualifieront de frustrante, alors que d'autres, au contraire, s'en réjouiront. Une conclusion à son récit qui laisse sans voix, cela je vous le garantie.

Avec La Dynastie du Royaume de Floss, la magie prend et le destin exceptionnel de ses héros nous prend tout simplement aux tripes. 

Fantasy à la carte

01/10/2017

Quand Arras se met aux couleurs du Mois de l'Imaginaire...

On vous l'a déjà dit mais le mois d'octobre sera riche en actualités et en émotions du côté des littératures de l'Imaginaire. Les animations ne vont pas manquer de faire vibrer toute la France, et nous avec.

La ville d'Arras ne va d'ailleurs pas échapper au phénomène. Bien connu pour son magnifique festival Atrebatia, escales imaginaires, c'est un lieu rêvé pour accueillir les acteurs et les participants de l'événement. 

Contactée par les organisateurs du Mois de l'Imaginaire, La Guilde Dòl Hròkr s'est laissée sans mal convaincre  du bien fondé de leur implication. Au vu du rayonnement de leur festival, il était naturel qu'Arras s'habille, dès octobre, aux couleurs des littératures de l'Imaginaire. 

Les festivités seront lancées le 14 octobre à travers une rencontre autour de la sortie de Beren et Luthien de J.R.R. Tolkien, animée par la prestigieuse association Tolkiendil à la Grande Librairie d'Arras. En tant que fondateur de la fantasy moderne, le choix d'une telle animation est un symbole fort pour les amateurs du genre et les universitaires. Il ne nous en faut donc pas plus pour percevoir l'enjeu capital de ce nouveau rendez-vous. 

Le 27 octobre, les enfants seront à la noce avec des animations qui leur seront consacrées autour du thème de la quête de la rose immortelle. Invités à participer à une randonnée au mont Saint Eloi, ils verront leur parcours ponctué de surprises et d'énigmes à résoudre pour obtenir les précieuses pétales de roses. Le but final est de reconstituer "la belle d'Artois" (la rose du mont Saint Eloi). C'est d'ailleurs la Guilde Dòl Hròkr qui se chargera d'animer les rues sous forme de tableaux vivants. Une belle initiative qui est un beau prétexte pour lancer un concours de nouvelles autour de ce même thème de "la belle d'Artois" présidé par l'auteur Bertrand Crapez. Une belle manière d'inciter la jeune génération à lire et à écrire.

Le 28 octobre, un certain nombre d'auteurs seront invités à venir dédicacer leurs œuvres à la librairie Au pied de la lettre de 10h à 18h. En attendant la liste exhaustive, on sait déjà que Bertrand Crapez (L'Héritier du Roi Arthur), Sigrid Lucas et Hieronymus Donnovan seront de la partie. Clairement ce sera une belle occasion de retrouver ou de découvrir leur univers. Je ne peux pas parler des deux autres auteurs que je ne connais pas encore mais une chose est certaine, je ne peux que vivement vous conseiller de vous ruer sur les romans de Bertrand Crapez. Il faut dire que Fantasy à la carte s'était bien délecté à la lecture de son premier tome portant sur les légendes arthuriennes. 

Faisant écho à cette belle programmation, d'autres manifestations nordistes se joignent à l'événement pour laisser, à leur tour, leur empreinte sur ce festival d'un autre genre. Ainsi, les 21 et 22 octobre Villeneuve d'Ascq accueillera la fête de Zoé, fête de la sorcière; Aix Noulette fera de même avec sa propre fête de la sorcière le 28 octobre; et le Valjoly'maginaire se déroulera les 28 et 29 octobre à Eppe-Sauvage.

Avec un tel programme, le Nord va être une destination incontournable de ce mois d'octobre très particulier. 


Fantasy à la carte

10/09/2017

Chloé Chevalier, Mers brumeuses, Récits du Demi-Loup, tome 3

C'est dans le cadre du Mois de L'Imaginaire que je vais vous faire découvrir le troisième volet des Récits du Demi-Loup de Chloé Chevalier. Comme quinze autres de leurs confrères, Les Moutons électriques mettent à l'honneur certains de leurs poulains par l'intermédiaire de partenariats. C'est le cas de Chloé Chevalier qui voit ses romans être l'affiche tout un mois. Cette belle initiative s'est faite par l'intermédiaire du blog Book en Stock qui joue l'interlocuteur entre la maison d'édition, l'auteure et les blogs partenaires. C'est ainsi que Fantasy à la carte s'est vu confié l'honneur de partager son avis sur son dernier roman.


