L'influence du "gaming" à la littérature

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26/02/2017

Katja Lasan, Les Sans-Plumes, Le Talisman de Paeyragone, tome 1

Par-delà les mers et les océans, par-delà l'espace et le temps, le Mal reviendra, plus fort, plus violent. Par une nuit étoilée, un Syam au visage sera marqué, de son courage et de sa force, il renverra le Mal dans les profondeurs glaciales. Deux êtres devront s'entraider pour faire triompher le bien et sauver l'humanité... 

C'est autour de cette prophétie que Katja Lasan a construit son récit. Un élément propre à la fantasy qui oriente déjà le lecteur sur ce qu'il va y trouver.

A des années lumières de cette prophétie et du monde duquel elle découle, Elisa Duval s'apprête à dire adieu à sa grand-mère, en phase terminale d'un cancer foudroyant. Prévenue en pleine nuit par une infirmière, la jeune femme se rue vers l'hôpital pour entendre les ultimes paroles de son aïeule. Ces dernières seront d'ailleurs troublantes, tout comme cette impression malsaine d'être suivie, observée, épiée même depuis quelques temps. En effet, c'est le moment pour Ingrid Duval de dévoiler à sa petite-fille qu'elle est la nouvelle gardienne d'un talisman qu'elle garde caché sous une latte du parquet de sa chambre. Mais elle n'a plus assez de temps devant elle pour tout lui expliquer, elle se contente donc de la presser de le récupérer afin de veiller dessus pour tenir le monde sain et sauf. Et précise qu'elle sera épaulée dans sa quête par un Syam, un être ailé. 

Face à ces révélations incongrues, Élisa la pense délirante jusqu’à ce qu'elle manque de se faire tuer par une créature monstrueuse en sortant de l'hôpital. Sauvée in extremis par un être ailé, la jeune femme est juste ébahie et a du mal à entendre les ordres de ce dernier d'aller se mettre à l’abri.

Choquée par ce qu'elle vient de vivre, elle en vient à douter de sa propre raison. Mais retrouvée par le Syam, Élisa a la confirmation qu'elle est bien la nouvelle gardienne et que non seulement elle doit récupérer le bijou mais aussi qu'elle est sommée d’accompagner l'ange jusque dans son royaume. C'est là-bas que le talisman pourra être utilisé pour vaincre les ténèbres. Car c'est le seul moyen pour sauver la terre de l'emprise de l'infâme Locle. Le Mal s'infiltre de plus en plus aussi bien dans le royaume des Syams que dans le cœur des humains. Finalement personne n'échappe à sa monstruosité abjecte.

Sans-Plumes donne la parole à deux héros au caractère fort qui envoient du lourd côté répliques et promettent d'ores-et-déjà des heures de lecture trépidantes, passées en leur compagnie. Deux personnalités si attachantes qu'on se réjouit d'avance du moment où elles vont se retrouver. 

Le Talisman de Paeyragone fait côtoyer deux mondes : celui des Syams et celui des humains. Alors que les Syams connaissent l'existence des humains, l'inverse n'est pas vrai, à l’exception des gardiens du talisman. Deux mondes pour une seule terre: Gaïa qui sature du mal qu'elle subit. Kylian et Élisa apparaissent comme ses deux émissaires chargés de remettre les choses d’aplomb et de la sauver.

Amoureuse de la nature, Katja Lasan lui rend hommage à travers son cycle en rappelant aux hommes l'importance de la préserver, de faire corps avec elle, pour finalement s'ouvrir à ce qui nous entoure et percevoir la magie que la terre recèle.

Un premier roman de fantasy bien mené avec un récit qui s'inscrit parfaitement dans la tradition du genre. Une histoire qui se laisse lire et que Fantasy à la carte recommande chaudement. 

En écrivant une conclusion qui se lit comme un nouveau chapitre, Katja Lasan s'assure que son public va poursuivre l'aventure avec le second tome. Dès lors, on sent que l'on n'est qu'au début d'une grande aventure.  


Fantasy à la carte

19/02/2017

Miss Peregrine: la Super Nanny et ses enfants extraordinaires

Avant d'être adapté au cinéma, Miss Peregrine et les Enfants particuliers est un roman écrit par Ransom Rigg. C'est le premier volet d'une trilogie dont la suite sera peut-être mis en scène à son tour dans les mois à venir. Ce sont donc Hollow City et La Bibliothèque des âmes qui viennent compléter ce cycle. Les deux premiers tomes se sont même vus, en 2015, primés par le Grand Prix de l'Imaginaire. Cet auteur de fantasy a continué de profiter de son succès en écrivant deux autres romans s'inscrivant dans le même univers avec Le Journal de Miss Peregrine et les enfants particuliers et Contes des particuliers

Un univers qui a de doute évidence enthousiasmé le réalisateur Tim Burton qui en a fait un film aussi spectaculaire que bluffant. 

