L'influence du "gaming" à la littérature

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21/05/2017

Marion Zimmer Bradley, Les Brumes d'Avalon, Les Dames du Lac, tome 2

Pour rappel le premier tome des Dames du Lac relate les événements autour de la naissance du roi Arthur jusqu'à son couronnement en tant que Haut Roi. Marion Zimmer Bradley revient ainsi sur les hauts faits d'armes d'Arthur et de ses compagnons à travers les femmes qui ont jalonné leur vie. Un roman charnière qui permet de comprendre comment la légende a été forgée en mettant en exergue le rôle d'Avalon. 

Le second tome, Les Brumes d'Avalon, diffère un peu dans le sens qu'il y a moins d'aventures épiques. En effet, Arthur a unifié les peuples et pacifié son royaume en mettant momentanément fin aux invasions saxonnes. Camelot est entrée dans une sorte de torpeur et les chevaliers s'ennuient fortement. C'est le temps de l'amour courtois auprès des femmes, mais aussi le rapprochement entre Guenièvre et Lancelot. Un amour interdit qui risque fort de compromettre le haut roi à terme et de menacer la paix. C'est là que Morgane va jouer un premier rôle primordial en s'assurant que Lancelot s'unisse à la cousine de Guenièvre, la belle Elaine. Ce qui lui vaudra l'inimitié de la reine qui le lui fera payer en l'éloignant plus tard de la cour par le biais d'une union forcée avec le souverain des Galles du Nord. 

Un récit qui retrouve un second souffle avec l'introduction de nouvelles quêtes que mèneront les chevaliers de la Table Ronde aux quatre coins du royaume pour tenter de rapporter le Saint Graal à Arthur. Néanmoins cette quête sera vouée à l'échec, elle permettra simplement de sortir Camelot de sa léthargie tout en mettant Arthur en danger. En effet, n'ayant pas eu d'héritier légitime, sa succession engendre l'avidité et la cupidité dans le cœur de quelques-uns de ses proches. La première à y voir là, l'occasion de s'attirer le pouvoir est la tante d'Arthur, Morgause qui souhaite mettre l'un de ses fils sur le trône. Isolé, vieillissant il se laisse facilement convaincre de désigner officiellement son fils naturel Mordred qu'il a eu avec sa sœur Morgane comme héritier. Or Mordred, élevé dans la rancœur d'avoir été abandonné par ses parents, n'est pas le successeur bon et droit que le royaume peut espérer. Un choix qui risque donc de promettre le pire pour l'avenir. 


Un cycle qui nous baigne à nouveau dans des légendes que l'on connait bien surtout si on aime le mythe arthurien. Personnellement il m'a toujours fascinée notamment pour ce qu'il a apporté à la fantasy moderne qui s'en est allègrement nourri. C'est un bel héritage qui même lorsqu'il est réapproprié promet toujours de nouvelles découvertes, comme c'est le cas avec la saga de Marion Zimmer Bradley. 

En faisant une grande place à Morgane, Les Brumes d'Avalon obtient ma préférence dans ce cycle arthurien car elle y symbolise la femme accomplie. Puissante de par sa magie et par ses connaissances, elle est maîtresse de son destin et accomplit de grandes choses. Symbole de liberté, elle est inspiratrice pour beaucoup de femmes en les poussant notamment à s'affranchir de leurs chaînes afin de vivre au mieux la vie qu'elle souhaite. 


Fantasy à la carte

14/05/2017

Marion Zimmer Bradley, Les Dames du Lac, tome 1

Comme beaucoup d'auteurs du genre, Marion Zimmer Bradley était fascinée par les légendes arthuriennes au point d'écrire son propre cycle. 

Pour Les Dames du Lac, l'auteure s'est véritablement appropriée le mythe afin d'en livrer un récit originel et personnel.

C'est une histoire qui se raconte à cinq voix féminines dans laquelle Merlin, Lancelot et Arthur ne sont que des figurants. Tour à tour les femmes qui ont marqué la Matière de Bretagne prennent la parole pour raconter leur destin et leur quotidien dans cette Grande-Bretagne mythique au côté des grands chevaliers de la Table Ronde et des êtres de magie communément appelés druides. 

Ainsi on commence par passer du temps aux côtés d'Ygerne qui s'est toujours confortée aux désirs des autres et notamment de sa sœur Viviane. C'est la raison pour laquelle elle s'unit en première noce au Duc de Cornouailles, puis en seconde noce à Uther Pendragon afin de donner naissance au plus grand roi de Grande Bretagne, Arthur. Le monarque qui unifiera les peuples comme annoncé par les visions prophétiques de la Dame d'Avalon. Fille de l'île sacrée, Ygerne est surtout un instrument du destin, nécessaire dans l'accomplissement d'une prophétie. 