Dans le royaume du Demi-Loup, les vieilles rancœurs se rallument. La déchirure entre Véridienne et Les Eponas n'a jamais été aussi béante. Le prince Aldemor et sa complice Cathelle ont bien œuvré pour mettre le feu au poudre. Leur lente machination se met en place et les dégâts s'annoncent d'ores et déjà terribles.

En attisant l’ego démesuré des deux reines, ils ont réussi à les mener au bord de la guerre. Or, il n'y a pas plus dangereux que deux personnes inconséquentes à la tête de deux puissantes armées. Dans Les Terres de l'Est, on a vu, peu à peu, l'armée de chacune d'elle grossir. On a donc aucun mal à imaginer les dégâts qu'elles feraient sur le royaume si elles devaient s'affronter. Aldemor et Cathelle en ont l'intime conviction. D'ailleurs, pour eux c'est un mal nécessaire à la survie du royaume. Pour Aldemor, il faut faire table rase pour mieux répartir à zéro. 

Bien entendu, il a bien conscience que même s'il reprenait le pouvoir sur le Demi-Loup, il ne pourrait reconstruire seul, surtout sur des ruines. C'est pour cela qu'il souhaite s'associer à l'Empire. Il pense trouver là, la solution pour sauver son royaume. Suicidaire, un tantinet aliéné, il est prêt à tout pour réussir son entreprise, y compris à se jeter dans la gueule du loup en pénétrant seul et désarmé au cœur de l'Empire. Ses vieux ennemis l'y attendent et l'espoir escompté pourrait échouer. 

Qu'importe la machine est lancée et plus personne ne pourra l'arrêter...


01/09/2017

Le Mois de l'Imaginaire, le nouveau rendez-vous des passionnés de l'Imaginaire

Le 23 mars dernier, seize éditeurs s'unissent dans le cadre du manifeste de défense des littératures de l'Imaginaire pour promouvoir la science-fiction, la fantasy et le fantastique.

Coup de gueule ou coup de pub, ils sont tous d'accord pour reconnaître que le genre est encore trop souvent méprisé par beaucoup de gens qui restent sur leurs a priori. 

Annoncée officiellement aux Imaginales, cette fête se déroulera chaque année au mois d'octobre. Tous les professionnels du genre: éditeurs, libraires, auteurs, blogueurs se mobilisent pour mettre l'ensemble de ces littératures à l'honneur. Pour l'occasion, de nombreuses actions seront mises en place comme des rencontres et des dédicaces en librairies, des jeux-concours, des parutions exceptionnelles, des partenariats entre blogueurs et éditeurs...ect...


29/08/2017

Chloé Chevalier, Les Terres de l'Est, Récits du Demi-Loup, tome 2

Les Terres de l'Est font suite aux aventures des héros de Chloé Chevalier.

Souvenez-vous, on les avait laissés en délicates positions. A force de dissensions et de désaccords, le noyau dure que formait la cour de Véridienne a fini par céder et les protagonistes, à se séparer.

Deux années se sont écoulées depuis les derniers événements survenus à Véridienne, et dans le royaume du Demi-Loup en général. Rien n'y est plus pareil comme on pouvait si attendre. Les héros se sont séparés dans des conditions, pour le moins, dramatiques. Calvina est retournée aux Eponas avec sa suivante Luftilde. Aldemor a été chassé par son père pour un désaccord et une mésentente latente. Humiliée, Cathelle s'est même enfuie avec ce dernier. Seule Malvane est restée à la cour avec Nerses qui demeure sa seule suivante. 

C'est donc à ce moment crucial de l'histoire que Chloé Chevalier a décidé de reprendre la plume pour nous partager les dernières informations. Comme à son habitude le récit se construit de la même manière sous la forme de correspondances épistolaires. Mais alors que le premier roman posait les décors et les bases de l'intrigue, le second tome, lui, entre plus profondément dans le vif du sujet. Il multiplie les révélations fracassantes. Et on comprend mieux d'où viennent les relations conflictuelles entre le Demi-Loup et l'Empire grâce aux révélations d'Aldemor.

Le royaume est menacé. La perfidie de l'Empire qui rend sournoisement la pareille au Demi-Loup n'arrange pas les luttes intestines. La Preste Mort touche de plus en plus de contrées. La peur se propage aussi vite que la maladie. Et avec elle, les problèmes s'accumulent. En temps de paix sur les terres du royaume, le gouvernement laxiste d'Aldemar pouvait fonctionner mais maintenant que la mort rôde, un chef à poigne est indispensable. Le retour d'Aldemor aurait pu être l'occasion au roi de passer la main et d'arranger la situation. Seulement de profonds désaccords entre père et fils vont enterrer le Demi-Loup. 

