L'influence du "gaming" à la littérature

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29/01/2017

Terry Goodkind, Le Crépuscule des Prophéties, L’Épée de Vérité, tome 14

Le Crépuscule des Prophéties est le tome annonciateur de la fin des aventures du Sorcier de Vérité, du Maître de l'empire d'Haran. Un titre évocateur car Terry Goodkind avait annoncé lui même que la fin de son cycle serait au format d'une trilogie.

Après bien des luttes, bien des tyrans, Richard Rahl s'engage dans ce qui pourrait bien être son ultime combat pour libérer les peuples de l'oppresseur.

Ce quatorzième tome, c'est un peu le moment du bilan de sa vie, un retour sur ce qu'il a fait, sur les gens qu'il a rencontrés, qu'il a sauvés et qui l'ont sauvé même. C'est une pause nostalgique sur ce qu'il a eu ou sur ce qu'il n'aura peut-être jamais. 

Depuis que Richard et ses compagnons ont quitté le Troisième Royaume, leur temps est compté. Enfin celui de Richard et Kalhan surtout car leur vie, on le sait, ne tient plus qu'à un fil à cause de la malfaisante Jit. Seuls Zedd et Nicci seraient en mesure de les libérer de cette souillure à condition de trouver un champs de force afin de procéder en toute sécurité. Seulement perdus au milieu des Terres Noires, bien loin du Palais du Peuple, la situation paraît insurmontable surtout avec les hordes de demi-humains envoyés par Sulachan et Hannis Arc afin de les exterminer et de capturer Richard. 

Il semblerait que le péril n'ait jamais été aussi critique pour nos héros. Comment peuvent-ils se sortir de ce sombre marasme? Finalement, la lutte entre le Bien et le Mal n'a jamais été aussi prête de basculer en faveur du côté obscur. 

Terry Goodkind sème l'incertitude dans l'esprit de ses lecteurs quant à la conclusion qu'il apportera à sa saga de high fantasy. Ce héros qu'il a toujours présenté comme un surhomme, se sortant toujours plus fort des pires situations, semble la proie au doute quant à ses capacités et à sa volonté de faire à nouveau triompher le Bien. Richard serait-il arrivé en bout de course avant la ligne d'arrivée?

Une chose est certaine, avec plus de 25 millions d'exemplaires vendus dans le monde entier, Terry Goodkind est un auteur qui plaît. 

Fantasy à la carte

15/01/2017

Hélène Larbaigt, L'étrange cabaret des fées désenchantées

Voici venir le grand soir, le moment que vous attendiez tous, celui où Hélène Larbaigt lève enfin le rideau sur son Fabuleux, Insaisissable et Étrange cabaret. 

Cette illustratrice à l'imagination fertile et au coup de crayon exalté nous ouvre la porte de son riche univers et démontre à travers L’Étrange Cabaret... des fées désenchantées l'étendu de son talent. 

Ici, point de fées comme l'imaginaire populaire l'a transmis depuis des millénaires. Vous n'y verrez pas de jolies marraines arborant fièrement leur baguette magique pour protéger des Cendrillons égarées ou réveillées des Belles Endormies. Les fées de cette illustratrice entraîne les spectateurs dans une revue endiablée, menée d'une main de fer par Morte Vanité, la propriétaire du fameux cabaret. 

Bien en chair pour certaines, aux grands yeux et aux dents affûtées pour la plupart, ces fées d'un genre moderne usent largement de leurs charmes pour envoûter les humains venant se perdre dans ce music-hall d'un autre type. 



Qu'elles soient issues des mythologies, des contes ou du panthéon des Dieux, ces fées désenchantées viennent chacune à leur tour nous raconter leur histoire et les raisons qui les ont amenées à pousser les portes du cabaret de Morte Vanité. Tantôt rejetées par les hommes, tantôt en but à leur mesquinerie ou à leur ingratitude, elles ont finalement toutes une bonne raison de se retrouver dans ce cirque de curiosités.  

Bien qu'elles aient toutes un destin extraordinaire qui mérite d'être partagé, j'ai pour ma part ma petite préférence pour la Baronne Samedi et son amour impossible avec le Baron La Croix. Mais je vous laisse seul juge de son histoire.
Avec un graphisme très personnel, Hélène Larbaigt imprime sa marque et impose son style. Elle développe un univers fantasy déjanté qui me fait beaucoup penser à l'univers fantasmagorique de Tim Burton. A travers ce beau livre, elle prouve qu'elle est à la fois une illustratrice de talent mais aussi une auteure émérite tant la richesse de ses dessins viennent égailler des récits récréatifs. 