A ses côtés, il y a sa sœur Viviane, une fée importante que l'on appelle notamment la Dame du Lac. C'est un personnage fondamental aux légendes car elle y occupe un rôle majeur. Déjà elle possède une puissante magie. Grâce à son don de double vue, elle arrange le destin et oeuvre dans l'ombre avec l'aide de Merlin pour influencer les événements à sa guise. 

Morgause, la dernière des sœurs est davantage une intrigante qu'une bonne fée. Elle agit selon son propre plaisir et n'hésite pas à manipuler son monde pour obtenir ce qu'elle veut. En épousant le roi Lot d'Orcanie, elle assouvit sa soif de pouvoir et mettra tout en oeuvre pour faire en sorte que ses enfants soient les seuls héritiers du Haut Roi.  

Morgane, la fille d'Ygerne est une figure emblématique du cycle arthurien. Puissante fée, sans doute tout autant que l'était Viviane, Morgane est une enchanteresse. Comme les autres filles d'Avalon, elle a le don de voir l'avenir mais possède également la connaissance des charmes et des simples pour soigner et envoûter son entourage. Ce qui fait d'elle une sorcière. Attirée par Lancelot et éprise d'Arthur, elle vivra longtemps à la cour du Haut-Roi sans connaître un véritable amour partagé et la condamnera plus ou moins à une vie de solitude.

Guenièvre, quant à elle, est la seule femme du mythe à ne pas être une fille d'Avalon. Dévote à l'extrême, elle exècre tout ce qui touche à l'île sacrée et influencera même Arthur dans son reniement du petit peuple au profit du christianisme. Personnage ambivalent car éprise de deux hommes: Arthur d'un côté et Lancelot de l'autre, Guenièvre jouera un rôle important dans les décisions de son mari au moment de la grande bataille contre les Saxons. 
En réécrivant le cycle arthurien à sa manière, Marion Zimmer Bradley fait des femmes de véritables héroïnes. Grâce à elle, la femme prend le pouvoir dans un récit de fantasy. L’héroïsme et la bravoure ne sont plus seulement réservés aux hommes, Marion Zimmer Bradley leur en offre enfin la possibilité. 

Une belle fresque qui rend hommage à cet univers féerique nourri à la magie de la terre, à la déesse mère et aux pouvoirs de la nature. Un cycle qui donne l'opportunité de fouler à nouveau ces terres ancestrales et envoûtantes. 

Fantasy à la carte

12/05/2017

Les Monstres débarquent au Paris Event Center pour un salon très Fantastique

On le sait, il y a Les Imaginales à l'Est, Les Rencontres de Brocéliande à l'Ouest, Les Hallienales au Nord, Les Intergalactiques au Sud-Est, Les Aventuriales dans le Centre. Il était donc normal que le cœur de la France se pare aussi aux couleurs de l'Imaginaire. Bien entendu, chaque festival a sa particularité, le salon Fantastique n'échappe pas à la sienne. Ainsi, tous les genres de l'Imaginaire y sont mis en avant. Aussi bien le fantastique, la SF, le Steampunk que la fantasy, ce qui est un atout majeur pour ce salon qui permet de contenter le plus grand monde. C'est dans une ambiance chaleureuse et festive que le public est accueilli. Une donnée non négligeable car on s'y sent vite à l'aise. 

Pour sa cinquième édition, le salon a posé ses valises Porte de la Villette dans un vaste espace où il était agréable de circuler. Une nouvelle édition qui mettait les monstres à l'honneur. Néanmoins, petit bémol pour les stands placés près des portes grandes ouvertes, il y faisait un froid de gueux. Ce qui n'était vraiment pas cool pour les exposants. Petite pensée pour eux. Ensuite, n'ayant pu visiter le salon que le lundi, je n'ai pas trouvé à disposition le plan des lieux comme à l'accoutumée. Dommage aussi car ce ne fut pas facile de retrouver les auteurs ou les artisans voulus. Néanmoins, la déambulation entre les étals et les rencontres fortuites ont été bien agréables. 

Ce Salon Fantastique mêle les artisans aux auteurs, aux éditeurs et aux illustrateurs. Tout le monde se côtoie et ça favorise bien les échanges. On ne se borne donc pas à un secteur. Et on prend plus facilement le temps de tout regarder. Parmi les artisans, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé les étals de Mel-cuir et d'Atelier Terra Nostra, et que j'en ai découvert d'autres comme D'Cuir pour ne citer qu'eux. C'est déjà un bonheur pour les yeux d'admirer le talent à travers ces créations et ces belles réalisations. 