C'est dans cet état d'esprit de vengeance que l'on retrouve Aldemor. Il veut reprendre le royaume et le sauver. Il a cette folle idée avec Cathelle d'aller chercher le remède au cœur même de l'ennemi. C'est ainsi que tous deux échafaudent un plan aussi fou que machiavélique pour répondre à leur désir de revanche. D'ailleurs, ils n'auront pas besoin de pousser très loin face à l'incompétence ou à la crédulité des deux princesses qui, en très peu de temps, ont dû abandonner la futilité de leur vie à la gestion très sérieuse de deux royaumes. On imagine sans mal la catastrophe vers laquelle s'engagent le Demi-Loup et les Eponas. 

Entre manipulation et machination, ce volet de l'histoire promet de sacrés rebondissements. Chloé Chevalier essaime ici ou là quelques belles révélations aussi bien sur certains de ses personnages que sur l'histoire propre. Un roman qui nous fait entrevoir les pions qu'elle a placé depuis le tout début du récit et qui nous ouvre les yeux sur la finalité vers laquelle elle veut nous mener. 

Avec Les Terres de l'Est, on sort des frontières. On découvre les us et coutumes d'autres lieux. On se laisse charmer par l'exotisme de l'inconnu. C'est essentiellement à travers les souvenirs du prince héritier que cela est possible. Une manière pour l'auteure de donner de nouvelles perspectives à son univers. 

Un tome qui confirme la fantasy envoûtante dont nous enivre Chloé Chevalier depuis sa toute première ligne. 


Fantasy à la carte

23/08/2017

Fabien Cerutti, Le Marteau des Sorcières, Le Bâtard de Kosigan, tome 3

Mnemos fait une rentrée littéraire retentissante avec le très attendu troisième volet du Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti. 

Ils m'ont fait l'honneur de découvrir ce nouveau roman en avant première et je les remercie de leur confiance.

Pour ce tome, c'est un changement de décor que nous offre Fabien Cerutti. Pierre Cordwain de Kosigan a plié momentanément bagage pour se rendre dans le Saint-Empire et offrir les services de sa compagnie à Dagmar von Hohenstauffen. Là-bas, il est chargé par ce dernier de débusquer le ou les espions dans l'entourage du duc de Cologne qui renseignent les sorcières du Mondkreises (littéralement Cénacle lunaire). 

L'affaire s'annonce épineuse car l'Inquisition est omniprésente dans l'empire germanique. Pire encore, Juan Ginès de Las Casas, qui n'est autre que le cardinal du Saint Office de l'Inquisition, œuvre dans les parages de l'Herzog (duc) et risque de mettre à mal sa mission. D'autant que notre bâtard, qui est déjà passé entre les mains de ces fanatiques religieux, n'a pas la moindre envie de retenter l'expérience. Alors avec Las Casas dans les parages qui semble flairer le sang noir qui coule dans ses veines, Pierre risque gros dans cette histoire. 

Mais comme à son habitude, si Pierre Cordwain est là, ce n'est pas le fruit du hasard, ni par générosité. Chacune de ses interventions sont finement calculées: chez lui, l'intérêt personnel prime toujours sur le reste. Or, justement, s'il est parti en Westphalie, c'est surtout pour en apprendre plus sur ses origines et plus particulièrement sur sa mère dont lui revient des souvenirs par bribes et de manière encore trop confuse. Il est temps de comprendre d'où il vient et d'où il tire ses pouvoirs sur la source. Le seul moyen pour lui est de rentrer en contact avec les fameuses sorcières du Cénacle lunaire. Ainsi, allier intérêt personnel et financier tombe à pic pour notre habile héros. Bien entendu, sur le papier l'idée était bonne, maintenant la question est de savoir si dans les faits, cela ne va pas lui revenir comme un boomerang. Encore une fois, Pierre Cordwain va jouer un jeu très dangereux. 

En pleine chasse aux sorcières, Fabien Cerutti nous plonge dans une période fortement troublée où les meurtres de masse étaient légions. Tortures, exactions, assassinats sont donc de mise dans ce nouveau récit. A travers les yeux de son héros, on revit un pan de l'Histoire effrayant. Il est vrai que l'Inquisition a été très présente en territoire germanique. Seulement, l'auteur s'amuse beaucoup avec les dates des événements. Puisque selon les sources officielles, c'est au XVe siècle que le pape Innocent VIII décide de donner les pleins pouvoirs à deux inquisiteurs de Cologne leur permettant, si les sorcières survivent à la torture, de les faire périr par noyade lors du "Jugement de Dieu" ou par immolation sur le bûcher. C'est d'ailleurs de la main de ces deux dominicains que le traité de démonologie Malleus maleficarum voit le jour, traduit par "le Marteau des sorcières", titre judicieusement choisi par notre auteur. Joli clin d’œil qui rend ses lecteurs complices en leur partageant le secret le mieux gardé de l'Histoire. Car derrière les faits historiques tels qu'on les connait se cache une autre histoire si l'on en croit le journal de Pierre Cordwain. Plus ésotérique, plus mystérieuse, plus spectaculaire, la version que nous livre ici Fabien Cerutti n'en est donc que plus électrisante. Agrégé d'histoire et au vu de la grande fluidité de ses récits, on n'a aucun mal à imaginer la passion que ce professeur doit mettre dans la transmission de ses cours. Avec sa plume de grande qualité, Fabien Cerutti est un auteur qui fait aimer l'Histoire. 