Les éditions Mnemos ont su rendre hommage à son travail remarquable en proposant un magnifique recueil bien fini. Chaque double page est filigranée et vient bien mettre à l'honneur chacune des histoires que cette auteure-illustratrice nous conte. A travers des fiches d'identités, des lettres personnelles, des affiches, des coupons d'entrée, ce livre apparaît comme un précieux témoignage de ce cabaret hors-normes. 

L’Étrange Cabaret... des fées désenchantées, c'est une page de vie d'une fantasy originale et extravagante signée Hélène Larbaigt.  


Fantasy à la carte

08/01/2017

Robin Hobb, En Quête de Vengeance, Le Fou et l'Assassin, tome 3

Après toutes ces années de séparation, Fitz ne s'attendait pas à retrouver son très cher ami Fou et encore moins dans les circonstances tragiques qui l'ont remis sur sa route. En effet, la veille de la Fête de l'Hiver, Fitz et Abeille sont de sortie en quête de cadeaux pour marquer l’événement lorsque la jeune fille se fait aborder par un mendiant aveugle. La croyant en danger, Fitz blesse gravement ce dernier avant de se rendre compte trop tard que c'est le Fou lui-même complètement métamorphosé. Traumatisé par son acte irréparable et rongé par la culpabilité, Fitz charge ses serviteurs de raccompagner Abeille à Flétrybois pendant que lui tentera le tout pour le tout pour ramener son ami à Castelcerf afin de le sauver. 

Est-ce le bonne décision ? Sur le moment il n'en voyait pas d'autre. Fiz demeure un homme d'honneur et de devoir. Et la vie de son ami est en jeu même si laisser Abeille lui fend le cœur, il se rend compte qu'à ce moment précis, il n'a pas le choix. Il a bien conscience que revenir à Castelcerf peut s'avérer dangereux, mais endosser une nouvelle identité pour espionner à nouveau pour le compte d'Umbre n'est pas pour lui déplaire, surtout que la santé du Fou semble s'améliorer sensiblement. Seulement les réjouissances n'auront qu'un temps, et FitzChevalerie Loinvoyant va vite se rappeler ce qu'est le goût du sang et de la vengeance. Il s'était un peu ramolli avec les années mais lorsque les siens courent un grave danger, son instinct d’assassin reprend le dessus.   

Avec Le Fou et l'Assassin, Robin Hobb nous fait renouer avec un cycle de fantasy extraordinaire. Pour moi les aventures de FitzChevalerie Loinvoyant, c'est goûter à nouveau à mes premiers émois avec cette magnifique littérature qu'est la fantasy. Je peux bien vous le confier, c'est grâce à la plume de cette auteure et surtout à son héros Fitz que je suis littéralement tombée sous le charme de ces récits dépaysants, de ces immenses terres vierges à conquérir et de cette magie si enivrante. 
Bien sûr Robin Hobb est une écrivaine très prolifique qui a écrit bon nombre de textes passionnants, mais elle est aussi la maman de ce héros avec un grand "H" à la destinée si incroyable. Il n'est pas parfait, bien au contraire. Il se trompe souvent. Il fait des choix auxquels on n'adhère pas. Et pourtant il est exceptionnel. On pleure pour lui, on tremble pour lui, on rit avec lui, en un mot, on l'aime. Fitz c'est le compagnon des soirées "lecture", c'est le complice des allers-retours quotidiens dans les transports, c'est l'ami des vacances sur la plage, c'est comme un membre de la famille même. Un héros qui a aujourd'hui plus de vingt ans d'existence, ce qui est assez remarquable notamment pour un personnage de fantasy. Robin Hobb l'a laissé un temps pour lui redonner vie à nouveau. Elle continue à venir nourrir son héros si atypique. Elle a encore à dire sur lui et sur l'univers qui gravite autour de lui. Ce qui, je le pense, arrange tout le monde aussi bien elle-même que les lecteurs qui lui sont attachés. 

La vérité est que Robin Hobb est une auteure incontournable de fantasy, et qu'on ne peut passer à côté des aventures de Fitz non seulement parce que c'est une oeuvre majeure pour le genre mais aussi parce qu'on en devient vite accro. 


Fantasy à la carte