Côté littérature, c'est un festival qui fait une belle place à tous les auteurs, qu'ils soient connus ou non. C'est donc un lieu idéal pour partir à la découverte de récits inédits et d'enrichir sa bibliothèque. 

Petit monde oblige, à force de fréquenter ces festivals, on retrouve des têtes connus et des auteurs bien appréciés comme Valentin Frété, Margot Aguerre ou James Tollum, mais aussi des auteurs avec qui je n'avais pas encore eu l'occasion d’échanger. C'est chose faite avec Laëticia Reynders dont je salue la gentillesse et la sympathie. 

Ce fut trois jours intenses d'un festival au programme riche et varié. En effet, en plus des traditionnelles conférences et incontournables concours de costumes, il y avait également des projections en avant-première de webséries, un concert des Geek Singers, et de Pixelphonia (un concert philharmonique de 40 instruments reprenant en musique classique des thèmes de jeux vidéo). Les animations n'ont pas manqué, et le jeu était largement mis en valeur que ce soit sous la forme de jeux de plateaux que de jeux de rôle Grandeur Nature. 
Le Salon Fantastique demeure pour moi un salon convivial où on y fait le plein de belles rencontres. Il grossit d'ailleurs d'année en année, aussi bien du côté de sa fréquentation que de son nombre d'exposants (environ 200 pour cette édition 2017). Il se classe donc parmi les festivals incontournables du genre et a encore de beaux jours devant lui comme le prouve la prochaine édition programmée dès la fin d'année du 3 au 5 novembre 2017.
Fantasy à la carte

07/05/2017

Patrick Bert, Au son des jeux trollympiques, Olgir le barde, tome 3

Patrick Bert enchaîne son cycle de fantasy avec un troisième tome. Son héros Olgir n'est donc pas au bout de ses surprises, ni de ses peines d'ailleurs.

Pour rappel Mélodie naine en sous-sol mineur avait fait quelques révélations sur les origines d'Olgir. C'est l'elfe Saëlin qui lui avait fait part de sa parenté elfique. Il est vrai que le jeune barde s'est toujours senti différents des autres humains. Des caractéristiques qui l'ont d'ailleurs bien servi pour ses activités de voleur. Car voir dans le noir est un talent non négligeable, n'est ce pas ? Bien entendu maintenant que sa curiosité est éveillée, Olgir veut en savoir plus. Il souhaite découvrir qui sont ses parents ? Et décide donc de partir en quête de ses origines. Un périple, il l'espère, qui lèvera le voile sur les zones d'ombre qui entourent sa naissance. 

Ce troisième tome aurait pu se contenter de nous conter les aventures et les découvertes d'Olgir mais Patrick Bert ne va pas s'en tenir qu'à cela, vous imaginez bien. Il laisse encore son humour prendre le dessus et promet quelques péripéties à son héros qui vont le dévier de sa trajectoire. 

Il faut dire qu'il y a de l'animation du côté des Orques. Ces derniers se sont mis en tête de relancer une vieille tradition sportive: les jeux trollympiques. Non, ne souriez pas, ils sont, on ne peut plus, sérieux. Mise en place par les Dragons, cette compétition sportive est l'occasion pour les races de se mesurer à travers quelques épreuves physiques. Une manière de canaliser leur violence et d'endiguer tout début de conflit entre les peuples. Au vu des modalités de certaines activités, comme celle de s'affronter dans une course en chevauchant un thon, la manifestation promet quelques fous rire mal contenus. Patrick Bert s'est lâché dans la description de ces épreuves et certains passages sont pour le moins cocasses et impayables. 

Bref, c'est dans ce contexte léger qu'Olgir débarque. Cela va être un moment pour lui de nourrir son répertoire de barde. C'est un événement historique car il y a des lustres que de tels jeux n'avaient eu lieu. Ce qui soulève la méfiance des Dragons qui ont les Orques sous surveillance. Il faut dire que d'habitude, ils en sont les initiateurs. Donc pour eux, ce désir des Orques est très louche. Impression qui n'aura de cesse de croître avec la disparition du dragon Balicor. Que cache-t-elle? Les Orques en sont-ils responsables? Si oui, pourquoi?

Olgir et ses amis sont sur la piste. Alors quelque soit l'ennemi il n'a qu'à bien se tenir, il risque de ne pas s'en sortir aussi facilement que prévu. 

Un nouvel opus qui vient nourri un cycle de fantasy déjà bien entamé. Les héros de Patrick Bert nous sont familiers. On les apprécie sans mal. De plus, Il multiplie les scènes drôles rendant son récit irrésistible.

Voilà un auteur français qui capte d'emblée l'attention de son lecteur et réussit le pari audacieux de le faire rire. 


Fantasy à la carte