Parfois, lorsqu'un cycle perdure sur plusieurs romans, il a tendance à s'essouffler. Avec Le Bâtard de Kosigan, il n'en est rien. C'est même l'inverse puisqu'on est de plus en plus séduit par ce héros, de plus en plus accroché à ses mystères. Je reste fascinée par sa gouaille et ses machinations. Devant tant d'imprévisibilité, on ne peut être que captivé.

Les derniers chapitres font même monter crescendo la tension avec un suspense qui est de plus en plus intense.

Un final qui apparaît comme une promesse d'une suite encore plus explosive.

Fantasy à la carte

20/08/2017

Laetitia Reynders, Rouge Poison

Après sa trilogie de La Gardienne du Miroir, Laetitia Reynders reprend la plume avec un récit inédit. 

Rouge Poison, c'est une histoire contemporaine qui nous fait partager le quotidien de Leana Salvo. Elle est une jeune femme ordinaire qui partage sa vie entre son emploi dans une agence immobilière de Vannes et ses amis. Rien d’exceptionnel jusqu'à cette fin de journée où, tandis qu'elle se trouve dans sa librairie de quartier, elle assiste au meurtre de la libraire. Survivante à cet odieux meurtre, elle semble comme anesthésiée par la situation comme si elle ne réalisait pas la gravité des choses. Pire encore le meurtrier lui a promis de la retrouver en la nommant Sober comme s'il la confondait avec une autre. Est-ce pour cette raison qu'il l'a laissé en vie? Par erreur? Davantage chamboulée par cet inconnu aux yeux bleus si pénétrants, la jeune femme tente de reprendre le cours normal de sa vie. Or, il semblerait que l'assassin ne le souhaite pas. Chaque jour il lui rend visite dans son appartement. Il entre et sort dans sa vie comme un fantôme. Très vite va se nouer une relation forte entre les deux êtres. Engluée dans cette liaison aussi malsaine qu'addictive, Leana ne sait plus quoi faire ni quoi penser. Elle ignore rien de la vraie nature de son nouvel amant car Cohen ne lui a rien caché de ce côté-là. Seulement plus elle se dit devrait s'en éloigner, moins elle s'en sent capable. Et tolérer les desseins meurtriers de Cohen fait d'elle sa complice. Mais peut-elle vraiment s'arrêter? 

Aussi passionné que sanguinaire ce nouveau roman interpelle le lecteur. Les assassins y occupent la place de héros. La lutte du Bien et du Mal y apparaît comme inversée. 

Pour son histoire, l'auteure a choisit de mettre la Bretagne à l'honneur et particulièrement son folklore autour des sorciers et sorcières, de la célébration des sabbats et de l'existence de certaines créatures de la nuit. On peut le dire, la lecture de Rouge Poison est une véritable promenade ésotérique qui perturbe nos croyances les plus profondes. Je dirais même qu'en refermant le livre, on voit la Bretagne d'un autre œil. 

Avec sa fluidité habituelle, Laetitia Reynders ponctue son écrit de quelques clins d’œil ici ou là faisant référence à certaines séries TV ou certains films. D'ailleurs, le début de ce livre n'est pas sans rappeler la célèbre saga de Stephenie Meyer car il semblerait que Leana Salvo partage la même fascination que Bella Swan. 

Fait de passion et de violence, ce roman résolument moderne est troublant. Quoiqu'il en soit, c'est une histoire qui se lit d'une traite tant on y est bien accroché dès les premières lignes. 

Fantasy à la carte

16/08/2017

Entrez en féerie à Contes et Légendes

Depuis quelques années Provins devient, le temps d'un weekend, le cadre idéal pour accueillir Orcs, Chevaliers, Trolls et autres Bardes venus flâner auprès d'artisans, d'artistes et d'écrivains réunis pour l'occasion. 

Cette petite cité médiévale est propice à ce genre d'événements et permet aux visiteurs d'oublier le temps présent pour se plonger dans les arts de rue, de retrouver l'ambiance des grands tournois ou de se laisser hypnotiser par le balai des oiseaux sauvages.