Miss Peregrine et les Enfants particuliers, c'est le destin d'un jeune garçon prénommé Jake qui a été bercé tout au long de son enfance par les histoires de son grand-père qui venait le garder. En effet, Abe Portman affirmait avoir été envoyé dans un pensionnat situé sur une petite île du Pays de Galle afin de le protéger des nazis. Mais cette institution avait la particularité d'abriter des enfants ayant des dons spéciaux qui vivaient cachés pour échapper aux Estres et aux Sépulcreux. 
A la mort violente de son grand-père, Jake accompagné de son père décide de rejoindre l'île afin de déterminer si son aïeul disait vrai. 
Arrivé sur les lieux, le jeune homme tombe sur les ruines du pensionnat donnant ainsi du poids aux dires d'Abe. Impression confirmée lorsqu'il rencontre certains pensionnaires particuliers comme Emma Bloom. En acceptant de suivre le petit groupe, Jake se retrouve en 1943 juste avant la bombardement de la demeure afin de rencontrer Miss Peregrine et les autres pensionnaires. C'est un voyage insensé et extraordinaire pour l'adolescent. Il se retrouve dans une boucle temporelle crée par Miss Peregrine elle-même qui s'avère être une Ombrune (c'est à dire une femme qui a le pouvoir de se transformer en oiseau) chargée de protéger les enfants des Particuliers corrompus dirigés par le malfaisant Barron. 
D'une nature peureuse, Jake accepte peu à peu la réalité de ce qu'il vit et n'hésite pas, face au danger, à mettre tout en œuvre pour protéger les enfants de Barron et des Sépulcreux envoyés par ce dernier, que lui-seul peut voir. 

Avec un scénario autant teinté de féerie, il en fallait pas plus au farfelu Tim Burton pour être inspiré et réaliser un film à sa mesure. 

Passée la première demi-heure, nous voici bien immergés dans le film. Il faut dire que l'histoire est belle et ne manque pas d’héroïsme. Comme à l'accoutumée, Tim Burton joue à merveille avec le fantastique et l'angoissant. Il fait ressortir les peurs enfantines. Il mise beaucoup sur les contrastes entre l'isolement de l'île où le ciel est gris et terne sur laquelle tout paraît à l'abandon et le pensionnat lui-même qui est si verdoyant, si pleine de vie. Il apparaît comme un ultime refuge, comme un paradis perdu. C'est un lieu magnifique qui semble tout droit sorti d'un conte. Il n'a pas ménagé sa peine pour réaliser des scènes spectaculaires à l'image du duel entre les squelettes anis et les Sépulcreux en pleine fête foraine. 


Même si les jeunes acteurs sont encore méconnus du public, ils sont encadrés par deux belles figures du cinéma américain: Samuel L. Jackson qui est absolument divin dans son rôle du maléfique et aliéné Barron et Eva Green, majestueuse en Ombrune et nurse pour enfants aux dons si particuliers

Le premier rôle revient à Asa Butterfield, un jeune acteur anglais qui cumule déjà quelques rôles au cinéma dans un registre fantastique comme Merlin, Hugo Cabret et Nanny McPhee et le Big Bang. Malgré son jeune âge, il nous embarque facilement dans son histoire et sait crée l'émotion chez son public alternant les scènes poignantes avec son grand-père et d'action avec Samuel L. Jackson. 

Sans évoquer chacun des personnages, je souhaite tout de même faire un petit focus sur Finlay MacMillan qui interprète avec brio un garçon inquiétant. Fermé et froid, il insuffle aussi bien la vie aux objets inanimés que le frisson aux spectateurs qui le regardent. 
Tim Burton enchante encore une fois sans mal son public. On reste bluffés par ce film ô combien féerique. Une belle production, un réalisateur prestigieux, de belles retombées médiatiques qui sont autant d'éléments qui ne peuvent que rejaillir positivement sur le genre. Toutefois les âmes fragiles devront s'abstenir car quelques scènes un peu sanguinolentes risquent de heurter leur sensibilité.
Fantasy à la carte

05/02/2017

Terry Goodkind, Le Cœur de la Guerre, L’Épée de Vérité, tome 15

Avec Le Cœur de la Guerre, Terry Goodkind arrive au terme des aventures de son héros, Richard Rahl.

L’Épée de Vérité de Terry Goodkind nous dévoile un grand cycle de high fantasy. Quinze tomes d'une sacrée aventure au cours desquels Richard a dû affronter pas moins de trois grandes menaces, trois grands oppresseurs: Darken Rahl, l'empereur Jagang et Sulachan.

Il est vrai que la vie a toujours été menacée par des êtres d'une terrible cruauté mais faire revenir à la vie Sulachan est sans doute la pire menace que le monde n'est jamais connu. A la différence de tous ces tyrans qui ne désiraient qu'une chose, dominer le monde, Sulachan lui veut détruire le voile afin qu'il n'y ait plus de séparation entre les vivants et les morts. Cela signifierait la fin de toute vie et donc plus de retour possible. Une réalité inacceptable pour Richard et les siens qui vont encore devoir tout faire pour empêcher ça. 

Seulement l'affaire s'annonce mal car il est toujours souillé par la marque de Jit, un mal qui le ronge le privant totalement de ses pouvoirs.

L'heure est venue de régler ses comptes. La confrontation est inévitable maintenant que Sulachan, Hannis Arc et les hordes de Shun-tuk sont aux portes du Palais du Peuple.

Toutefois une question demeure: Richard trouvera-t-il la solution pour sauver à nouveau le monde et détruire le Mal? et en aura-t-il le temps? C'est une leçon du sorcier à laquelle il a été si souvent confronté et dont le prix à payer est toujours sanglant et amère. 

Le Cœur de la Guerre achève un captivant et époustouflant cycle de fantasy. Chaque tome est une grande épopée qui nous fait perdre pied avec la réalité. C'est avec un pincement au cœur que je referme ce dernier roman car L’Épée de Vérité est une saga qui m'a accompagnée pendant de nombreuses années. Terry Goodkind nous donne réellement l'impression d'appartenir au clan de Richard Rahl. Donc clairement la fin de ce cycle me laisse un vide qui aura probablement besoin d'être comblé par un nouveau récit. Peut-être avec Les Chroniques de Nicci, qui sait? Ainsi l'auteur ne nous ferme donc pas totalement la porte de son univers. 

Fantasy à la carte