Contes et Légendes est un festival fantastique où les artistes de l'Imaginaire viennent discuter avec le chaland de leur univers.

Festival insolite de par le lieu où les artisans, les écrivains et les illustrateurs sont disséminés ici ou là. C'est donc dans un véritable jeu de piste dans lequel on s'engage pour partir en quête de tel ou tel stand. Que ce soit sous des barnums ou des tentes isolées, il faut garder les yeux bien ouverts pour ne louper aucune des merveilles proposées. 

Véritable caverne d’Ali Baba, j'ai eu l'immense plaisir de retrouver Laetitia Reynders et d'échanger avec elle sur sa belle trilogie La Gardienne du Miroir dont je lirais la suite avec gourmandise. Quoi de plus agréable que d'être accueilli avec sourire et bonne humeur, je remercie donc encore chaleureusement cette auteure et son mari que je rencontrerai à nouveau avec plaisir afin de discuter de ses bons romans.  

Autre belle rencontre de ce dimanche est bien évidemment d'avoir fait un tour sur le stand d'Atelier Terra Nostra. Que de merveilles, on en a plein les yeux. Je salue la créativité et la disponibilité de la créatrice qui est aussi sympathique que talentueuse. Comment résister à toutes ces pierres si bien mises en valeur?

Contes et Légendes fait partie de ces festivals où l'on prend plaisir à déambuler. Un salon où l'on n'est pas pressé, où on a de l'espace pour virevolter, s'arrêter et admirer. 

En plus du salon du livre et du marché médiéval, les organisateurs proposent de nombreuses activités. Ainsi, en journée on pouvait participer à des ateliers de techniques d'enluminure ou de maquillage; assister à des spectacles de rue comme des danses, des micro-concerts, des petites scénettes jouées par des passionnés ou des grandes épopées racontées par des conteurs à la verve haute. En soirée, l'animation était assurée par un concert de La Horde et un stupéfiant spectacle de feu réalisé par la troupe d'Alchymea.

Contes et Légendes, c'est un festival familial organisé par des passionnés qui proposent une belle incursion en territoires merveilleux. 

Fantasy à la carte

12/08/2017

Charline Rose, Edwenn, Le Monde des Faës, tome 1

Edwenn, Le Monde des Faës est un titre qui en dit long sur le récit. Dès lors, on sait que l'on sera en présence d'êtres féeriques. Fées, Elfes, Dryades, Ondines sont autant de créatures qui invitent au songe et à la rêverie. Voici le décor planté par Charline Rose, un univers ponctué de chimères et poudré de féerie. 

Dans cette histoire, il est question d'une humaine qui va connaître un destin peu commun car par un concours de circonstance et une rencontre fortuite, elle va traverser le voile séparant le monde des humains de celui des Faës. C'est par l'intermédiaire de l'Elfe Kadvael que tout va basculer pour Edwenn. En voulant le soigner et le mettre à l’abri dans son village, la jeune femme se retrouve bien vite à devoir fuir en sa compagnie. Persécuté par des Chimères pour avoir braver l'interdit de pénétrer leurs terres, Kadvael court un grave danger et met, de ce fait, la vie de la jeune humaine en péril. Au cœur d'un conflit ancestral, ravivé par une histoire d'amour proscrite entre Kadvael et la fille du roi des Chimères, Edwenn se retrouve prise à partie et devient également la cible de ces terrifiantes créatures. Voici comment tout a commencé...

En traversant la frontière, Edwenn pénètre en territoires elfiques. Ainsi comme elle, on découvre l'univers crée par Charline Rose. Il est riche de plusieurs royaumes elfiques comme celui des Dames de Pierre, des Terres de Nuit, ou encore les Iles Cendrées. Chacun d'entre eux revêt un aspect différent. Ils arborent des us et coutumes propres. Les peuples eux-mêmes y sont très diversifiés avec des caractéristiques et des pouvoirs qui varient selon les origines. Grâce à Edwenn, on en côtoie tout un échantillon. Et on se rend compte que tout comme les humains, les Elfes sont animés par les mêmes sentiments ou ressentiments. Les royaumes dépeints nous éblouissent tour à tour tant leur magnificence est grande. Et, il faut bien le dire, on est tout aussi émerveillé que l’héroïne de Charline Rose. 

A côté des territoires elfiques, il y a celui des Chimères qui nous illusionne et nous effraie tant leur fourberie est considérable. Ainsi que celui que l'on nomme le Royaume Pourpre plus sombre encore où réside l'effrayante Impératrice. 

Charline Rose décrit tout un monde fait de beauté et de violence car ne croyez pas que les Elfes et les Fées incarnent la bonté même. Ils savent se montrer cruels et demeurent une menace pour les simples mortels dénués de pouvoirs magiques, comme Edwenn en fera elle-même les frais avec certains et certaines. 

De son récit se dégagent de fortes personnalités, des personnages attachants ou au contraire détestables. 

L’héroïne, bien sûr. Edwenn est une jeune humaine au caractère farouche et à l'esprit aventureux. Ce qui lui permettra de survivre parmi les Elfes. 

Le pompeux Kadvael qu'on ne voit finalement que très peu mais dont le rôle joué dans cette histoire demeure majeur puisque c'est à cause de lui qu'Edwenn traverse le voile. 

Jezekael, le roi d'Alwena et frère de Kadvael est un Elfe puissant et pourtant sa bienveillance à l'égard de l'humaine, est sans commune mesure. Tous deux apprendront à bien se connaître au fil de l'histoire. Ce qui ne gâche rien est qu'il est extrêmement séduisant comme le regard envoûté d'Edwenn nous le confirme. 

Maenowen est un soldat de la Grande Nébuleuse du Royaume Sous le Vent qui va très vite se lier à Edwenn. Il voit en elle le courage et la force qui coulent dans ses veines et va la perfectionner dans le maniement des armes.

Enya, la belle reine des Iles Cendrées est une Eflfe qui tire ses pouvoirs de la terre et font d'elle une grande puissance. Elle devient de suite l'amie d'Edwenn car elle retrouve en cette dernière un peu de son caractère. Différente des autres Faërys, elle sait voir des qualités chez les humains et prône la paix entre les races.

Les héritiers du Royaume Sous le Vent, Luner et Maël sont deux Elfes qui vont vite s'attirer l'amitié de la jeune femme. Le premier lui fera faire ses premiers pas à la cour de Nuit, le second, quant à lui, lui enseignera les lettres. Deux êtres qui sont d'une extrême gentillesse et parfaitement à l'opposé de leurs quatre sœurs Lueur, Éclat, Crépuscule et Soupir qui s'avèrent être de vraies pestes. La pire étant ici, Lueur, à qui revient le rôle de la garce poussée à l’extrême. Il faut bien un pendant au Bien, et dans Edwenn, Le Monde des Faës, il se manifeste par la présence de plusieurs protagonistes. 

Lueur représente la perfection faite Elfe. Elle est d'une beauté incandescente mais également d'une méchanceté crue. Égocentrique à souhait, elle perçoit très vite Edwenn comme une menace surtout quand elle prend conscience des liens qui unissent l'humaine au roi d'Alwena. Pourrie, gâtée, Lueur est une ennemie à ne pas négliger.
Les deux grandes figures du Malin sont incarnées ici en Camall, le roi des Chimères. Fourbe, dangereux, avide de pouvoir, il est un ennemi redoutable pour la communauté des Elfes. Il se sert de l'amour qui liait sa fille Dredre à Kadvael pour déclarer la guerre aux Elfes et justifier l'invasion de leurs royaumes. Son but avoué étant plutôt ici de noyer le monde de ses Illusions afin de mieux le contrôler. 
Il sera aidé dans sa quête de pouvoir par celle que l'on surnomme l'Impératrice, une Elfe aliénée qui est juste aveuglées par sa propre vengeance. 

En mettant en scène tous ces héros, Charline Rose inscrit son récit dans une fantasy traditionnelle où la lutte du Bien et du Mal est omniprésente. Des ingrédients qui ont fait leur preuve et qui lui vaut la belle récompense du Prix de l'Imaginaire 2016. Une distinction qui fait rentrer cette nouvelle plume dans la catégorie des bons auteurs du genre. 

Une écriture puissante dont on garde le charme longtemps après avoir refermé le livre. 


Fantasy à la carte


30/07/2017

Gregory Da Rosa, Sénéchal

La sortie en librairie de Sénéchal n'est pas passé inaperçu. En effet, les éditions Mnemos avaient bien assuré la promotion de leur nouveau poulain, Grégory Da Rosa afin d'inciter les lecteurs du genre à se ruer sur ce nouveau roman. Moi-même, je n'étais pas insensible à ce livre et je peux vous dire qu'il s'est très vite ajouter à ma liste de livres à acheter.

Aussitôt acheté, aussitôt placé en haut de ma PAL de l'été d'ailleurs. Sénéchal est un livre contre lequel on ne résiste pas longtemps.

Résumé

Tiré du lit en pleine nuit, le sénéchal Philippe Gardeval a du mal à comprendre, encore noyé dans les brumes du sommeil, que la ville est assiégée. L'heure est critique pour Lysimaque qui se voit entourer par une armée s'étendant à perte de vue dont on ignore la provenance ni même les raison d'un tel siège. Surpris par cette aberration, Philippe s'empresse de rejoindre le roi en craignant, quelque peu, la réaction de ce monarque si soupe au lait. C'est un conseil de guerre qui se tient à la cour de Lysimaque, le roi est entouré des nobles du royaume afin de déterminer la marche à suivre face à cette menace. 

En tant que sénéchal, Philippe Gardeval devra jouer un rôle important pour sortir la ville de  ce marasme. Seulement plus les jours vont passer, plus la situation va se compliquer, notamment lorsque l'épouse d'un haut dignitaire meurt empoisonnée. Le traître est donc déjà infiltré, à l'intérieur même du palais. Et pour débusquer ce ver, il faudra à Philippe Gardeval user de toute son ingéniosité.

Gregory Da Rosa donne la parole à Philippe Gardeval, sénéchal du roi, ce qui fait de lui le deuxième homme le plus influent du royaume. Un tel statut laisse penser que l'on a affaire à un héros puissant. Avec Sénéchal, Gregory Da Rosa sait nous surprendre car Philippe Gardeval est un homme vieillissant et fatigué. On est loin du fringuant chevalier à l'armure étincelante. C'est un homme dont la vie est plus derrière que devant lui. Pondéré, réfléchi Philippe est un homme d'expériences qui demeure une carte maîtresse dans la manche du roi. En dressant le portrait d'un tel héros, l'auteur distribue les cartes de son jeu différemment et donne à son récit de fantasy une toute autre orientation. 

Tout se passe à l'intérieur des murs fortifiées de la ville. Ici on est loin des grands espaces, des chevauchées épiques au cœur de paysages grandioses. Sénéchal se présente à la manière d'un cluedo dans lequel on cherche à résoudre le crime. L'enjeu est grand et d'autres têtes pourraient bien tomber si Philippe ne résout pas rapidement ces mystères. Après tout la vie du roi, et la destinée du royaume sont en jeu.

C'est une immersion complète dans une société féodale que nous dépeint Gregory Da Rosa. Tout y est pour faire revivre le Moyen-Âge jusqu'au langage employé. Ainsi, il donne une ambiance particulière à sa fantasy qui se coule bien avec l'époque du récit.

Toute jeune plume qu'il est Gregory Da Rosa révèle avec ce premier tome tout son talent. Il sait poser ses décors et mener l'action à tambour battant quand il le faut.

La magie noire qui infiltre ses lignes nous donne la chair de poule car c'est avec le diable que Gregory Da Rosa nous fait flirter. Contre lui, la lutte entre le Bien et le Mal semble perdu d'avance. Seul le dénouement sera à même de nous dire qui remportera la partie de cette joute mortelle. Enfin on l'espère!

Un premier récit puissant, dérangeant parfois, mais qui sait tenir son lecteur en haleine tant on veut savoir où l'auteur veut nous emmener. 

 Fantasy à la carte     

26/07/2017

Les Rencontres de l'Imaginaire de Brocéliande, une escapade en terre légendaire

Avant d'évoquer avec vous ces Rencontres de l'Imaginaire, je voudrais m'arrêter quelques instants sur le lieu en lui-même. A vrai dire, il n'y a pas de plus bel endroit pour installer un festival sur les littératures de l'Imaginaire que le château de Comper. C'est en ces murs que le Centre Arthurien a décidé de poser ses valises depuis 1990. 

C'est dans un paysage féerique que les visiteurs sont accueillis. On pénètre les lieux en passant sur un pont surplombant les anciennes douves, puis on franchit une petite porte fermée de grilles en fer forgé pour déboucher dans la cour du logis. Mais c'est de l'autre côté du château que l'on trouve la plus belle vue. Nos yeux se portent sur le fameux lac de Viviane qui s'étend à perte de vue et se confond au loin avec les arbres de la forêt de Brocéliande qui l'encadrent. C'est un paysage à couper le souffle qui s'étale sous nos yeux entre lac, forêt et lande. La Bretagne senorgueillit de ses merveilles. Un panorama qui donne vie à la légende et qui réveille quelque-chose au fond de notre cœur. Peut-être que par temps de brume, si votre esprit est suffisamment ouvert et que votre âme est pure, la fée du lac lèvera le voile invisible sur son palais de glace édifié par Merlin au milieu du lac. 

A Comper, l'émerveillement se poursuit lorsque l'on entre dans le château. Le début de la visite commence et se termine par la librairie spécialisée du Centre Arthurien. Pour les amoureux des livres et de la Matière de Bretagne, ce lieu est un véritable paradis qui offre plus de 600 références sur les légendes et l'Imaginaire en général. La librairie laissée derrière nous, on pénètre dans le cœur même de l'Histoire. On parcourt des espaces qui reconstituent les moments forts de la naissance d'Arthur à sa déchéance. C'est un véritable spectacle scénographique que nous propose le Centre Arthurien. Mises en scènes, effets de lumière, bande son sont là pour créer une ambiance au lieu permettant aux visiteurs de prendre la mesure du destin fabuleux de ces grands héros de la mythique Bretagne. 

Comper, c'est également un endroit qui donne la parole aux artistes en ménageant des espaces pour des expositions éphémères. C'est un lieu d'art et de création par excellence. A l'occasion de la quinzième édition des Rencontres de l'Imaginaire, c'est l'illustratrice Rebecca Dautremer qui est à l'honneur. Ainsi, quarante de ses œuvres parent cette année les murs du château afin de donner un aperçu de son travail. Les créations de trois autres illustrateurs sont également exposées comme celles de Séverine Pineaux à La Porte des Secrets (à Paimpont), ou encore celles de Lawrence Rasson et de Jim Colorex, à l'office du tourisme de Trehorenteuc. Découvrir ces lieux d'expositions apparaissaient comme un jeu de piste, un itinéraire artistique pour régaler nos yeux et notre âme devant tant de beauté, et de féerie. Ils mettent la nature et les êtres merveilleux au cœur de leurs œuvres, et le rendu nous laisse juste sans voix. Le trait délicat, l'éclat des couleurs, les jeux d'ombre et de lumière donnent de la puissance à ces compositions. Les créatures représentées nous apparaissent ainsi d'autant plus réelles. Elles donnent un souffle de vie à ces êtres chimériques et trouvent toute leur place au sein de ce lieu mythique. Des illustrations qui incitent tout simplement à la rêverie et au vagabondage de l'esprit. D'ailleurs, on perd vite la notion du temps lorsque l'on déambule d'un endroit à l'autre pour admirer ces réalisations.
D'autres auteurs et illustrateurs ont répondu à l'invitation. Ils étaient quarante. Ainsi, le temps d'un salon du livre, on pouvait discuter et se faire dédicacer leurs livres ou leurs illustrations dans la cour de Comper ou les écouter lors des tables rondes. Beaucoup d'habitués des lieux comme Nathalie Dau, Pierre Pevel, Estelle Faye, Hélène Larbaigt, Chantal Robillard, Brucero, Lawrence Rasson vous accueillaient sourire aux lèvres pour papoter autour de leurs œuvres. Les organisateurs du festival ont bien fait les choses en proposant quatre conférences qui portaient tantôt sur la féerie, les mythes celtiques, tantôt sur les contes ou l'uchronie. Des thèmes chers à la littérature fantasy puisqu'ils sont récurrents. Un bon moment pour explorer les univers des différents auteurs, illustrateurs présents et se donner ainsi de nouvelles pistes de lecture.
Bien entendu les Rencontres de l'Imaginaire n'est qu'un exemple de la saison culturelle du Centre Arthurien car les événements y sont nombreux et variés comme La Pentecôte du roi Arthur ou Les Médiévales de Brocéliande pour ne citer qu'eux. 

Les Rencontres de l'Imaginaire, c'est une semaine d'animations pour les petits et grands. Il y a par exemple des ateliers qui sont mis en place pour apprendre à devenir un vrai chevalier en maîtrisant les bases de l'escrime, ou à participer à un atelier de marionnettes. Il y a des balades contées, des récitals, des contes sous le grand chêne de Comper, des projections cinématographiques aussi. 

Un marché médiéval se tenait à Paimpont où les artisans créateurs de Brocéliand'co exposaient. 

La possibilité pour les écrivains et artistes en herbe de rencontrer des professionnels étaient également faisables. Une manière de renouveler le terreau en donnant la chance aux nouveaux talents de sortir de l'ombre. 

En somme le Centre Arthurien offre un festival très complet qui donne envie d'en découvrir toujours plus sur les légendes arthuriennes. On se laisse s'y facilement séduire par ce mythe éternel. 

C'est un lieu hors du temps que la forêt de Brocéliande. Elle dissimule des endroits secrets et incontournables comme Le Val sans Retour, la Fontaine de Barenton ou encore l'Arbre d'Or. Il est clair que l'on ressort de ce périple changé comme transformé par tous les êtres fantasmagoriques qui peuplent les lieux.  

Malgré un weekend largement arrosé, ma découverte du château de Comper a été ponctuée d'une belle éclaircie comme si la fée Viviane en personne m'invitait à visiter son antre en toute sérénité et au sec. 
Un festival unique qui fait tout simplement battre notre cœur à l'unisson des grands héros de la geste arthurienne. 

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